dimanche , 23 février 2020
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Sonko/Mamour Diallo, Cheikh. O. Hanne/Pape Alé: Les deux derniers procès de la ‘’reddition des comptes’’

La reddition des comptes a été l’un des slogans électoraux qui ont fait rêver en 2012, et même après.

Après la réactivation de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) et le dossier Khalifa Sall, la tension est redescendue d’un cran avec des changements à la tête du Ministère de la Justice.

Amina Touré passe à la Primature en septembre 2013, avant d’entrer dans une forme d’hibernation politique qui symbolisait, quasiment, la fin de la traque.

Aïda Ndiongue et Tahibou Ndiaye ont été inquiétés avant de passer à une phase d’oubli où personne ne parle plus de traque. On en est là aujourd’hui.

Sauf que, deux dossiers vont, à coup sûr, réactiver cette dynamique de la reddition des comptes.

Mamou Diallo, ancien Directeur des Domaines, a porté plainte contre l’homme politique et candidat malheureux à la Présidentielle de 2019, Ousmane Sonko, sur l’affaire des 94 milliards.

Et, quelques mois après, voilà que l’ancien Directeur du COUD devenu Ministre, Cheikh Omar Hann, a cru devoir ester en justice contre le journaliste Pape Alé Niang, l’analyste Mody Niang et Nafi Ngom Keïta, l’ancienne Présidente de l’Ofnac.

On le voit bien, il ne s’agit pas de dossiers activés par le Procureur, mais de caciques du régime qui, du fait qu’ils ont été vilipendés sur la place publique, ont pensé devoir laver leur honneur.

Il n’y a rien de mal à cela car nous sommes dans un Etat de droit. Mais, nous remarquons tous qu’il y a un changement de paradigme. La traque ne concerne plus des hommes de l’ancien régime et des personnalités politiques de l’opposition, mais un journaliste, un homme politique, un chroniqueur et un haut fonctionnaire.

Car, la plupart d’entre eux ont osé dénoncer ce qui leur parait être une prévarication de deniers publics. Donc, ils se sont érigés en lanceurs d’alerte et vont devoir répondre à la Justice.

Ici, ce sont les accusés qui portent plainte et non l’inverse. C’est donc un renversement de la situation.

Et on s’imagine que c’est parce qu’ils n’ont jamais été inquiétés du fait de leur gestion au niveau de la Justice qu’ils pensent qu’on doit les laisser tranquilles.

Pourtant, la démarche a quelque chose d’utile pour le Sénégal. Car, ces caciques du régime de Macky qui ont porté plainte devant les tribunaux, ont pris le risque d’exposer leur gestion qui devra être scrutée à la loupe.

Il va se passer ce qui ne s’est pas encore passé sous Macky : Ses proches seront devant les tribunaux et vont devoir répondre de leur gestion parce que les accusés vont tout faire pour exhiber des preuves. Et ce n’est pas du tout difficile si c’est une institution de contrôle publique qui a épinglé la personne.

En clair, Cheikh Omar Hann et Mamour Diallo ne pouvaient pas ignorer que ce ne seront pas seulement des procès contre ceux qu’ils considèrent comme leurs pourfendeurs, mais des procès qui seront aussi ouverts contre leur gestion.

C’est pourquoi, tous les Sénégalais attendent ces procès qui ne seront forcément ouvert dès lors qu’il y a plainte avec constitution de partie civile.

Ce seront sans doute les deux derniers procès de la reddition des comptes. Ils permettront d’y voir plus clair sur les rapports en question et sur la véracité ou non des accusations portées.

Ils permettront des débats qui, sans ces plaintes, n’auraient jamais eu lieu.

Inutile de dire alors que c’est un couteau à double tranchant.

Pour la première fois, le juge sera obligé de s’intéresser à la gestion de proches de Macky et devra trancher sur une question presque préjudicielle (si elle ne l’est pas déjà) sur la véracité ou non des informations contenues dans les rapports des corps de contrôle pour pouvoir statuer sur le bienfondé ou non de la diffamation. Les débats ne vont porter que sur cela.

C’est pour cette raison que ces plaintes intéressent les Sénégalais.  Car, ils seront, aussi, des procès contre la mal gouvernance supposée.

Assane Samb

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