Technologie: La panne géante de Facebook
Technologie: La panne géante de Facebook

Technologie: La panne géante de Facebook expliquée en 3 questions

Dans la soirée de lundi, le réseau social Facebook et ses services associés – Instagram, WhatsApp et Messenger – ont brutalement disparu de l’équivalent de la carte routière d’Internet.

Comment un mastodonte comme Facebook, dont les services sont utilisés par quasiment la moitié de la planète, a-t-il donc pu « disparaître d’Internet » aussi soudainement, lundi 4 octobre ?

Il s’agit bien d’une disparition : peu avant 18 heures, les chemins menant aux serveurs de Facebook ont été purement et simplement effacés de l’équivalent de la carte Michelin du Web. Plus aucun internaute dans le monde ne pouvait accéder à Facebook ni à tous les services utilisant ses infrastructures, en premier lieu Instagram, WhatsApp et Messenger, qui appartiennent tous au géant de la Silicon Valley.

Pour comprendre, il faut se pencher sur un protocole aussi méconnu que nécessaire au fonctionnement d’Internet : le Border Gateway Protocol, ou BGP. Il s’agit, toutes proportions gardées, de l’équivalent d’une grande carte routière collaborative ou d’un GPS de l’Internet : il permet de déterminer à tout moment le meilleur chemin pour aller d’un point A (votre smartphone ou votre ordinateur, par exemple) à un point B (ici, Facebook).

Cela s’explique par la nature même d’Internet, constitué de millions de serveurs et de réseaux (fournisseurs d’accès, comme Orange, grands réseaux sociaux, comme Facebook, fournisseurs de contenus, comme Netflix…) connectés les uns aux autres et formant un gigantesque labyrinthe. Pour orienter les internautes, tous ces acteurs se partagent une grande carte collaborative, qu’ils ont à charge de mettre à jour en permanence, pour permettre aux données de se frayer un chemin dans le grand écheveau.

Pourquoi entend-on aussi parler de « DNS » ?

Les premiers messages d’erreur laissaient entendre qu’il y avait un problème avec les systèmes de noms de domaine (« Domain Name Systems » ou DNS). Le rôle des DNS, c’est de traduire un nom de domaine fait de lettres (par exemple, « www.facebook.com ») en adresse IP (Internet Protocol), c’est-à-dire l’identifiant technique et unique d’un serveur sur le réseau (par exemple, « 216.239.32.107 ») afin de le rendre compréhensible par une machine. C’est ce qui vous permet de vous connecter à votre site préféré, au hasard www.rewmi.com sans avoir à mémoriser la pénible suite de chiffres correspondant à son adresse. Un peu comme un annuaire vous permet, avec le nom d’une personne, de retrouver son adresse postale afin de lui rendre visite.

Ce n’est qu’une fois muni de cette adresse IP que le smartphone ou l’ordinateur qui cherche à se connecter à un site est capable, avec le BGP, de trouver le serveur correspondant et d’en afficher les contenus (une messagerie, un réseau social, une vidéo…). Comme le résume Cloudflare, entreprise spécialisée dans l’infrastructure d’Internet, le DNS vous indique où vous rendre, et BGP vous précise comment.

Qu’est-ce qui a déclenché la panne en premier lieu ?

On ne sait pas encore. L’enchaînement des faits n’est pas encore totalement connu à ce stade, mais peu avant 18 heures, lundi, Facebook a procédé à une mise à jour BGP (la « carte collaborative », donc) en expliquant que certains chemins menant à ses DNS n’étaient plus valides. Il a été soudainement très difficile de joindre ces serveurs, ce qui a bloqué une grande partie des connexions. Facebook a aussi, plus largement, déclaré comme inutilisables l’ensemble des chemins informatiques menant à ses serveurs, se coupant de fait du reste de l’Internet.

Et plusieurs experts ont également remarqué des ralentissements plus globaux d’Internet – pas forcément visibles des internautes. La faute à des centaines de millions d’appareils demandant sans cesse la localisation des serveurs de Facebook, une localisation qui avait disparu des cartes.

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