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AFFAIRE « SWEET BEAUTE »: Le Sénégal bascule dans la violence

Les choses se sont vite gâtées hier dans l’après-midi. Dès l’annonce du verdict issu du procès de l’affaire Sweet beauté, des manifestants ont attaqués les édifices publics.  Tout a été calciné par les flammes. Des bus, des maisons et des stations-services. Le  Sénégal basculait dans la violence.

Le verdict de l’affaire opposant Adji Sarr à Ousmane a jeté de l’huile sur le feu. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase trop plein de conflits sociaux, culturels et économiques. La ville de Dakar est paralysée. Le Sénégal n’est plus jamais divisé avec ses deux dialogues. Deux approches pour traiter les problèmes majeurs du pays. Deux perspectives se dessinent à l’horizon.  Dans les conditions actuelles de tensions sociales et politiques et de divergences, il ne fait l’ombre d’un doute que le Sénégal est dans l’impasse politique.

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Le dialogue national a été boycotté par la coalition Yewwi Askan Wi et les acteurs de la société civile. C’est une première dans les annales des dialogues au Sénégal. « Comment sortir de cette situation conflictuelle porteuse de tous les dangers ? Telle est la question posée et à résoudre par les acteurs politiques et de la société. L’unité nationale, la  sérénité et la lucidité constituent des ressorts indispensables pour dépasser les clivages entre le pouvoir, l’opposition et les acteurs de la société civile. Evidemment, les guides religieux musulmans, catholiques et traditionnels devraient réagir avant qu’il ne soit trop tard », a indiqué Mamadou Sy Albert analyste politique. Pour lui, l’ouverture par le Président de la République, Macky Sall d’un dialogue national a été saluée par des pans entiers de l’opinion publique nationale.

Les acteurs politiques, de la société civile, des pouvoirs religieux musulmans, catholiques et des représentants du pouvoir traditionnel et coutumier ont participé à l’ouverture solennelle  de ce dialogue. Dans ce sillage de l’ère des dialogues, d’autres acteurs de la société civile, du champ politique et des représentants de secteurs socio-professionnels avaient initié un dialogue du peuple. « En effet, ce dernier a été interdit par le préfet. Les organisateurs n’ont pu lancer  l’ouverture de leur dialogue. Ils ont été  manu militari, dispersés  par les forces de sécurité et de défense. En dépit du souhait partagé  de dialoguer, le dialogue national et le dialogue du peuple interdit, cristallisent en réalité  des divergences profondes traversant la société sénégalaise », dit-il. 

Des bus calcinés, le Brt saccagé, la Sde incendié…

Du sang a coulé dans la banlieue. Les jeunes manifestants ont saccagé tout sur leur passage. Laissant derrière eux que désolation et tristesse. Des pneus brulés, des voitures calcinées. Des manifestants qui ont dénoncé le verdict issu du procès d’Ousmane Sonko. Tout s’est passé une éclaire. Des jeunes en furie qui, avec des bouteilles remplies d’essences. 

Au niveau de la Sde, les choses ont pris une autre tournure car le siège a été saccagé et brulé. Tout a été réduit en cendres par les flammes. Même constat au niveau du croisement Béthio où passe le Brt. Des pierres jonchent les rues, le chantier a été saccagé, tout a été réduit au néant. Des jeunes souvent galvanisée par des tiers. D’autres ont juste décidé de commettre leur forfait en n’épargnant pas les passants.  Au niveau de Golf sud,  le constat est le même. Les chantiers du Brt saccagés. Des jeunes manifestants qui ont décidé d’en découdre avec les forces de l’ordre. 

Le Cesti incendié, les bus de l’Ucad aussi   

Presque partout à Dakar, les affrontements rythment cette journée du 1re Juin. L’université Cheikh Anta Diop n’a pas trahi sa tradition, mais, en plus violente cette fois selon des informations. Ce n’est pas moins de 10 bus qui ont été incendiés dont ceux du Centre des œuvres universitaire de  Dakar (Coud) et des voitures de particuliers. Dans ces saccages, le Centre d’Etude des Sciences et Techniques de l’information n’y a pas échappé. Des bus comme des minibus, pickup tout est calciné ceci dans une fumée qui témoigne de l’horreur. Dans l’enceinte de la bâtisse la forêt, là où les étudiants venaient pour des révisions est complètement sous la fumée.

L’Amphithéâtre Rokhaya Eugénie Aw, récemment baptisé ainsi est méconnaissable. Les assaillants n’ayant laissé même pas les vitres et dans la salle de classe, c’est l’horreur. Des chaises et tables-bancs traînent sur le sol. Des tables bancs noircis par la fumée. 

Des gens qui en veulent aux journalistes? De simples manifestants qui montrent leur opposition à ce verdict? Des questions sans réponse pour le moment. En tout cas, les cours sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.

MOMAR CISSE

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