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El hadj Faye ‘’Samina’’ malade: ‘’L’Etat n’a rien fait pour moi…’’

El Hadj Faye a fait les beaux jours de la musique sénégalaise. Il fut l’un des chanteurs mythiques de la scène musicale sénégalaise, surtout durant les années 70 et 80. El Hadj, auteur du titre éponyme  » Samina » est au bord du gouffre.  Aujourd’hui, alité et gravement malade, l’auteur de « Samina », rongé par des ennuis financiers et de santé, risque l’expulsion de l’appartement qu’il occupe à Guédiawaye. Dans cet entretien avec Rewmi Quotidien, le doyen de la musique sénégalaise, qui a cheminé avec Youssou Ndour à l’Etoile de Dakar, a besoin d’aide. 

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POUVEZ-VOUS REVENIR SUR VOTRE MALADIE ?

J’ai eu une plaie au niveau du pied et par la suite elle a commencé à me faire mal. C’est surement dû à une infection, il y avait du liquide qui sortait de la plaie et tout d’un coup le pied a enflé. La douleur était atroce, j’avais même peur car elle me fatiguait. Je peinais à marcher à tel point que même pour sortir de la maison, je me faisais porter et c’était très difficile.

EST-CE-QUE VOUS AVEZ EU A RECEVOIR DE L’AIDE DES BONNES VOLONTES ? 

Oui, il y a eu des gens qui m’ont appelé afin de me venir en aide même si il y a des gens qui n’ont pas tenu leurs promesses.  Pour ce qui est de Youssou Ndour, il m’a beaucoup aidé. Pour la maison d’ailleurs, c’est lui qui a payé les arriérés que je devais à l’agence. C’était à hauteur de 1 million 250.000 FCFA et il a tout payé et je lui en suis très reconnaissant ;  il a toujours était là pour moi, j’apprécie vraiment son geste. Il a beaucoup fait pour moi. A chaque fois que je suis dans des difficultés et il qu’il est au courant, il fait tout pour régler le problème. D’ailleurs, c’est même lui qui m’achète mon mouton pour la tabaski. Viviane a aussi fait un geste. Je la remercie vivement et beaucoup d’autres bonnes volontés.

POURQUOI CERTAINS ARTISTES EPROUVENT SOUVENT DES DIFFICULTES FINANCIERES ?

Ce que je peux dire, c’est que la musique de nos jours est devenue « saturée » et que nous les anciens, nous devons laisser la place à la nouvelle génération. Pour ce qui est de mon cas, je pense que c’était à l’Etat de me venir en aide mais ils n’ont rien fait pour moi. Cela fait un moment que je suis alité, les medias en parlent mais depuis personne n’a rien fait pour que ça change encore moins le ministre de la culture. Ils sont au courant de mon état mais n’empêchent, ils sont restés dans leurs coins, ils ne m’ont même pas téléphoné pour s’enquérir de ma situation et ce n’est pas plaisant. Quoi qu’on puisse dire, je fais partie d’eux car je suis un homme de culture, la SODAV elle, elle a fait un geste elle m’a remis de l’argent pour mes frais d’hospitalisation et pour les médicaments et c’est déjà pas mal.  Le ministre de la Culture n’a rien fait pour moi à croire qu’il s’en fout royalement.

QU’EN EST-IL DE LA SECURITE SOCIALE DES ARTISTES ?

Il y a une réalité au Sénégal et cette dernière est qu’ici à chaque fois qu’un artiste tombe malade ou est dans des difficultés, la première chose que les gens pensent à faire c’est lui organiser une collecte. Et je pense que l’on pouvait se passer de ce genre de choses si nous avions à notre portée une caisse tenue par l’Etat qui nous viendrait en aide à chaque fois que nous en aurions besoin. Et cela dans la plus grande discrétion. Ce n’est pas plaisant de voir son nom un peu partout et pire encore si c’est pour ce genre de choses et des fois cela ressemble même à de l’aumône. Sinon, il y a un groupe qui réunit tous les chanteurs d’ici et de la diaspora comme par exemple Kiné Lam, Abdou Rass, Ndella Khalass, entre autres. Ils se sont cotisés entre eux et m’ont remis une forte somme d’argent afin que je puisse me soigner.  C’est un très bon geste que j’apprécie du plus profond de mon cœur.

VOUS ETES L’AUTEUR DU TITRE « SAMINA », UNE CHANSON HIT. QU’EST-CE QUI VOUS A LE PLUS MARQUÉ PAR RAPPORT A CETTE CHANSON ?

C’est une chanson qui a beaucoup marquée et qui a été très appréciée du public. Les gens m’appelaient El Hadj Faye « SAMINA », juste pour pouvoir m’identifier. Il y a eu aussi beaucoup d’artistes qui ont eu à reprendre ce titre et c’était une fierté mais aussi un honneur pour moi.  Par contre, ce que je n’ai pas apprécié, c’est le fait qu’on reprenne ma chanson, pour ensuite prendre l’œuvre, la déclarer sous un autre nom juste pour pouvoir percevoir les droits au niveau du droit d’auteur. Ce n’est pas une chose correcte, surtout quand la personne le fait, y gagne et qu’après elle ne vienne même pas me voir pour me donner un « petit quelque chose ».

QUE S’EST-IL REELEMENT PASSÉ AVEC VIVIANE CHIDID SUITE A LA REPRISE DE VOTRE CHANSON ?

C’est un sujet que je ne veux plus aborder. Disons que c’était juste Satan qui était au milieu de nous mais sinon je n’ai aucun problème avec elle, c’est ma sœur. D’ailleurs, j’en profite pour lui demander pardon, je lui souhaite beaucoup de bonnes choses.

FAITES-VOUS PARTIE DES ARTISTES QUI ONT REÇU L’ARGENT DU FOND-COVID ?

Oui, j’ai bel et bien reçu ma part du fond-Covid mais disons que la somme été plutôt dérisoire. Il y a beaucoup de gens avec qui nous devions partager l’argent comme par exemple les associations, entre autres. Et ça m’a beaucoup surpris car pour la plupart, ils n’ont pas reçu leurs parts, il y en a aussi qui ont reçu deux fois. Sinon, je trouve que l’initiative est bonne, venir en aide aux artistes est une très bonne chose. Il y avait  beaucoup de monde ce jour-là, d’ailleurs c’était la veille de la tabaski et nous avons tous reçu 147.500 FCFA. En cette période, il a été dit que les musiciens sont au nombre de 11000, chose qui m’étonne vraiment. J’ai entendu dire qu’il y a eu un autre fond pour nous les artistes et je me dis que toute personne qui reçoit sa part se doit de rendre grâce à Dieu. Au moins avec cet argent, l’artiste aura de quoi prendre un taxi. Et pour le coup, je pense que le premier partage du fond Covid n’a pas été fait de manière équitable. Ils parlent de 11000 artistes et nous avons perçu une maudite somme. C’est le genre de somme qu’une personne peut venir te remettre chez toi quand il vient pour une visite de courtoisie.

EST-CE VRAI QUE VOUS AVEZ UN ENFANT QUI FAIT DE LA MUSIQUE ?

Oui, c’est vrai ! D’ailleurs, ils sont plusieurs à faire de la musique. Il y a l’une de mes filles qui a repris un de mes morceaux ; sa chanson passe souvent à la télé. Tout ce qu’il faut savoir, c‘est que le monde du show-biz est assez complexe. Il y a beaucoup de managers qui au lieu d’aider leurs artistes, ils les exploitent. Quand tu n’es pas assez futé, tu ne peux pas t’en sortir. Il arrive même qu’on te monte la tête contre ta famille et c’est malsain.

PARLEZ-NOUS UN PEU DE VOS DEBUTS, QUEL A ÉTÉ LE PREMIER GROUPE QUE VOUS AVEZ INTEGRÉ ?

J’ai commencé à faire de la musique en 1974, je chantais dans les ‘’Kassaks’’, les séances de lutte entre autres. Par la suite, j’ai adhéré à un orchestre qui se trouvait à Guédiawaye, j’étais en même temps marchand ambulant. Le matin, j’étais au marché et le soir, j’allais chanter dans une boite de nuit. Il y avait moi, Youssou Ndour, Matar Gueye entre autres et c’était entre les années 75-76. Par la suite, Youssou Ndour a quitté et moi je suis resté dans mon groupe à Guédiawaye. Plus-tard quand Youssou Ndour a créé son groupe, il a fait appel à moi pour que je vienne rejoindre son orchestre, pour que je le seconde. Et c’est de là que nous avons formé ‘’L’Etoile de Dakar’’, un orchestre très connu et très apprécié et nous jouions un peu partout. Nous avions de très bonnes relations lesquelles nous avons jusqu’à présent conservées. Le groupe avait certes été dissout mais les bon rapports étaient toujours là et pour moi, c’est le plus important. Et c’est par la suite que Youssou Ndour a créé son ‘’Super Etoile’’ et moi j’ai pris mon chemin. Dans la vie, rien n’est éternel.

PEUT-ON S’ATTENDRE A UN RETOUR D’EL-HADJ FAYE SUR LE DEVANT DE LA SCENE ?

Comme je disais tantôt la musique est devenue « saturée » et j’ai déjà prouvé ce que j’avais à prouver mais aussi j’ai pris de l’âge. Et donc, je pense que le mieux à faire c’est de laisser à la nouvelle génération la chance de pouvoir se faire connaitre. Que chacun cultive son champ ! Je ne peux plus me permettre d’aller chanter dans les boites de nuits. D’ailleurs, si j’y vais, j’y trouverai mes petits-fils. Sinon pourquoi ne pas faire du tradi-moderne ou de l’acoustique. Qui sait ?

EN TANT QU’ANCIEN, QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS A LA NOUVELLE GENERATION D’ARTISTES ?

Le conseil que je leur donnerai, c’est de bien s’appliquer, de croire en eux mais surtout de faire des recherches car c’est très important. Qu’ils s’inspirent des anciens, qu’ils prennent en comptent leurs conseils mais aussi qu’ils les consultent avant de reprendre leurs morceaux. Ils doivent aussi respecter les anciens. Ce qui est dommage c’est que la nouvelle génération ne fait plus de la musique, elle est plus dans le folklore. Sans frustrer personne, c’est comme si elle n’aime pas les bonnes choses. Ce que je veux dire par là, c’est qu’elle n’écoute plus les chansons qui peuvent lui être utile mais bien au contraire, elle adore la futilité. Elle me trouverait vieux-jeu si elle écoutait ma musique.

ANNA THIAW

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