Programme de relance économique: Pr Mary Teuw Niane décline son programme
Programme de relance économique: Pr Mary Teuw Niane décline son programme

GRAND ORAL: Mary Teuw Niane craint une volonté de l’Etat de dissoudre le Pastef

Candidat à la présidentielle de 2024, le Pr Mary Teuw Niane a exprimé ses craintes face à la vague d’arrestations des membres du Pastef. Il craint que l’Etat entame son opération visant à dissoudre le parti de Sonko. L’ancien ministre de l’enseignement supérieur a aussi saisi l’occasion pour indiquer qu’Idy cherche à protéger son fromage.

 Vous avez déclaré votre candidature à la présidentielle. Quelles en sont les motivations ?

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Nous nous sommes rendu compte de cela avec les échanges avec les populations. Le deuxième aspect c’est la perte de promotion de la connaissance qui est un facteur essentiel au développement du pays. La promotion et la compétence ne sont plus considérées dans ce pays. Enfin, la menace à la paix fait partie des appréhensions de la majorité des populations.

Existe-il un volet économique important ?

C’est le cœur du programme car l’objet c’est qu’en 2029, que chacun ressente un mieux-être chez lui. L’aquaculture, la pêche, l’élevage et l’industrie sont les socles du programme. Nous pensons à industrialiser le pays et appuyer l’agriculture. Nous avons la chance d’avoir le pétrole et le gaz. Il faudra une raffinerie comme celle de Mbao et de la Sar et une chaîne d’industrie pétrochimique pour produire des éléments essentiels pour l’agriculture. Il faudra produire de la tuyauterie pour avoir accès à l’eau. Il s’agit des PVC pour le système goutte à goutte. Le soubassement c’est que tous les acteurs obtiennent de l’eau douze mois sur douze avec des forages et des canaux importants.

La souveraineté alimentaire a toujours été un rêve pour les différents régimes. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

En filigrane, il y a le problème de l’eau. Il faut aussi former les jeunes dans les secteurs agricoles. Nous aurons à développer des centres professionnels dans les départements et communes pour que le secteur agricole reste attrayant. Il y a les semences, il faut de bonnes cultures et renforcer la grande structure de recherche dont la collaboration avec l’Isra et les universités du pays. Il faut de la biotechnologie qui est un élément incontournable. Le Maroc l’a réussi mais au Sénégal c’est difficile.

Il y a la question des libertés et la problématique de la corruption. Comment comptez-vous les aborder ?

Ce sont des questions essentielles, mais aussi très difficiles pour transformer ce pays. Il faut assurer une réelle séparation des pouvoirs. Il faut changer les dispositions et permettre que le magistrat dans le grade le plus élevé puisse présider le Conseil supérieur de la magistrature et non pas le président de la République. Pour que les magistrats puissent avoir toute leur autonomie requise mais aussi que l’opinion n’ait plus d’appréhension sur l’autonomie des magistrats. L’autre aspect est lié à la corruption avec l’Ige. La donne sera changée. Quand on veut la transparence, il faut aider le pays à aller dans cette direction. Les salaires seront rendus publics. Pour les fonctions de rangs ministériels ou équivalents, nous allons faire comme les Usa. On veut amener des changements structurels pour ce pays.

Il y a des étapes à franchir, dont le parrainage. Êtes-vous préparés ?

Nous mettrons tous les moyens juridiques de notre côté pour que si demain, par malheur nous sommes recalés, l’opinion sache que c’est une décision délibérée. Nous avons déjà lancé notre candidature. Aujourd’hui nous sommes partout présents au Sénégal et sur plus de 80% des communes, de même que dans la Diaspora et nous sommes optimistes.

Il  y   a   autant  de  partis  et  de  mouvements. Vous réfléchissez pour asseoir une coalition ?

Nous sommes membre de la coalition pour une alternative pacifique et dans le regroupement « jamm’ a Geun 3e mandat». Il y a des partis qui ont décidé de soutenir notre candidature. Après les parrainages, il y aura des coalitions et on sera dans cette phase de conjugaison des efforts.

Comment analysez-vous la posture d’Idrissa Seck ?

C’est un homme politique sénégalais qui défend son fromage. Il défend son retour en sainteté face à l’opinion publique nationale.

Que pensez-vous de l’éthique en politique ?

Nous avons misé sur les valeurs. Il faut revenir aux fondamentaux de notre culture. La nôtre est bâtie sur des valeurs dont le ‘’fulla’’ et le ‘’Fayda’’, le ‘’Ngor’’, etc. Le respect de la parole donnée… Dans le contexte actuel, c’est la parole de la plus haute autorité de l’Etat, le président de la République, qui est en jeu. S’il dit qu’il sera candidat, il aura désavoué sa parole. Si, par contre, il nous dit qu’il n’est pas candidat, il aura conforté ce que l’éthique sénégalaise veut. Mais il nous fera perdre du temps en créant une instabilité à cause de cette indécision qu’il a laissé planer depuis 2019. L’éthique est essentielle en politique.

Parlons de la révision des listes électorales. Il y a rush dans les commissions, mais le délai semble court. Qu’en pensez-vous ?

Oui un mois c’est court. Mais je pense que les gens ont donné le signal puisque dans les centres, les populations sont présentes massivement et ce n’est pas une tradition sénégalaise. Et j’encourage les autres à y aller. Des dysfonctionnements existent. C’est le cas aux Almadies 2 vers Sangalkam où un centre, mis en place, au bout de deux jours, a été retiré. Les autorités du Ministère de l’intérieur font tout pour que les gens ne s’inscrivent pas mais c’est peine perdue. L’échec du régime était déjà flagrant lors des élections du 31 juillet 2022. Seuls 47% du corps électoral a voté et Bby, pour la première fois, a eu moins de voix que toute opposition réunie.

Les affaires judiciaires foisonnent, dont le dossier Sonko/Mame Mbaye Niang. Craignez-vous des tensions ?

Nous sommes pour la paix. Nous ne voulons pas prendre le pouvoir et avoir à reconstruire des choses détruites. On veut marcher sur les pas et les épaules de ceux qui nous ont précédés pour apporter un plus. Le Président est peut-être le premier acteur de la paix. Il a raté l’occasion en avril 2019, lors des événements de mars 2021 et le 3 avril. Il devait dire «c’est mon dernier mandat ». Tant qu’il ne le dira pas, il y aura de la tension. Le deuxième aspect c’est l’acharnement par rapport au parti Pastef. Je pense que la démocratie sera largement amoindrie, si Sonko devenait inéligible. J’ai le sentiment qu’on cherche à le rendre inéligible et à dissoudre le Pastef. On met en avant des complots dont les Forces spéciales, les Commandos. Cela me rappelle les années 66 quand Senghor faisait la traque aux membres du PAI clandestin. Ce n’est pas bon pour l’image, pour la démocratie, pour la stabilité du pays.

MOMAR CISSE

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