Dans un entretien accordé à L’Observateur, Mamadou Diop Decroix dresse un constat sévère de l’état actuel du paysage parlementaire sénégalais. L’ancien député estime que l’Assemblée nationale traverse une crise inédite, marquée par une dégradation de son image. Selon le leader d’AJ/PADS, l’institution est en « nette régression » par rapport aux législatures précédentes.
L’allié et ministre sous Me Abdoulaye Wade dénonce notamment le conflit latent entre l’Exécutif et le Parlement. Il évoque un « harcèlement institutionnel » visant le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et estime que les tensions apparues au sein du gouvernement se sont progressivement déplacées vers l’Assemblée nationale, notamment depuis l’installation de l’ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, au perchoir.
L’ancien député revient également sur les différentes initiatives de la majorité parlementaire visant à modifier les bases constitutionnelles. Des propositions qui, rappelle-t-il, ont été rejetées par le Conseil constitutionnel et qui contribuent, selon lui, à donner du Sénégal une image d’instabilité sur la scène internationale.
Évoquant enfin les incidents survenus dans l’hémicycle, l’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias souligne que les forces de sécurité sont intervenues à deux reprises, en l’espace de quatre ans, pour évacuer des députés « manu militari ». À ses yeux, une telle situation constitue un fait sans précédent depuis la crise politique de 1962 entre Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor.
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