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Infrastructures: Aéroport Léopold Sédar Senghor: La nécessaire reprise du trafic aérien

Toutes les capitales du monde ont leur aéroport. En fermant l’Aéroport international Léopold Sédar Senghor, le Sénégal a enterré un pan important de son histoire.

De 1971 à 2017, l’aéroport international Léopold Sédar Senghor a laissé aux sénégalais et au monde entier, de très bons souvenirs dans l’histoire de l’aviation. Le 25 mai 1971 par exemple, Dakar a été la première capitale étrangère à recevoir Concorde. Un évènement historique, une matinée mémorable pendant laquelle l’aéroport a même été fermé au trafic.

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Le prototype supersonique venait de Toulouse, d’où il était parti à 10 heures 32 minutes avec trois invités à son bord, s’est posé à Dakar-Yoff, à 12 heures 16 mn après avoir survolé à deux reprises la capitale sénégalaise. Un évènement commenté dans le monde entier et qui a fait de l’AILSS, un aéroport déjà très connu en Afrique et dans le monde, le centre de toutes les attractions.

Créé en 1947 déjà, l’aéroport a été transformé par le décret 2017-2022 en aéroport militaire et la gestion a été confiée à l’Armée sénégalaise depuis le 08 décembre 2017. Il accueille une base du trafic d’aviation d’affaires de Dakar et la Compagnie Arc en Ciel Airlines y reste basée. Mais, grâce à la position géographique de Dakar, à la stabilité du pays qui a été le seul en Afrique de l’ouest à n’avoir jamais connu de coup d’Etat et à son dynamisme diplomatique, l’AILSS a accueilli pratiquement tous les avions-cargos importants du monde.

Il en est ainsi des avions spécialement fabriqués en Ukraine, les avions de transport An-124 Ruslan, une aventure de l’usine Antonov Aviation qui a décidé de fermer boutique en juillet 2017 du fait qu’une bonne partie de la technologie a été perdue à cause, justement, de l’éclatement de l’ancienne puissance soviétique. Malgré les tentatives de reprise, l’usine a finalement décidé de fusionner avec Boeing en juillet 2018.

Dakar, qui, du point de vue du trafic, était le premier aéroport de l’UEMOA pour le trafic de passagers et se plaçait au huitième rang en Afrique, devancé par l’Afrique du Sud et les aéroports du Maghreb. Sa croissance régulière moyenne est de 7% par an. Trente-cinq mille mouvements d’avions sont enregistrés au cours de l’année 2005, avec un trafic passagers de 1,7 million de personnes en 2012.

Toutes ces raisons, les unes historiques et culturelles, les autres techniques et commerciales, sans oublier celles géopolitiques font que Dakar, la capitale sénégalaise, doit garder son aéroport en reprenant son trafic. Toutes les capitales du monde ont leurs aéroports. Ainsi, celle du Sénégal mérite son aéroport comme toutes les autres capitales du monde entier. L’existence de Blaise Diagne ne doit nullement empêcher Léopold Sédar Senghor de reprendre son service.

D’ailleurs, sa mutation en 2017 a été une catastrophe commerciale, économique, pour les riverains, des investisseurs mais aussi, comme on l’a démontré, l’enterrement d’un point important de l’histoire du Sénégal qui disparaît avec l’AILSS. Il est en effet bien dommage qu’aussi bien le parrain que l’aéroport soient de plus en plus oubliés par les sénégalais qui ratent, ainsi, l’occasion de revisiter un pan important de leur passé, une source d’inspiration pour l’avenir.

Georges E. Ndiaye (REWMI QUOTIDIEN)

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