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MAIRIE DE DALIFORT : Le dernier ‘’coup d’Etat’’ municipal ?

La succession d’Idrissa Diallo à la tête de la Mairie de Dalifort a été faite sans anicroche. Car, le vote s’est déroulé sous la supervision des autorités administratives et après deux tours, le candidat de Benno Bokk Yakaar, Mouhamed Mbengue a battu le candidat de la coalition « Taxawu Ndakaru » de Khalifa Sall.

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Il devient ainsi le successeur de Idrissa après avoir été son adversaire parce que n’étant pas de son camp. Là-dessus, il n’y a rien à dire. Sauf à préciser que cette victoire n’aurait jamais eu lieu si certains conseillers de l’ancienne coalition gagnante n’avaient pas changé de camp ou ne s’étaient pas abstenu. Ce serait le cas du premier et du second adjoint au Maire qui se seraient abstenus.
Un scénario qui n’a rien de banal. Il traduit la défectuosité d’un système qui admet la possibilité, pour des conseillers, de pouvoir aller à l’encontre du vote majoritaire des populations d’une localité.

Car, si la coalition Taxawu Ndakaru avait gagné, c’est que les populations de Dalifort avaient massivement voté pour elle. Et que ce sont ses conseillers qui étaient majoritaires et qui avaient choisi leur Maire. Ce qui vient de se passer la semaine dernière n’a été alors qu’un renversement de la situation du fait d’une loi injuste et anachronique.

Et cette situation n’est pas nouvelle. Elle a été observée, naguère dans d’autres localités où le Maire, minoritaire, a tout de même été choisi par des conseillers du fait de tractations en interne.

Aujourd’hui, un des accords auquel les acteurs du dialogue politique ont abouti, c’est justement d’éliminer cette possibilité en votant directement pour le Maire au suffrage direct. Et il en sera certainement ainsi pour ses adjoints. Ce qui va éviter le scénario que l’on a connu à Dalifort.

En clair, si la réforme est engagée pour les prochaines locales, ce qui sera certainement le cas parce que c’est un consensus, le vote populaire des citoyens sera désormais respecté même après la disparition du Maire.

Car, ce qui vient de se passer à Dalifort est une seconde disparition pour l’ancien Maire Idrissa Diallo qui nous a quittés, subitement, ce 23 décembre. Et ce n’est pas forcément conformément au souhait de ses administrés qui avaient fait leur choix.

Les populations avaient opté pour un candidat, c’est-à-dire donc un programme qui était déroulé. Ce serait dommage qu’il y ait une réorientation des programmes, un changement de cap.

Car, la mairie vient d’être gagnée par une coalition qui n’avait au départ que sept conseillers. Une forme de ‘’coup d’Etat’’ rendu possible actuellement par la loi mais qui pourrait être une entorse réelle à la politique municipale d’une localité.

Le nouveau Maire a certes bien fait de se déplacer pour rencontrer la famille du défunt, les notables, etc., mais il y aurait toujours cette impression d’un coup de force pour accéder à ce poste.

En politique, on dira que c’est de bonne guerre. Que tous les moyens sont bons pour atteindre ses objectifs. Mais, l’esprit de la décentralisation, c’est que ce sont justement les populations elles-mêmes que prennent en charge certains domaines transférés à l’aide d’élus qu’ils ont choisis.

Vivement alors que les réformes attendues soient engagées pour éviter les dysfonctionnements de ce genre qui laissent place à la possibilité de manœuvres, de corruption et même de pression contre des conseillers.

Le satisfécit dans tout cela, c’est que le nouveau Maire a su trouver les mots justes, faire preuve de hauteur en reconnaissant le fait que ‘’remplacer Idrissa Diallo ne sera pas facile’’ et qu’il va ‘’faire de (son) mieux’’.

Nous osons espérer que la politique politicienne ne va pas prendre le dessus et qu’il va s’inscrire dans la continuité des actions posées en les améliorant.

L’homme qu’il a remplacé était d’un grand engagement et d’un grand patriotisme reconnus par les autorités au plus niveau même s’il a été durement éprouvé par la vie de par le passé.

Dalifort a besoin alors de faire le deuil. Et c’est au Maire Mouhamed Mbengue et aux autorités étatiques de le comprendre.

Assane Samb

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