Maouloud : L’héritage de Maodo, une solution aux défis actuels

La communauté musulmane toute entière prépare le Maouloud qui célèbre la naissance du dernier des Prophètes Mohamed (PSL).

Cette année, la Covid-19 fait que l’événement fait avoir moins de retentissements que les autres. Mais il sera dignement célèbre dans une ferveur religieuse unanime au Sénégal et partout ailleurs dans le monde. 

Dans notre pays, un guide religieux, El Hadji Malick Sy dit Maodo, ce sera distingué par l’importance toute particulière qu’il donna à cette célébration à Saint-Louis du Sénégal notamment alors que le pays était encore sous domination coloniale.

Il faut dire que le Maouloud a été pour ce guide soufi qui marqua beaucoup son époque, une stratégie de résistance contre les occupants sans devoir faire la guerre sainte ou verser du sang.

C’est ainsi que Maodo s’est fait le devoir de conquérir les cœurs et de ne pas laisser le terrain de l’occupation des consciences morales aux envahisseurs et à leur ordre. C’est ainsi qu’il reçut pas mal de 9 convocations du pouvoir colonial de 1893 à 1905.

C’est à cette date alors qu’il était établi déjà à Tivaouane en 1902, que le Saint homme a finalement été toléré par les colons.

Il développa ainsi plus aisément sa stratégie avec la mise en place de Zawiya notamment à Dakar et ailleurs comme à Tivaouane.

Il a ingénieusement œuvré à faire face aussi bien au pouvoir colonial qu’aux chefferies traditionnels avec des pratiques païennes encore très ancrées dans les sociétés de l’époque.           

Maodo qui disparut en 1922, fils d’Ousmane et de Fawade Wélé, a répandu la Tidjana au Sénégal notamment dans les centres urbains. 

Il développa également l’amour du travail. Ses Moukhadams qui lui servirent partout de relais, veilleront, conformément à ses recommandations, à allier enseignements coraniques, du savoir et du savoir-faire au travail pour gagner sa vie.

Cette praxis a été la trame d’une œuvre faite de beaucoup d’ouvrages écrits par le guide religieux.

 Il réussit à faire davantage connaître Dieu mais également son prophète Mohamed. Au point que si l’on parle de Maouloud, tout le monde pense à Tivaouane même si Médina Baye n’est pas en reste. 

C’est pourquoi, dans un monde de toutes les crises notamment les pandémies, les guerres, la pauvreté, il est important de revisiter l’héritage d’hommes comme Maodo et de s’inspirer de leur œuvre.

Il sut faire face aux différents pouvoirs hostiles qui lui barraient la route et a su réussir son objectif de reformatage des consciences et de formation d’une élite intellectuelle sans oublier l’encadrement des masses pour leur  inculquer des valeurs comme le travail.

Malheureusement, l’une des erreurs de nos élites actuelles et des populations, c’est d’avoir retourné le regard pour ne s’intéresser qu’aux apports extérieurs c’est à dire d’avoir adopté le contraire de la démarche de Maodo et d’autres érudits

Or, on ne peut pas se développer avec des idées et stratégies venues d’ailleurs.

Les autres ne peuvent nous dire ce qui bon pour nous et nous apporter les ressources dont nous avons besoin. C’est une lapalissade de le dire. Les élites formées à l’école moderne doivent se le tenir pour dire et s’inspirer de ses hauts cadres de l’école islamique notamment soufie. C’est une des clefs de sortie de crise. 

Assane Samb

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