Montée de la violence: Le monde à l’envers ! 

L’acte de violence perpétré par un jeune talibé sur son maître coranique âgé de plus de 8 ans de lui mérite que l’on s’y arrête. Car, manifestement, il s’agit d’une première et d’un pas de plus dans le baromètre permettant de mesurer la violence chez nous. Surtout celle de jeunesse. 

Il va de soi que jusqu’ici, c’étaient les maîtres coraniques qui usaient de violence contre les talibés. Celle-ci peut être mesurée et être dictée par des soucis d’ordre pédagogique, même si c’est discutable, mais celle-ci est souvent insidieuse et épouse les formes d’acharnement contre des enfants sans défense en les frappant, les blessant ou tout simplement en les exposant à des conditions de vie draconiennes qui consiste à aller quémander des sommes d’argent, de la nourriture ou tout autre bien, aux passants. 

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Aujourd’hui, le geste posé par le jeune Abo de 15 ans est sans précédent. Le jeune adolescent à planté un coup de couteau à son maître pendant qu’il dormait. Il a perdu la vie suite à ses blessures. Un acte qui est symptomatique d’une nouvelle forme de violence dans une société en mutation. Des  jeunes qui n’hésitent plus à chercher des solutions radicales face aux défis auxquels ils se trouvent confrontés. Et pour ce faire, ils sont mêmes prêts à user des violences contre eux-mêmes en prenant des pirogues de fortunes au risque de leurs vies. Du coup, le Sénégal a perdu des centaines de ses fils cette année. 

Pis, ces mêmes jeunes s’attaquent parfois à des symboles de l’Etat, à des personnes qui étaient jusqu’ici intouchables à savoir les guides religieux, leurs enseignants, leurs ascendants, etc. 

Personne n’est à l’abri. Car ces derniers sont de plus en plus réfractaires à l’autorité, souhaite bousculer les vieilles habitudes, rompre et changer les systèmes, etc.  Ils sont souvent impatients et pressés de réaliser leurs objectifs et restent peu sensibles aux critiques et aux tentatives de les raisonner. 

Est-ce l’influence de plus en plus pesante des réseaux sociaux ? C’est possible. Mais ce mouvement rappelle curieusement ce qui s’est passé en 1968 avec les manifestations de jeunes dans les universités à travers beaucoup de pays.  Nous pensons qu’internet a aidé à davantage conscientiser mais n’a pas proposé des modèles de sorties de crise comme dans les années 60 où on pouvait encore croire au socialisme, au marxisme pour s’ériger en contre-poids contre les effets du libéralisme sauvage. 

Aujourd’hui, les jeunes manquent de plus en plus de repères dignes de ce nom. Et il faut ajouter à cela l’impatience qui les anime et le manque de tolérance. Ils veulent un monde à l’envers. Pas celui qui va continuer à marcher de la même façon. Le plus préoccupant est que cette jeunesse constitue prêt de 70% de la population sénégalaise. C’est-à-dire l’écrasante majorité.  C’est pourquoi, on ne peut plus fermer les yeux sur leurs préoccupations. Il faudra nécessairement des solutions structurelles et généralisées. 

A défaut, il ne faudra pas s’étonner qu’il soit presqu’impossible de contenir leur colère. Car ceux qui affrontent de cette manière la mer pourraient être portés à faire de même contre n’importe quel obstacle sur leurs chemins. 

Assane Samb

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