Violence dans la campagne: L’Etat invité à assurer la sécurité des candidats
Violence dans la campagne: L’Etat invité à assurer la sécurité des candidats

Violence dans la campagne: L’Etat invité à assurer la sécurité des candidats

Au 10ième jour de la campagne des législatives, les choses connaissent une autre tournure. Dans le département de Guédiawaye comme dans la région de Thiès, l’on bande des muscles : voitures caillassées et blessés dénombrés. L’Etat est invité à réagir face à la violence.

L’appel de Macky Sall semble tomber dans l’oreille d’un sourd. Ce dernier avait lors de la fête de la Tabaski invité les acteurs politiques à éviter la violence dans la campagne. De vives tensions poussent d’aucuns à tirer la sonnette  d’alarme et se poser la lancinante question des gros bras qui assurent la sécurité des leaders.

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La campagne pour les législatives bat son plein. De part et d’autre, des nervis sont sollicités. Dès lors, c’est un marché juteux, notamment pour les « poids lourds » et autres mastodontes. Une pratique qui n’est pas souvent sans conséquence. A Pikine, dans le camp de Benno bokk yaakar, des jeunes ont été recrutés pour assurer la sécurité des militants qui organisent des caravanes. Et, bon nombre de ces jeunes qui exhibent des muscles sont des chômeurs. « Nous sommes jeunes mais sans emploi. C’est pourquoi nous avons profité de cette campagne pour créer un groupe afin d’en faire un gagne-pain et de bosser en tant qu’agent de sécurité pour les candidats », indique notre interlocuteur I. Diop qui habite Gounass.

Drapé d’une tenue kaki et d’un pantalon treillis, I. Diop s’apprêtait à rallier le QG pour un briefing. Autour de la ceinture, une torche électrique, une matraque. Interpellé sur la provenance de ces armes, il dit : « J’ai pu m’en procurer grâce à un ami qui vient d’Italie. »

Des jeunes sans expérience qui bandent les muscles pour dissuader les fauteurs de troubles ou pour casser de l’adversaire. D’après eux, même pour être payés, c’est tout un combat. Et ce n’est pas tout, quand il y a problème ou mort d’homme, les recruteurs n’assument pas leur responsabilité. « Quand les politiciens recrutent, ils dégagent toutes leurs responsabilités quand il y a blessé ou mort d’homme. C’est un boulot risqué mais…il faut vivre aussi »,  renseigne  la source. Dans ce contexte où il existe une vive tension dans le département de Guédiawaye entre Yewi et Bby, de même qu’à Thiès, des hommes en tenue  à la retraite ont élevé de la voix. Il faut recruter des agents habilités.

 Des experts haussent le ton, l’Etat interpellé

L’on se rappelle les chaudes empoignades entre partisans d’Issa Sall du Pur et de Benno bokk yaakar qui s’étaient soldées par mort d’homme. Le gouvernement avait mis à la disposition des candidats des éléments du GIGN. Va-t-on vers le même scénario ? Des experts pensent que oui. Il faudra que des éléments de la police et de la gendarmerie sécurisent les candidats.

El Hadj Mansour Mboup, commandant de police à la retraite, explique, à travers les ondes de la Rfm, que l’Etat a les moyens d’assurer la sécurité des têtes de listes aux législatives. «Il faut qu’ils aient un comportement républicain et qu’ils sachent qu’ils sont pour la république avec la formation nécessaire qui leur a été donnée. L’effectif nécessaire est disponible de même que les moyens. Il faut assurer la sécurité des candidats », dit-il.

Pour l’expert en sécurité rapprochée Abdou Latif Mbaye, il faut une connaissance du métier. « Pour être garde du corps il faut se faire former. Nous avons notre propre langage et code », révèle Abdou Latif Ndiaye. Dans la même veine, l’expert explique comment repousser une personne. « Il existe des politiciens qui créent des tensions, mais il faut refuser. Il est tant que les professionnels se fassent respecter », renchérit-il.

MOMAR CISSE 

 

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