Dakar, en ligne de mire vers Bangkok. Alors que les dirigeants mondiaux de la finance se réunissent à Bangkok du 12 au 18 octobre 2026 pour les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, le Sénégal y joue une carte décisive pour son avenir économique.
Dans un climat international marqué par l’érosion de la confiance multilatérale, plus de 15 000 délégués venus de 191 pays tenteront d’accorder leurs violons sur le financement climatique, la réduction des inégalités et la gestion des dettes souveraines.
Pour la délégation sénégalaise, conduite par le ministre des Finances, Cheikh Diba, ce rendez-vous est une tribune stratégique pour faire entendre la voix du pays et consolider ses partenariats bilatéraux et multilatéraux.
Cette échéance internationale intervient après la conclusion, le 1ᵉʳ septembre dernier à Dakar, d’un accord au niveau des services entre le gouvernement et le FMI. Ce programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), portant sur environ 2,2 milliards de dollars, vise à rétablir la viabilité des finances publiques et de la dette.
Alors que la croissance s’est établie à 6,7 % en 2025 grâce aux premiers revenus pétroliers, l’économie hors hydrocarbures rebondit progressivement.
Mais pour débloquer ces fonds essentiels et rassurer les marchés, les autorités devront satisfaire aux exigences d’assainissement et de transparence réclamées par l’institution de Bretton Woods.
Pour pérenniser sa trajectoire de croissance, le Sénégal mise sur une gouvernance renforcée et une mobilisation accrue des ressources intérieures. Le plan d’action prévoit l’adoption d’une stratégie de recettes à moyen terme d’ici 2027, le suivi rigoureux des arriérés intérieurs, une meilleure supervision des entreprises publiques ainsi que le traitement de la dette publique.
Face aux défis de transparence soulevés par le passé, les autorités affichent une ferme détermination à corriger les failles afin de garantir la rigueur budgétaire et renforcer la confiance des bailleurs de fonds.
Au-delà des négociations institutionnelles, la présence du Sénégal au sommet thaïlandais s’inscrit dans une quête active d’investissements et de soutiens internationaux. En participant aux conférences sur l’emploi, l’intelligence artificielle et la mobilisation des capitaux privés, la délégation entend démontrer la résilience de l’économie nationale et son attractivité.
Selon les services du FMI, ce programme appuyé par l’institution devrait d’ailleurs « contribuer à mobiliser des financements de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires de développement », réaffirmant ainsi la volonté du Sénégal d’allier rigueur budgétaire et protection sociale ciblée.
Rewmi.com L'Equilibre notre Crédo
