Lâche, misogyne et criminelle » : c’est en ces termes que le procureur de Diourbel a sévèrement sermonné le prévenu à la barre. Dans tous ses états, le maître des poursuites a requis la peine maximale.
Selon L’Observateur, qui a assisté à l’audience, l’affaire remonte à la fin du mois de juillet, à 48 heures du Grand Magal de Touba. Transitaire domiciliée à Thiaroye, R. Gningue avait sollicité les services de L. Diop, un chauffeur de « Allô Dakar » âgé de 36 ans, pour transporter sa famille jusqu’à la cité religieuse, moyennant 450 000 FCFA. Le contrat prévoyait un dépôt devant la concession familiale.
Mais à l’arrivée à Touba, embraye le journal, L. Diop aurait refusé de conduire ses passagères jusqu’à leur destination, exigeant qu’elles descendent à l’ancienne gare routière. Une vive dispute aurait alors éclaté. Le chauffeur aurait demandé à son acolyte,prénommé Mass, qui était au volant, de reprendre la route vers Dakar avec les bagages de la famille toujours dans le coffre.
C’est en tentant de porter secours à sa sœur, qui s’agrippait à la portière du véhicule en mouvement, que R. Gningue aurait été violemment éjectée par le chauffeur. La chute sur le goudron lui aurait occasionné une double fracture ouverte de la jambe gauche.
Au lieu de l’assister, rapporte L’Observateur, L. Diop serait ensuite descendu du véhicule pour arracher à la victime son argent de poche et son iPhone 16 Pro Max, avant de prendre la fuite avec son complice. Heureusement, un vigile du quartier, alerté par les cris de la blessée, aurait appelé les sapeurs-pompiers.
Après une intervention chirurgicale, la transitaire s’est vu prescrire 60 jours d’incapacité temporaire de travail. Une plainte a été déposée auprès des gendarmes de Touba, qui ont lancé un avis de recherche le 2 août 2026. Le chauffeur et son véhicule seront finalement interceptés à la gare de péage de Kirène.
L. Diop, qui a comparu jeudi dernier devant le tribunal des flagrants délits de Diourbel, a catégoriquement nié les accusations de violences et de vol. Il aurait même tenté de rejeter la responsabilité sur la victime, déclarant : « C’est de sa faute, elle a refusé de me payer mon argent. »
Une version qui n’a pas convaincu le procureur de la République, lequel a dénoncé la gravité des faits et regretté que le dossier n’ait pas été renvoyé devant une juridiction criminelle, au regard des violences et du vol avec violence allégués.
Apparue à l’audience en s’appuyant sur deux béquilles, R. Gningue réclame 5 millions de francs CFA de dommages et intérêts.Son avocat, Me Serigne Diongue, a sollicité une réparation financière à la hauteur du préjudice subi. De son côté, Me Cheikh Ngom, conseil du prévenu, a plaidé la clémence et la relaxe.
Délibéré, le 12 novembre.
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