Devant la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a officiellement présenté le projet de loi de finances initiale pour l’année 2027 (PLFI). Dans son allocution, le ministre a tenu d’emblée à préciser le sens de sa démarche : « Je viens plutôt défendre un budget de responsabilité ; un budget qui fait des choix difficiles, mais justes et nécessaires ; un budget qui place les besoins essentiels des Sénégalais au-dessus de tout ; un budget qui les protège des chocs et soutient les plus vulnérables ».
Revenant sur la trajectoire macroéconomique, Cheikh Diba a rappelé l’impact d’un contexte international incertain et du ralentissement de la croissance en 2026, projetée à 1,5 % pour 2027. Assumant cette orientation, il a affirmé : « Nous avons choisi la vérité des chiffres plutôt que des hypothèses flatteuses que la réalité aurait démenties aisément ».
Réduction du déficit et assainissement des finances
Au cœur de la feuille de route budgétaire figure la consolidation des comptes publics. Le ministre a martelé que « le premier message de ce budget est de réduire nettement le déficit ». Alors que le projet rectificatif de 2026 portait le déficit à 7,6 % du PIB, le budget 2027 vise à le ramener à 4,7 %, marquant un effort de près de trois points en une seule année. Quant au déficit primaire hors hydrocarbures, il devrait passer de 2,8 % à 1,5 % du PIB. Pour Cheikh Diba, « cette trajectoire n’est pas imposée de l’extérieur. Elle résulte d’un choix de souveraineté. Un pays qui maîtrise sa dette maîtrise ainsi son destin ».
Pour financer ces orientations sans aggraver la dette, l’État mise sur une meilleure mobilisation de ses ressources propres et sur une rationalisation des dépenses publiques. « Réduire le train de vie de l’État, c’est là où commence l’effort », a souligné le ministre, annonçant une baisse des dépenses de fonctionnement, la maîtrise de la masse salariale et la rationalisation des agences et organismes publics. Une réforme structurelle des subventions énergétiques est également engagée : « Réorienter les subventions vers ceux qui en ont besoin, c’est tout le sens de la réforme la plus importante de ce budget, et je veux en parler franchement ».
Règlement des arriérés et soutien aux priorités sociales
Sur le plan économique, le gouvernement entend donner un coup de souffle au secteur privé à travers le remboursement des créances publiques. « Le budget 2027 consacre 480 milliards FCFA au règlement des arrérages dus au secteur privé. Au total, entre 2025 et 2027, l’État aura apuré la dette due au secteur privé à hauteur de 1 280 milliards », a révélé Cheikh Diba, estimant que « payer ce que l’État doit, c’est remettre de la trésorerie dans l’économie réelle ».
Enfin, les arbitrages budgétaires privilégient la santé, l’eau, l’éducation et la solidarité nationale. Dans ce dernier chapitre, le budget consacre le doublement des Bourses de sécurité familiale, dont l’enveloppe passe de 70 milliards à 140 milliards FCFA en 2027, au profit de plus d’un million de ménages vulnérables. Concluant sa présentation, Cheikh Diba a appelé les représentants du peuple à soutenir ce projet : « En votant ce budget, vous ne validez pas simplement un équilibre comptable mais vous validez surtout un engagement national, celui de restaurer la confiance, de libérer les énergies productives et de bâtir un avenir commun, juste et solidaire ».
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