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Administration et Reformes Institutionnelles: Mamadou Diop Decroix met en avant « la pédagogie des ruptures »

Invité de l’émission ‘’Grand Oral’’, ce samedi sur Rewmi Tv, le Secrétaire général d’Aj-Pads, Mamadou Diop Decroix a abordé plusieurs sujets saillants de l’actualité nationale. Il a notamment passé en revue les réformes institutionnelles annoncées par le président Bassirou Diomaye Faye. A ce propos, il estime que cette démarche  de « rupture » adoptée par les nouvelles autorités est commandée par une certaine pédagogie. 

Le Président de la République Bassirou Diomaye Faye a annoncé un projet de réforme institutionnelle. Ce dernier voudrait donner un souffle nouveau aux institutions. Invité du ‘’Grand Oral’’ Mamadou Diop Decroix qui a abordé ce sujet, a estimé qu’il y a beaucoup de choses à dire bien qu’il existe une différence dans le style. «Dans le discours du président Diomaye Faye, il y a des récurrences particulièrement importantes. (Il s’agit) d’abord du thème de l’unité et de la cohésion nationales qui est un thème fondamentale. Car, même s’il faut lui renouveler les félicitations – c’est la première fois qu’un candidat de l’opposition accède au pouvoir dès le premier tour – il faut (également) noter que 45% des sénégalais n’ont pas voté Diomaye. Donc, il a parfaitement raison d’évoquer le thème de l’unité et de la cohésion », explique Decroix.

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Dans la même lancé, l’ancien ministre d’Etat poursuit : « Il lui sera difficile d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés en ayant la moitié du pays sénégalais sur le bord de la route. C’est tout le peuple qu’il faut unir et je crois qu’il développe ce thème régulièrement ». Dans la même veine, Mamadou Diop Decroix analyse l’importance du triptyque ‘’Paix-Sécurité et stabilité’’ dans le discours du nouveau chef de l’Etat. Et, c’est pour souligner « l’extrême importance » de ce triptyque. « C’est en se basant sur ces éléments comme fondamentaux qu’on peut s’occuper des attentes des sénégalais ». Toutefois le Président Bassirou Diomaye Faye aura sans doute besoin de passer par l’Assemblée nationale pour faire passer les réformes annoncées où le nouveau président de la République n’a pas la majorité. Implicitement, cela pose la question de savoir si la quinzième législature ne vit pas ses dernières heures. 

L’avenir de l’Assemblée nationale

A cette question, l’invité de Ndèye Dimet Ndaw répond d’abord que la situation n’est pas inédite. Il rappelle : « En 2000, le parti socialiste était majoritaire à l’Assemblée. Le pouvoir et l’opposition ont discuté pour s’entendre sur l’essentiel ; ils ont travaillé ensemble sur quelques axes jusqu’à ce que la nouvelle Constitution soit adoptée et que l’Assemblée soit dissoute. Le président Macky Sall a été confronté à la même situation ». Revenant à la situation actuelle, Mamadou Diop Decroix n’écarte pas une dissolution de l’Assemblée nationale. « Je disais en  2022 déjà, que cette assemblée à venir sera dissoute au bout de deux ans », rappelle-t-il. Ainsi, pour l’invité du ‘’Grand Oral’’, l’Assemblée sera dissoute car « il va être très difficile de gouverner avec toutes ces ruptures annoncées dont on parle sans avoir une majorité» qui soutienne cette politique.  Toutefois, Mamadou Diop Decroix estime qu’il faut aller au-delà de la dissolution de l’Assemblée nationale qui sera possible au mois de septembre prochain, conformément à la Constitution.

Pour lui, si cette dissolution de l’Assemblée ne s’adosse pas sur une réforme plus générale des institutions, le changement ne serait pas conséquent. Alors, suggère-t-il : « Il faut concevoir l’acte de dissolution de l’Assemblée comme étant une composante, une partie prenante d’une approche globale, holistique des institutions ». Globalement, explique Mamadou Diop Decroix, la question est de savoir comment rendre les institutions endogènes. « Nos institutions ne sont pas endogènes. Nous avons une Constitution d’inspiration Gaullienne. Depuis 1962 et la séparation entre Dia et Senghor, c’est un régime ultra-présidentialiste avec une Constitution d’inspiration Gaullienne. J’ai toujours dit que le président est ici un monarque républicain ; il faut changer cela et Diomaye est tout à fait d’accord », ajoute-t-il avant de faire un glissement sur le discours souverainiste souvent tenu par les nouvelles autorités. 

La récurrence de la notion de souveraineté

Pour Mamadou Diop Decroix, cette notion est d’autant plus fondamentale que le système, au-delà des institutions, intègre également l’économie. Globalement, dit-il, « c’est le système global » qu’il faut changer. « Les français, les anglais et les portugais n’avaient pas le même système d’administration coloniale. Aux indépendances, les britanniques sont partis et ne se sont plus occupés de leurs anciennes colonies. A l’autre extrême, les portugais ont refusé même de donner l’indépendance. Il a fallu des guerres de libérations nationales au Mozambique, en Angola, pour les chasser. Quant aux français, ils ont fait dans l’ambivalence, l’ambiguïté et, jusqu’à présent, c’est ce problème que nous avons », regrette l’invité du ‘’Grand Oral’’. Globalement, il estime que le principe de souveraineté concerne la défense, la monnaie et beaucoup d’autres aspects.

Et, croit-il savoir, « Diomaye Faye va réussir sur ce plan ». Rappelant son inspiration de Gauche, Mamadou Diop Decroix estime que les solutions néolibérales ne permettront au Sénégal de sortir de la situation. Interpellé sur sa proximité idéologique avec le nouveau régime qui se réclame du panafricanisme, il rappelle d’abord que Pastef et Aj n’ont pas de relations de « parti à parti ». Toutefois, précise-t-il, « en général, les thématiques que nous développons sont les mêmes. De même, les positions que nous défendons sur ces grandes questions ne sont pas différentes ». Il ajoute : « Nous l’avons observé, écouté et notre sentiment est que cette volonté politique affirmée est toujours là et, cela montre que nous devons nous engager car cette cause est celle qu’ils entendent défendre. On ne va pas croiser les bras pour voir s’ils vont le faire ou pas. On doit être, à leurs côtés pour nous battre parce que ce n’est pas une question simple ». 

 Formation du gouvernement, la taille, le choix des personnes

 Le choix des hommes du gouvernement de Sonko 1 a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Des hommes et des femmes « inconnus » au bataillon. Bien que d’autres ont fait leur retour. Interrogé sur cette question M. Diop Decroix dit « ne vouloir s’épancher sur les hommes nommés, et estime que l’expertise est importante». « Ce n’est pas la technocrate qui dirige un état mais la politique au vrai sens du terme. Nous avons évoqué la réhabilitation de la politique car dans ce système, Sonko est le président de Pastef et dans ce parti il existe des cadres émérites », a-t-il souligné. Mieux, ajoute le patron d’Aj/Pads, «dans un parti il y a un organe dirigeant et le Président est membre de la direction du parti, s’ils mènent cette articulation ils iront très loin ». Interpelé sur la lettre du président de la République adressée aux agents de l’administration Decroix applaudit et salue cette démarche. Ce qui l’amène  selon lui à approfondir la réflexion. «Je vois à peu près où ils vont. C’est une manière de leur dire de travailleur dans la rigueur et les transformations  sont profondes et nombreuses et il faudra une pédagogie de la rupture et de la transformation. Si le peule ne considère pas ces aspects, il faut le simplifier.

Donc la pédagogie des ruptures est d’avoir un dispositif d’explication pour que les gens comprennent et arrivera la période de mise en œuvre », a analysé Mamadou Diop Decroix. « Cette lettre de Diomaye a une fonction pédagogique car cette administration est héritée de celle dite coloniale. Dans les zones rurales, des gens se comportent comme des chefs de canton (rires). L’idéal c’est de tout réinventer et cette lettre aura sa portée si elle est suivie », fait-il savoir. A l’en croire, elle constitue un point de départ pour créer les conditions des évaluations et des audits. Mais, il invite l’état à « ne pas se précipiter et procéder à une introspection ». Il souligne que cette évaluation est importante afin de déceler « l’âme de l’administration pour obtenir une efficacité des agents.» «La corruption est la problématique de la mal gouvernance, la ponctualité et l’assiduité. Le style Diomaye c’est quelqu’un qui n’est pas emporté par des biens matériels. Nous avons espoir que la corruption sera combattue », a-t-il décelé.

Réforme du système électoral

Le président Diomaye Faye entend bien rationaliser les partis politiques. On en compte près de 300 au Sénégal. Selon Diop Decroix, il faut rendre un hommage à Diouf car de 1960 à 1980, il n’y avait pas de partis pour l’essentiel. «Diouf a ouvert les vannes et les partis qui se sont déclarés n’étaient pas nombreux. Il n’y en avait même pas dix ou plus. Des partis qui se battaient pour  des convictions fortes. Dans la deuxième décennie de son magistère, il avait évoqué le financement des partis.

Ensuite, il y a eu cette prolifération de partis politiques», rappelle-t-il. Ainsi d’aucuns estiment qu’il faut aller vers cette rationalisation. Une idée qui trouve preneur. Selon le leader de Aj, il faut clarifier les choses. « On n’a pas besoin d’interdire mais il faut faire la différence sur des partis politiques qui existent et qui fonctionnent. Quand on veut rationaliser, il peut s’asseoir avec eux et discuter.

Des partis n’existent pas car il est difficile d’avoir leur adresse et c’est l’état qui doit revoir cela. On peut identifier les partis avec lequel on peut travailler», suggère-t-il. Abordant également la question de l’alternance générationnelle, l’ancien ministre d’Etat applaudit mais refuse toute exclusion ou séparation entre la jeune génération et les seniors. Car dit-il, « ce pays a besoin d’être uni. La reconfiguration est intéressante car cela se pose comme une famille politique et donner plus de sens à l’action politique ». 

Momar Cissé 

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