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pool judiciaire financier acte final pour le demarrage de la reddition des comptes

Affaire des bracelets électroniques : le directeur des finances de l’administration pénitentiaire placé sous mandat de dépôt

L’enquête sur le marché des bracelets électroniques, évalué à plus de 11,17 milliards de francs CFA, connaît un nouveau rebondissement. Le directeur des finances, du budget, du matériel et des infrastructures pénitentiaires, Moussa Seydi, a été placé sous mandat de dépôt par le Pool judiciaire financier (PJF) dans le cadre d’une information judiciaire portant sur un présumé détournement de deniers publics. L’information a été révélé  par le quotidien L’Observateur, dans son édition de  ce mardi.

Selon le réquisitoire introductif du parquet financier daté du 8 avril 2026, le haut responsable de l’administration pénitentiaire est poursuivi pour « détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des fonds publics, faux en écriture publique authentique, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux ».

Le parquet lui aurait reproché notamment le paiement d’une avance de démarrage de 1,377 milliard de FCFA ainsi qu’un montant de 3,633 milliards de FCFA dont l’utilisation n’aurait pas été suffisamment justifiée. Au total, le préjudice allégué est estimé à plus de 5 milliards de FCFA.

La réaction de la défense
Les avocats de Moussa Seydi auraient rejeté les accusations et soutenu que l’avance de démarrage incriminée (1,377 milliard de FCFA) était prévue par les clauses contractuelles et validée par les autorités compétentes.

Concernant les 3,633 milliards de F CFA, leur client aurait expliqué aux enquêteurs de la Division des investigations criminelles (Dic) que cette somme correspondait notamment aux frais de formation, aux prestations de maintenance ainsi qu’au support technique liés au projet.

La défense aurait également souligné que Moussa Seydi n’était ni administrateur de crédits ni ordonnateur de dépenses, estimant qu’aucun élément du dossier ne permet de l’incriminer directement.

Les 648 bracelets manquants

Toujours selon le journal L’Observateur, l’un des principaux points de l’enquête concernerait la disparition présumée de 648 bracelets électroniques. Selon la Dic, seuls 1 352 bracelets auraient été recensés au centre de surveillance alors que 2 000 auraient été déclarés livrés.

Lors de son audition, Moussa Seydi aurait affirmé que 610 bracelets étaient conservés dans son bureau en attendant leur transfert officiel vers les services compétents. D’après ses avocats, l’intégration de ces équipements au décompte ramènerait le nombre de bracelets manquants à seulement 38 unités (contre-valeur : 78 376 974 FCfa), soit 0,6 % du montant total des deux marchés.

Les deux contrats conclus entre le ministère de la Justice et la société CDCOC

L’affaire porterait sur deux contrats conclus entre le ministère de la Justice et la société Colombe Cyber Defense Operations Center (CDCOC), dirigée par El Hadji Gora Diop Guèye.

Le premier marché, signé en octobre 2020, concernerait l’acquisition de 1 000 bracelets électroniques pour un montant de 6,889 milliards de FCFA. Un second contrat, conclu en juillet 2023, porterait sur la même quantité d’équipements pour 5,340 milliards de FCFA.

Les investigations auraient également révélé que plusieurs bracelets présentaient des dysfonctionnements techniques. Au total, 214 équipements auraient été défectueux au sein des lots livrés.

Plus de 8,9 milliards FCFA déjà versés
Selon les informations recueillies par les enquêteurs auprès du Payeur général du Trésor, un montant global de 8,911 milliards de FCFA aurait déjà été versé à la société CDCOC entre 2020 et 2024.

Les données fournies par l’administration pénitentiaire auraient fait apparaître un écart de 3,633 milliards de FCFA sur le premier marché et de 2,908 milliards de FCFA sur le second, des montants que les enquêteurs considéreraient comme insuffisamment justifiés.

De son côté, le directeur général de CDCOC, El Hadji Gora Diop Guèye, aurait rejeté toute responsabilité concernant les bracelets manquants, affirmant que son entreprise s’était limitée à la livraison du matériel et que la conservation des équipements relevait de l’administration pénitentiaire, a conclu L’Obs.

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