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Alternance au sein des Centrales Syndicales, Réédition des comptes, Parités: Le cours magistral du Pr Penda Mbow

Le cours magistral du Pr Penda Mbow Membre de la société civile, historienne et ancienne ministre de la culture et de la communication, le Pr Penda Mbow était l’invité de l’émission ‘’Grand oral’’ ce samedi, sur Rewmi Tv. Face à Ndèye Dimet Ndaw, elle a abordé plusieurs questions d’actualité. Elles ont tourné autour du syndicalisme, de la reddition des comptes, de la parité et du leadership féminin, entre autres. 

Selon l’historienne qui a donné une perception sur le syndicalisme, de nos jours il y a plusieurs phases bien que le mouvement a joué un grand rôle au plan politique, avec les événements de mai 68. Toutefois, le Pr Penda Mbow  estime que les mouvements syndicaux sont dans une phase de reconstruction. « Ce sont les mêmes depuis 20 ou 30 ans et il faut les renouveler. C’est aussi valable dans le monde paysan et cela permet d’avoir de l’énergie et une autre perfection car le pays en a besoin. On ne voit que les mêmes têtes. C’est le cas avec l’UNSAS et il faut renouveler. Car Mademba Sock est resté au poste depuis des années », fait-elle remarquer.

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L’invitée du ‘’Grand oral’’ semble être en phase avec ceux qui parlent d’un « déclin » du mouvement syndical. Car, selon Pr Penda Mbow, depuis quelques temps, les centrales sont dans des positions de négociation. « Les syndicalistes font abstraction de certaines causes. C’est le cas avec la cherté de la vie ; on ne les entend pas », dit-elle encore. Invitée à commenter l’actualité autour de la célébration de la fête du travail, avec notamment la traditionnelle cérémonie de remise des cahiers de doléances, Pr Penda Mbow est d’avis que cet acte est devenu comme un acte symbolique, étant donné qu’il n’y a pas de suites. « On ne lutte plus pour défendre la démocratie », regrette-t-elle, en prenant l’exemple des évènements de 2021 à 2024 où l’implication du mouvement syndical n’a pas été dynamique.

A la question de savoir s’il est nécessaire de procéder à une reconfiguration des centrales syndicales, elle reconnaît que le problème réside en ce sens car tout est lié. A l’en croire les sénégalais ont montré la voie avec l’élection présidentielle et le changement intervenu à la tête du pays. Pour Penda Mbow, cette dynamique de changement doit toucher tous les secteurs. « Les jeunes ont voté pour un changement et c’est un signal fort. Les jeunes ont montré l’exemple. C’est le cas des coalitions aussi. Le sénégalais a montré qu’il a voté utile et cela montre que les citoyens ont une avance sur les partis politiques. Il faut de grands organisés et une véritable la démocratie », a analysé le Pr Mbow. 

Pour un véritable leadership féminin

Au ‘’Grand Oral’’, le Pr Penda Mbow a également évoqué la question genre avec cette polémique née du faible taux de représentation des femmes dans le gouvernement. Elle a ainsi insisté sur la nécessité de replacer le leadership féminin dans l’échiquier politique comme ce fût dans les années 80. Dans ce pays, dit-elle « les femmes sont écartées à cause de leur autonomie de pensées. Nous avons tellement de questions sur la famille… La population gonfle avec le taux de fécondité et l’immigration des autres pays voisins et même en dehors. Il faut de la rationalisation. »

Parité : l’exigence d’un quota

Abordant la question de la parité, Pr Penda Mbow note que la loi est le plus souvent violée mais reconnaît que les femmes ne s’illustrent pas dans les débats au sein de l’Assemblée avec des propositions de lois découlant de leur propre initiative. « Des femmes d’une grande dimension au plan politique sont absentes au sein de l’hémicycle. C’est aussi un point négatif. Les femmes se sont battues. Malgré tout il n’y pas de reconnaissance. Dans les postes, il faut exiger un quota dont 30% », fait-elle savoir. Selon elle, « les hommes trouveront toujours des pirouettes pour détruire et ruiner les idées des femmes. Elles doivent être dans l’agriculture moderne pour une autosuffisance alimentaire. Les hommes ne peuvent pas continuer à donner prébendes et privilèges ». Interpellée sur la situation matrimoniale du président Bassirou Diomaye Faye, elle fait d’abord remarquer qu’il s’agit là d’une première dans l’histoire politique du Sénégal.

Pour Penda Mbow, les femmes participent à l’instauration de la polygamie qui reste un problème africain. « Les filles s’accrochent et cela peut être une chance. Ce qui nous faisait peur c’est que chaque première dame avait ses oncles, ses tantes, ses amis et pèsent sur les affaires de l’État. Mais si on arrive à les neutraliser et qu’elles ne jouent pas ces rôles, cela peut être une avancée. J’ai pensé au protocole d’État. Mais cette question n’est pas encore réglée », a-t-elle souligné. Revenant sur ses rapports avec Marième Faye Sall, elle reconnaît avoir travaillé à ses côtés mais, a décidé de rester coller à ses idéaux, grâce à sa forte personnalité. « Les hommes politiques vous utilisent quand ils ont besoin de vous. J’ai aidé Marième Faye Sall à implanter son rôle. Je l’ai présenté à des Premières dames mais je ne suis pas un béni-oui-oui. J’ai beaucoup de respect pour le savoir », a-t-elle laissé entendre. 

Le premier mois de BDF au pouvoir

Le Président de la République vient de faire un mois à la tête du pays avec comme leitmotive « le jub, jubal et le Jubanti », face à la cherté de la vie, la reddition des comptes. Penda Mbow parle de bouleversements. « Ils sont en train de toucher à beaucoup de choses qui étaient le fondement du jeu du pouvoir sortant. Mais dans un contexte différent. Il y a un besoin de changement avec une jeunesse impatiente. Le clientélisme politique ne peut plus prospérer. La patrimonialisation et la personnalisation à outrance du pouvoir ne peuvent plus avoir lieu. Le besoin de changement est exprimé car les deux alternances ont été des exemples. La société civile sénégalaise est forte. Entre 2021 à 2024 les réflexions produites restent importantes. Il faut que les changements soient visibles », a souligné Penda Mbow qui compte d’ailleurs reprendre ses activités dans le mouvement citoyen pour galvaniser les jeunes. Il s’agira de recentrer les débats avec les femmes et des ruptures dans nos cérémonies familiales et aller vers l’essentiel. « J’ai été séduite par les décisions prises dans la distribution des semences et je l’espère dans d’autres domaines comme l’éducation. Il faut des fondations pour soutenir les élèves. Macky Sall ne s’est pas occupé du sénégalais. J’ai compris pourquoi il y a tant de violences.

La société civile aussi doit s’impliquer », a dit l’invitée du ‘’Grand oral’’. Revenant sur le respect de la charte des assises nationales, le Pr Penda Mbow n’a pas manqué de prodiguer des conseils à Bassirou Diomaye Faye. Elle lui suggère de s’organiser et de prendre des gens pour avoir une séance de travail avec des personnes ressources, à l’image d’Abdoulaye Bathily. « Il s’agira de mettre l’accent sur des leviers car les forces de résistance sont puissantes. La question de la monnaie, du partenariat, nécessitent des conseils. Wade s’est opposé de 1976 à 2000. Mais une fois au pouvoir, avec l’encadrement de la gauche, il a montré qu’il s’est appuyé sur les motrices. Les jeunes que je vois la (Ndlr : Diomaye et Sonko), ont mis des généraux à la défense comme au ministère de l’intérieur. Mais pour imposer leur politique et avoir des ressources il faut qu’ils s’ouvrent à des gens d’expérience », a-t-elle conseillé.

« Ce premier mandat est pour l’assainissement »

L’historienne est d’avis que le Sénégal a souffert de la forte concentration des pouvoirs entre les mains d’une seule  personne : le président de la république. A ce niveau, elle suggère une réforme fondamentale car les assises ont eu des conclusions importantes. C’est également le cas de la justice, selon elle. « Le Sénégal a été sauvé par le Conseil constitutionnel qui a eu le courage de proposer une date pour l’élection. Que les juges fassent leur travail car ce mandat est pour l’assainissement dans tous les domaines. Il faut aussi revoir le rapport entre le politique et le religieux.

L’État ne peut pas tout le temps être là à organiser les cérémonies religieuses. Que les talibés jouent leurs rôles ; l’Etat doit œuvrer pour la production de richesses et la création d’emplois avec un secteur privé fort », enseigne le Pr Penda Mbow. Enfin, sur la question de la diplomatie, elle estime que les relations entre le Sénégal et la France sont à redéfinir. « La France de De Gaulle ne peut pas être comme la France de Macron ou de Marine le Pen. Ce qui se profile ressemble à une guerre mondiale et donc il faut un leadership car nous sommes respectés. Nous devons l’assumer partout. Nous devons tirer le meilleur de cette alternance et que ce pays ait une présence de qualité et sa part historique », a résumé Penda Mbow.

MOMAR CISSE

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