Création d’une industrie de la « VERRERIE »:  Pr Bachir Diop oriente les recherches vers les sables extra silicieux du littoral Nord de Dakar 

Les sables extra silicieux du littoral Nord de Dakar sont une opportunité pour la création d’une industrie de la verrerie au Sénégal. Cette affirmation est du Pr Bachir Diop, ingénieur civil de formation qui a animé ce thème hier à une session de l’académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS). 

La première découverte de sable extra-siliceux (SIO, > 90%) utilisable en verrerie remonte à 1967 (Soulatski) sur la plage de Malika. Plus tard, des travaux menés par la DMG, ont permis d’identifier d’autres sites Potou, Lompoul, Fass boy, Mboro, Kayar, Malika, Tiokhmat, Diogo,Kounoun. « Ainsi, les sables extra siliceux de sites Potou, Diogo et Konoun sont conformes à certaines spécifications pour la fabrication de verre.

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Les sables des autres sites d’emprunt peuvent être rendus conforme avec de légers traitements (élimination du fer par voie physique ou chimique) », dit l’ingénieur civil des mines de formation, Mouhamadou Bassir Diop qui animait une session académique organisée par l’académie nationale des sciences et techniques du Sénégal.  Il renseigne que les résultats de l’étude révèlent que les prélèvements effectués sur le terrain, les tests chimiques de laboratoires effectués au sein du Groupe de laboratoires de la DMG et les essais comparatifs entre un verre américain et le verre fabriqué à partir du site de Diogo au sein du Laboratoire Material Reseach Institute de Penn State University aux USA permettent d’envisager sérieusement l’installation d’une usine de fabrication de verre au Sénégal. « L’avènement d’une industrie verrière au Sénégal a toujours été bloquée par la non- disponibilité d’une source d’énergie abondante et bon marché.

Toutefois, avec les récentes découvertes de gaz et de pétrole au Sénégal, tous les espoirs sont permis », fait-il savoir. Il reste convaincu que le  verre, une alternative au plastique, constitue un véritable catalyseur pour l’industrie agroalimentaire et la recherche, et participe à la préservation de l’environnement pour un développement durable, d’une part, et pourrait atténuer les impacts sociaux de l’exploitation des hydrocarbures, d’autre part. « Contrairement à certains plastiques cancérigènes, le verre est un matériau inerte qui prévient toute migration entre l’emballage et son contenu. Le matériau offre donc une sécurité alimentaire très intéressante à savoir  la transparence et la brillance du verre en mettant le produit contenu. De plus, le verre peut être recyclé, laisse-t-il entendre.

A l’en croire, le facteur bloquant pour le développement de l’agro-industrie est là non-disponibilité de contenant en verre. « L’industrie verrière permet la valorisation de nos ressources minérales, la sauvegarde de nos devises et participe au développement durable », fait-il noter. Et d’ajouter :  » Dans le contexte sénégalais caractérisé par la pauvreté en ressources ligneuses, le verre constitue une bonne alternative ». En ce sens, il indique que  223 milliards Fcfa ont été dépensés pour l’achat de ce produit entre 2000 et 2023 dont les 11 milliards Fcfa entre janvier et août 2023 avec les projets de BRT et du TER. Cet expert renseigne que les sables extra silicieux sont localisés dans les espaces inter-dunaires souvent réservés à l’agriculture. 

 

NGOYA NDIAYE 

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