INTERVIEW AVEC EVE CRAZY « Le respect de la femme ne se réclame pas, il s’arrache »

Voix de femme et femme de voie, Eve Crazy affole le mic, en jouant le game, son jeu favori. Chantant pour l’éthique, l’invité de votre page people, plus qu’une voix est une voie artistique dont la portée est plus que musicale. Femme sujet, objet de toutes les convoitises, elle est en mission assumée contre l’engeance de la phallocratie violente et violeuse pour les voix de femmes ne soient plus inaudibles. Sa vie, ses projets artistiques comme personnels ne vous seront plus inconnus à la lecture de son entretien.

Une présentation de votre parcours musical

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Eve Crazy de mon nom d’artiste, j’ai fait mes débuts en 2012 en Casamance, plus précisément à Bignona. Avec mon frère, P.B nous formions le crew (EVE- P.B) avant que je ne commence ma carrière solo en 2014 avec le label Bii Records. En 2014, je participais au WOMEN GROOVE, une formation en écriture encadrée par Keyti et organisée par l’association africulturban. J’ai également participé à pas mal de projets, dont Urban Touch au Women’s Day, Rap au feminin 99 Records, Show of the Year Nitdoff, Cypher Galsen Hip Hop Awards, Festival Guédiawaye by Rap. « Guemouma » et Amnama diap » sont mes deux premiers singles. Sinon j’ai aussi sorti une série de freestyles (ALANDOUTY FREESTYLE). Suivront  » Crazy Tape » » en 2017 ; et en 2018 l’album de la compilation « Free voices » 100% féminin composé de 5 artistes. Après 2 ans de pause, en janvier 2021, un duo est né avec un projet du nom de Eve Crazy & Mar Yo, un mélange de deux cultures différentes Sénégalo-Finlandaise. Le 10 avril 2021, on a sorti le single intitulé <Jigéen ñi> qui parle des droits de la femme, puis le 25 novembre 2021 <TRILOGY> composé de 3 sons et une vidéo de 11 minute 55s. Mon dernier son en date est  » XAMOULEN DARA  » sorti le 12 mai 2023.

Pourquoi avoir choisi le rap ?

Disons que c’est une question d’influence parce que tous ceux qui m’entourent écoutaient du Rap (rire). C’est de là que j’ai découvert ce genre musical sous toutes ses formes. Le rap est et restera une musique qui me fascinera toujours.

Eve Crazy, êtes-vous vraiment « Crazy » ?

A vrai dire, le qualificatif « Crazy » renvoie plutôt au côté des fois incompris de mon Art. Car l’artiste est celui qui voit les événements et les appréhende d’une autre manière que l’Homme commun.

WOMEN GROOVE une formation en écriture à laquelle vous avez participé un 2014, quelle expérience en avez-vous tirée ?

Une très belle expérience ! La plupart des rappeurs faisaient ce  qu’on appelle  dans le jargon du rap des « Punchline, Name Dropping, Next Level, des Métaphore » sans vraiment connaître leur appellation. Et au-delà de l’aspect de l’écriture, il y avait beaucoup à apprendre, dont notamment l’aspect musical. Il fallait connaître ce que c’est Une mesure pour pouvoir délimiter les couplets, les refrains et autres.

Est-ce ce qui fait que vous avez plus de facilité à écrire vos textes ?

Oui disons en partie. Ce qu’il faut savoir c’est que l’inspiration ne se vend pas et ne s’apprend pas.

Parlant de textes, d’où vous vient votre inspiration et comment choisissez-vous vos thèmes.

De tout et de rien ! Je m’inspire de tout ce qui est autour de moi, de tout ce qui m’entoure, de la vie quotidienne et de tout ce qui s’y passe.

Quelle est la particularité d’Eve Crazy ?

Ma particularité est de garder le côté authentique du rap, même si parfois il arrive que l’on surfe sur des tendances.

Comment est perçue la femme dans le milieu du rap ?

Tout dépend du caractère de la personne et comme on dit dans le game, le respect ne se réclame pas, il s’arrache.

En tant que porteur de voix, que diriez-vous aux Sénégalais en cette période de tension pour un retour à la paix ?

Mon message va à l’endroit des jeunes, en cette période de tension je dirais aux jeunes de ne pas se laisser manipuler par les politiciens. Rien ne vaut la vie !

Selon vous, un artiste doit-il avoir une responsabilité politique ?

Allons juste voir la définition de la politique qui n’est rien d’autre que la gestion des affaires de la cité. L’artiste vit dans la cité et ne peut pas être épargné de cette gestion. Donc que cette dernière soit bonne ou mauvaise,   il    va    en    subir    les    conséquences, d’où l’engagement de certains artistes dans le milieu politique. Pour autant, j’estime que cet engagement doit être pour des intérêts collectifs et non personnels.

27, voir 30 jeunes filles présumées violées par leur maitre connaitre, en tant que femme, qu’en dites-vous ?

J’ai toujours condamné et dénoncé les actes de violence à l’égard des femmes et des filles. J’attends de la justice sénégalaise qu’elle fasse son travail et que justice soit rendue à ces jeunes filles.

Des projets ?

Je viens de sortir un single vidéo intitulé XAMOULEN DARA, il est disponible sur toutes les plateformes de streaming et sur les réseaux sociaux. L’heure est à la promotion.

ANNA THIAW

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