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Les orpailleuses de Kharakhena le 16 08 2025©Moussa SOW 4 copie 1200x800 1

La Guinée interdit l’exportation de l’or brut produit dans les mines du pays

Il est désormais interdit d’exporter l’or brut produit en Guinée. L’objectif de cette mesure est de contraindre les opérateurs miniers à raffiner sur place la production aurifère guinéenne, afin d’en accroître la valeur ajoutée. Une ambition qui se heurte toutefois au mode de production de l’or guinéen, majoritairement extrait de manière artisanale par des milliers d’orpailleurs plus difficiles à encadrer.

 

L’or guinéen ne devra bientôt plus quitter le pays à l’état brut. Vendredi 19 juin, le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a annoncé l’interdiction de l’exportation d’or brut produit dans les mines de son pays afin d’obliger les opérateurs miniers à le raffiner sur place. Il estime que le « peuple de Guinée mérite de voir sa richesse participer à son développement ».

Cette décision s’inscrit dans la  politique de reprise en main du secteur minier engagée par les autorités guinéennes, ces dernières voulant miser sur la transformation locale pour mieux valoriser leur production aurifère et accroître ainsi les revenus du pays.

Dans cette perspective, le président guinéen a annoncé la prochaine mise en service de la Nimba Gold Refinery, la première raffinerie d’or guinéenne.

Reste que cette ambition représente un vrai défi, car une grande partie de l’or guinéen est extraite de manière artisanale par des milliers d’orpailleurs plus difficiles à encadrer, notamment dans la région de Siguiri, près des frontières avec le Mali et la Côte d’Ivoire.

Selon le ministère des Mines, près de 50 tonnes d’or issues de la filière artisanale ont ainsi été exportées en 2025, contre seulement 22 tonnes issues du secteur industriel. Pour le directeur de l’Observatoire guinéen des mines et des métaux, Oumar Totiya Barry, l’objectif des autorités est donc de parvenir à « canaliser la production artisanale vers les circuits officiels de transformation ».

Selon lui, le succès de cette réforme dépendra de la capacité de l’État à contrôler les exportations aux frontières et à faire évoluer les conventions qui encadrent l’activité des compagnies minières étrangères.

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