Les habitants des localités du Sud de Nioro poussent un cri de détresse. Rassemblés en ce week-end, les populations de Firgui, de Kaymor et de Nganda ont battu le macadam lors d’une marche pacifique, suivie d’un point de presse, pour exiger des nouvelles autorités étatiques le bitumage urgent de leur axe routier, un préalable indispensable pour sortir leur arrondissement de la morosité économique.
Arborant des foulards rouges et munis de pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Nous réclamons le bitumage de la route Firgui-Kaymor-Nganda », les manifestants ont exprimé leur ras-le-bol face à des décennies d’attente. Porteur de la contestation, le porte-parole du jour, Papa Amadou Seck, habitant de la commune de Dabaly, livre un constat alarmant : « C’est avec le cœur meurtri et un sentiment de désolation et de tristesse que nous nous sommes réunis ici pour battre le macadam. Depuis 1963, la route Firgui-Kaymor-Nganda est en latérite et, chaque année, elle se dégrade davantage, rendant la circulation des personnes et des biens extrêmement difficile. Beaucoup de femmes en train de donner la vie décèdent pendant leur évacuation vers les structures sanitaires, tandis que le nombre d’accidents et de morts causés par les nids-de-poule, surtout pendant l’hivernage, est en forte augmentation. »
L’orateur est également revenu sur les espoirs déçus des populations locales : « Il y a moins de deux ans, le Premier ministre d’alors, Amadou Ba, avait effectué la pose de la première pierre pour le bitumage de cette route, et des magasins avaient été construits pour abriter le matériel. Jusque-là, pas un centimètre de goudron n’a été posé, et les agents qui étaient sur le site ont disparu sans crier gare. Nous nous demandons ainsi où sont passés les fonds, monsieur le Président de la République. Nous lançons un appel solennel au gouvernement et plus particulièrement au ministre des Infrastructures, M. Déthié Fall, pour venir en aide aux populations de ces communes qui subissent le martyre. »
Longue de dix-sept kilomètres, cette voie de communication dans un état de délabrement avancé paralyse le quotidien des habitants. Cet enclavement rend les déplacements difficiles, voire impossibles en période de fortes pluies, compromettant gravement l’accès aux services de base, à commencer par les soins de santé d’urgence et l’approvisionnement régulier en denrées alimentaires.
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