Depuis plusieurs mois, le Sénégal est confronté à une situation de «cohabitation douce», avec une Assemblée nationale acquise à la cause du leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, qui ne partage plus les positions du chef d’Etat Diomaye Faye. Alors que ce dernier a constitutionnellement le pouvoir de dissoudre le parlement pour convoquer de nouvelles élections à partir de décembre 2026, le porte-parole de la présidence, Me Abdoulaye Tine, a admis ce mardi que «c’est un pari risqué», au cours de l’émission «Appel sur l’actualité» sur la RFI.
«C’est un pari risqué pour le chef de l’État s’il dissout l’Assemblée nationale», a admis le ministre-conseiller, allusion faite à l’influence du parti Pastef qui pourrait remporter les nouvelles élections au détriment de la Coalition Diomaye Président, dont le processus de restructuration est en cours.
Même si la présidence n’écarte pas la dissolution en cas de «crise institutionnelle», Me Tine a cependant nuancé ses propos en assurant que le Sénégal est encore loin de ce scénario. «Pour l’instant, on est loin de ce scénario, mais c’est une possibilité juridique. Toutes les options doivent être sur la table parce que c’est le jeu normal de la démocratie que lorsque de pareilles circonstances se produisent, de s’en référer à l’arbitrage du peuple, le peuple souverain en démocratie», a-t-il insisté.
Cette intervention du ministre-conseiller intervient dans un contexte où l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko, qui détient une large majorité parlementaire (130/165), a promis de ne pas «bloquer le pays» de sa position actuelle de président de l’Assemblée nationale. Ce dernier a néanmoins prévenu que l’Institution jouera «son rôle de contrôle» de l’exécutif et ne «sera pas une chambre d’enregistrement» des actions du gouvernement.
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