Dans l’ombre des routes migratoires qui traversent le Sahel, une question troublante s’impose : que deviennent ces migrants portés disparus entre le Mali, le Niger et les zones sous emprise des groupes armés ? Alors que l’instabilité sécuritaire s’enracine, des soupçons émergent sur de possibles enrôlements forcés par des groupes djihadistes. Entre silence, peur et absence de données fiables, cette hypothèse inquiète et appelle à une enquête rigoureuse pour faire la lumière sur le sort de ces vies invisibles.
À Horizon Sans Frontières, une question revient avec insistance, portée par la détresse de nombreuses familles africaines : que sont devenus ces jeunes partis sur les routes de la migration et dont on perd toute trace, parfois à jamais ?
Horizon Sans Frontières appelle les États africains, les organisations régionales et les partenaires internationaux à diligenter une enquête indépendante et coordonnée à l’échelle du Sahel. Il s’agit d’établir la vérité : identifier les profils des combattants, retracer les parcours migratoires interrompus, comprendre les mécanismes d’enrôlement volontaires ou forcés.
« Nous recevons régulièrement des appels de parents sans nouvelles de leurs fils, de leurs frères, disparus mystérieusement entre le désert et les zones de transit du Sahel. Des silences longs, inquiétants, souvent précédés de récits fragmentés : interceptions par des groupes armés, enlèvements, demandes de rançons, violences. Puis plus rien », a argué Boubacar Seye d’Horizons sans frontières.
Selon ce dernier, une interrogation s’impose, dérangeante mais nécessaire : « qui sont réellement les hommes qui combattent aujourd’hui au sein des groupes djihadistes au Mali ? Sont-ils tous des combattants idéologiquement engagés ? Ou certains d’entre eux seraient-ils ces migrants en devenir, capturés, brisés, puis enrôlés de force dans des logiques de guerre qui ne sont pas les leurs ? »
Rewmi.com L'Equilibre notre Crédo