UEAA: Un bel exemple pour la Zleca

Enfin, nous y sommes. Le 1er Janvier 2021, la Zleca ou Zlecaf (Zone de libre-échange économique africaine) est mise en place pour les pays ayant ratifié l’accord, alors que cette mise en place était initialement prévue pour le 1er Juillet 2020, mais elle a été retardée à cause de la pandémie de Covid-19.

La Zléca regroupe la zone tripartite de libre-échange, qui inclut le marché commun de l’Afrique orientale et australe(Comesa),  la Communauté d’Afrique de l’Est (Cae) et la communauté de développement d’Afrique australe (Sadc), avec d’autre part la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CDEAO), l’Union du Maghreb arabe et la communauté des Etats sahélo-sahariens 2,3. L’objectif du projet est d’intégrer, à terme, l’ensemble des 55 Etats de l’Union africaine au sein de la zone de libre-échange.

Un géant économique qui couvre une population de 1,2 milliards d’habitants et des pays dont la production combinée s’élève à 2,6 milliards de dollars.

Il s’agit, en réalité, de corriger une anomalie commerciale et économique, source d’appauvrissement croissant du continent. Car en 2019 par exemple, seuls 14,4% des exportations africaines officielles sont allées vers d’autres pays africains, une faible proportion comparée aux 52% du commerce intra-asiatique et aux 73% entre les nations européennes, la même année, selon Afreximbank, une institution multilatérale de financement du commerce basée au Caire.

Toutefois, son opérationnalité ne sera pas tout de suite effective sur l’ensemble du continent du fait de certaines difficultés institutionnelles et même pratiques. 

Cinquante-quatre nations africaines se sont engagées à rejoindre la Zleca mais, sur les 33 pays qui ont ratifié l’accord jusqu’à présent, beaucoup ne disposent pas de procédures douanières et des infrastructures nécessaires pour faciliter le libre-échange, a déclaré à jeune Afrique, le Sud-Africain Wamkele Mene,  expert en commerce élu par l’Union africaine en Février 2020.

«  Cela va nous prendre beaucoup de temps », a affirmé M. Mene. «  Si vous n’avez pas les routes, si vous n’avez pas l’équipement adéquat pour que les autorités douanières à la frontière puissent faciliter le transit rapide et efficace des marchandises…. Si vous n’avez pas l’infrastructure, souple comme matérielle, cela réduit la portée de cet accord ».

C’est pourquoi, il est important, pour la Zleca, de s’inspirer du modèle de l’Union eurasiatique et d’autres modèles d’intégrations en vogue dans le monde notamment en Europe et en Amérique Latine.

Fondée à Astana le 29 Mai 2014 par la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan, l’UEE compte aujourd’hui cinq Etats membres depuis l’arrivée de l’Arménie en Octobre 2014 et du Kirghizistan en Aout 2015.

Moins contraignante que son modèle, l’UE, qui s’apparente à une organisation économique, politique et juridique supranationale, l’UEE entend rester fidèle aux préceptes de ses pères fondateurs qui en Mai 2014, affirmaient que «  cette union est économique et ne touche pas à la souveraineté des Etats participants. » Comme l’indique son intitulé, sa vocation est avant tout économique. Bâtie pour aboutir à un «  développement stable des économies nationales face aux difficultés macroéconomiques et aux défis globaux auxquels font face tous les Etats », elle entend intégrer l’Asie centrale sur le marché mondial. Et que «  la combinaison des ressources naturelles, du capital et du fort potentiel humain permettra à l’union  eurasienne d’être compétitive dans la course industrielle et technologique, dans la compétition pour les investisseurs, pour la création de nouveaux emplois et d’industries avancées (….). Ce n’est qu’ensemble que nos pays pourront devenir l’un des leaders de la croissance mondiale et du progrès civilisationnel, réussir et prospérer. »

Résultat des courses, aujourd’hui, les chiffres des activités économiques entre ses pays ont augmenté de 40%  au moins dans plusieurs domaines.

L’UEE ambitionne de devenir un pont entre l’Union européenne et la Chine. Par ailleurs, depuis 2015, elle a signé des accords de libre-échange avec l’Egypte, le Vietnam, la Chine, l’Iran, la Serbie et Singapour. En 2020, la Corée du Sud, l’Inde ou Israël sont candidats à la signature de tels accords.

Voici quelques chiffres pour illustrer le bilan économique de l’UEE : les exportations des Etats membres en dehors de l’Union sont passées de 373,3 milliards de dollars en 2015 à 490,6 milliards de dollars en 2018 (+31%) ; les exportations au sein de l’UEE sont passées de 45,6 milliards de dollars en 2015 à 59,7 milliards de dollars en 2018 (+31%) ; les importations des Etats membres en provenance de l’extérieur de l’UEE sont passées de 205,5 milliards de dollars en 2015 à 262,8 milliards de dollars en 2018 (+28%) ; les importations au sein de l’UEE sont passées de 45,6 milliards de dollars en 2015 à 58,8 milliards de dollars en 2018 (+29%).

Les Etats comme le Kazakhstan ont bénéficié d’une façon substantielle de cette union dont Zleca doit impérativement s’inspirer pour tirer vers le haut nombre de ses Etats parmi les pauvres de la planète.

L’autre zone de référence pour l’Afrique est l’Amérique Latine qui a longtemps été une zone d’intégration qui a plus ou moins réussie.

Le Traité de Montevideo a été signé par sept Etats en février 1960 ; deux autres y ont adhéré en 1961 et le Venezuela en 1965.

De plus on considère comme acquise la future adhésion des pays membres du Marché Commun Centro-Américain.

Georges E. Ndiaye

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