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Elections Présidentielle 2024: Quémandes de Programmes 

Pouvait-on en 15 jours faire de la monnaie un thème de campagne électorale ? Suffit-il de présenter Diomaye Faye comme un stagiaire pour gagner ? Pourquoi ont-ils été sourds à ce qui plombe vraiment le développement du pays ?

La campagne électorale a donc fini de battre son plein. Mais pourquoi nous a-t-elle semblée tellement convenue, et qu’elle a laissé les Sénégalais, au pire, circonspects, et au mieux, amusés. Les Sénégalais ont-ils besoin d’un programme ? Ils le vivent tous les jours « le programme », ils l’ont sous les yeux, et ils attendent juste celui qui va décliner et incarner tout le spectre de la justice sociale. Où sont les programmes qui vont réenchanter l’avenir ? Où est le petit frère du mot de deux syllabes qui emporta 40 années de socialisme : SO-PI ? Où est l’idée de « la marche bleue » que n’a pas su faire naitre par exemple « la déferlante Diomaye attendue » ?

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Quémandez le programme !

De quoi avons-nous entendu parler lors de cette campagne électorale fast-track ? Du protocole du Cap Manuel, du brouhaha fait par le candidat-fantôme qui depuis le Qatar, nous tympanise de ses élucubrations, alors qu’il ne nous a jamais dit qu’il voulait présider ardemment à nos destinées, ce dont son papa rêve tout seul dans son sommeil, sans oublier la dualité de la coalition Diomaye, qui s’est étoffée de tous les « has been » revanchards, donnant à cette force qui se voulait nouvelle, une allure de déjà vu, à savoir la propension de notre classe politique à toujours être en position gourmande de se partager le gâteau, pardon, le gaz et le pétrole…

Oui, on a beaucoup entendu les misères faites au candidat du pouvoir sortant par des hommes qui ont peur de faire partie du pouvoir sorti, ces hommes du gouvernement de Mermoz, comme on les appelle… Leurs manœuvres ont vampirisé l’expression de leur candidat, c’est bien dommage, pour tout le monde, bref, pourquoi avons-nous eu l’impression de quémander leurs programmes ?

Alors qu’il est clair que les foules qu’on voit lors des passages des caravanes politiques, ne se retrouveront jamais dans les urnes, nous sommes confrontés à ces paroles performatives, destinées à nous persuader de la réalité de leurs contenus, hurlées du haut des podiums par ces candidats rusés, qui affirment que tout sera plié en leur faveur dès le premier tour… Cela sans avoir à aucun moment proposé des programmes qui soient propres à réenchanter notre Sénégal, dont les populations ont surtout soif de concorde et de paix.

Si ces prédictions quasiment surnaturelles ne se confirmaient pas, imaginent-ils les dangereuses conséquences qu’en tireraient les partisans des vaincus ? Pouvait-on en 15 jours, faire de la monnaie, un thème de campagne électorale ? Suffit-il de présenter Diomaye Faye comme un stagiaire pour gagner des suffrages ?

Qui a entendu Aliou Dia du PUR, parler de ses réalisations qu’il a su faire dans d’autres pays et qui fonctionnent ? Qui a écouté les propositions de Boubacar Camara, et qui les a rapprochées de celles de Khalifa Sall, pour en fin de compte imaginer qu’entre tous ces hommes, il est possible de bâtir ensemble un nouveau Sénégal ?

Le secret des pays qui se sont développés réside dans les valeurs et vertus du travail, mais aussi dans l’affirmation fière et assumée d’un certain patriotisme, d’un engagement citoyen, et d’exigences civiques basées sur le respect des autres, le tout disposé dans un Etat égalitaire et méritocratique.

Ils ont omis de nous faire rêver…

Pourquoi tous ont été sourds à ce qui plombe vraiment le développement de notre pays ? Leur est-il insupportable de constater que des millions de jeunes ont les baskets à Dakar et la tête en Espagne, qu’ils ont besoin d’un mur pour tenir droit et pouvoir espérer que leur inactivité peut devenir espoir ? Il leur est par contre tout à fait insupportable de voir émerger des idées qui arrivent à convaincre la jeunesse que les opportunités sont ici, chez nous. Qui dit à ces jeunes que le continent qu’ils fuient, est la proie des puissances étrangères, justement parce qu’il a de la valeur ?

En vérité, c’est la crise du sens que traverse le Sénégal depuis plusieurs années qui explique notre crise économique et sociale, parachevée par la perte du sens de la parole publique. Laquelle n’a plus de sens ni de valeur. Ces hommes nous offraient, qui sait, de « Restaurer la promesse républicaine » et de proposer aux Sénégalais un « désir d’avenir ». Ces derniers le manifestent, ce désir, dans des réseaux citoyens qui appellent à ce partage de valeurs que leur intelligence les autorise à exiger.

Dimanche c’est cela qui se joue. Pas seulement l’expression dangereuse d’une colère aveugle qui nous propulserait dans une obscurité difficile à dissiper dans ce brouhaha doctrinal.

Qu’au moins, ils sachent préserver la paix… C’est trop leur demander ?

PAR JEAN PIERRE CORRÉA

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