f1 scaled

Facoly sans langue de bois

Allure toujours altière, charme toujours attirant, Facoly arrête toujours autant le regard que l’esprit. Et pour cause, sa plastique est aussi fascinante que l’est sa personnalité de femme sujet, de celle qui dit je, pour ne pas être assimilée à l’objet qu’est devenue la femme sous nos tropiques. Artiste au talent connu et reconnu, la Casamançaise d’origine et de coeur est une citoyenne du globe qu’elle trotte pour ses activités. Aussi est-elle ambassadrice du Sénégal dans son ancrage à ses valeurs axiologiques. Ses tubes qui s’écoutent et se dansent, sa casacité assumée, sa vie de femme moderne, son regard sur les problèmes qui assaillent le monde, Facoly sans langue de bois…       

facoly scaled

Parcourez svp en quelques étapes votre carrière musicale ?

J’ai d’abord débuté comme danseuse de ballet, mais toute petite j’aimais fredonner des chansons du répertoire national et international, c’est ainsi que je me suis rendu compte que je pouvais faire carrière dans la chanson. J’ai enregistré mon premier album version afro-acoustique «  »YOW LA DONE KHAR »  en 2010. Un album qui a reçu un accueil chaleureux auprès du public. Dans celui-ci, le titre YOW LA DONE KHAR m’a donné une place dans le paysage musical, le titre Show me the way (une reprise de feu Papa Wemba) m’a fait découvrir partout dans le monde et m’a permis d’accéder à des scènes de prestige ici, en France et aux États-Unis où chaque année, je me rends pour un concert. Aujourd’hui, j’en suis à 3 albums et plusieurs singles qui continuent de faire plaisir à mes admirateurs et aux mélomanes.

Pourquoi une si longue absence de la scène ? 

En 12 ans de présence scénique, si on comptabilise 3 albums et 4 singles, soit 7 supports, vous verrez que je suis l’ordre de temps de production, j’ai aussi beaucoup voyagé en Europe et aux États-Unis pour la musique, même si les tournées ne sont pas toujours annoncées dans la presse. Il faut aussi tenir compte de deux ans d’inactivité totale pour le spectacle du fait de la pandémie du Covid.

Quel sens donnez-vous à votre single qui signe votre retour ? 

Je ne parlerai pas de  retour, mais plutôt de suite logique dans la production, après la reprise des événements qui avait plombé les activités artistiques. Ce single permet aussi d’accrocher un public qui ne connaissait de moi que le registre purement casamançais. Si mon pays compte aujourd’hui 77% des moins de 35 ans, il nous appartient à nous artistes de leur servir les plats à leurs goûts, d’autant plus que nous nous ouvrons au monde en gardant notre identité.

f3 scaled

Des concerts ou des featuring  en vue? 

Bien sûr qu’il y aura des concerts en vue puisque chaque œuvre a besoin de restitution. Le public l’attendait et j’ai la chance de disposer de ma propre structure d’accueil, l’hôtel la Médina, qui présente un espace assez confortable pour la musique. Au-delà de ça, je prévois d’aller aussi en Casamance, en Gambie et aux États-Unis au mois d’août pour le traditionnel concert de la communauté casamançaise. Mon staff et moi travaillons aussi pour les scènes de Dakar et des autres régions.

Les tubes de « YOW LA DONE KHAR », « BABY BOY» , « CHERI » avaient bien cartonné, êtes-vous dans cette perspective d’apporter une nouvelle touche dans  la musique sénégalaise? 

Une nouvelle production est toujours liée à une nouvelle touche, même si on reste dans la logique du registre. J’espère bien que cette nouvelle production aura autant de succès que les précédentes, c’est mon souhait, car je bénéficie d’un public fidèle à qui je me dois toujours de faire plaisir.

Comment voyez-vous la gent féminine dans le milieu musical ? Avez-vous vécu des harcèlements d’hommes ? 

Les tentations et harcèlements ne sont pas une spécificité  du monde de la musique, on les trouve partout. En ce qui me concerne personnellement, je pense que l’attitude, le regard, le caractère sont essentiels pour stopper toute tentative de proposition indécente.

Ne vivez-vous que de la musique ou bien vous avez une ou d’autres activités ?

J’ai d’autres activités professionnelles, les difficultés que nous rencontrons dans la musique avec son corollaire hypothétique de rentabilisation ne permettant pas de garantir un confort. Certes des efforts sont consentis pour permettre de bonnes conditions de travail, mais le gros problème est le paiement aux titres de nos droits et qui est malheureusement récurrent. Je trouve d’ailleurs paradoxal de demander à un artiste des productions de qualité, tout en refusant de lui payer ses droits. Là-dessus, je vous renverrai à la fameuse phrase de Beaumarchais : Elle est certes attrayante la gloire mais n’oubliez pas que pour en jouir, la nature nous condamne à dîner 365 fois l’an.

En tant que fille du sud que pensez-vous de la  crise casamançaise? 

La crise n’interpelle pas que la fille de Casamance que je suis, mais tout Sénégalais. Je crois qu’il est temps que nous puissions jouir des opportunités de cette belle région, que nous vivons en paix et en parfaite harmonie. Le Sénégal est l’un des rares pays au monde où l’on s’adresse à son voisin en lui souhaitant (jàmm rek) la paix seulement à chaque instant.

Etes-vous engagée dans un organisme pour la paix et le développement de la région Sud ? 

Je suis engagé à toute cause pour le développement et l’émancipation de la femme, qu’elle soit de la Casamance ou d’ailleurs.

f1 scaled

Parlons d’actualité ! Que pensez-vous du phénomène Dubaï Porta Porty? 

 C’est par médias interposés que je suis au courant de cette affaire. Des compatriotes sont cités et l’État qui a un rôle régalien de protection de ses fils, doit agir et demander la création d’une commission d’enquête afin que pareilles déchéances n’arrivent plus à ses enfants. Le peu que j’en ai suivi me traduit la cupidité et la faiblesse de la femme prête à tout pour gagner de l’argent, mais aussi note l’esprit esclavagiste de certaines puissances arabes encore dans ce monde. C’est inacceptable.

Un petit message à vos fans? 

Je ne remercierai jamais assez mes fans, admirateurs et sympathisants pour l’affection et la fidélité dont ils ont toujours fait montre à ma personne. Pour eux, je me fais le devoir d’excellence pour toujours leur donner ce que de droit.

ANNA THIAW

 

A propos de Mohameth

Check Also

syyy

Biennale de Dakar: Oumou Sy dévoile son programme culturel

Son nom est un label, sa parole, une pédagogie stylistique. Aussi, s’entretenir avec Oumou Sy, …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Rewmi Actu

GRATUIT
VOIR