Le bras de fer entre l’exécutif et la majorité parlementaire franchit un nouveau cap. Lors d’un point de presse tenu ce lundi 19 octobre 2026 à Dakar, Ousmane Sonko, président du parti Pastef et de l’Assemblée nationale, a annoncé que les députés de sa formation ne voteront pas le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 en l’état. Pour lui, il n’est pas question que le groupe parlementaire serve de caution à un gouvernement dont les choix, selon sa lecture, feraient peser le coût de l’ajustement sur les populations. Sur ce, Ousmane Sonko a décidé de bloquer la loi de finances rectificative
Le principal point de crispation concerne les subventions aux produits pétroliers. D’après les chiffres avancés par Ousmane Sonko, l’enveloppe qui leur est consacrée passerait de 790 à 552 milliards de francs CFA, soit un recul d’environ 30 %. Une réduction qui, redoute-t-il, se traduirait mécaniquement par une hausse des prix pour les ménages. Le président de Pastef assure que rien n’oblige le pays à emprunter cette voie et que l’attention doit se porter sur les priorités des populations. Voter le texte, a-t-il martelé, reviendrait à se rendre complice des difficultés qui s’abattront sur les Sénégalais.
Il estime par ailleurs que le projet s’éloigne des orientations de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, et que l’adoption de la loi engagerait directement la responsabilité des députés devant les électeurs. Sur le FMI, son ton reste mesuré : il dit n’avoir rien contre cette institution, qu’il présente comme un partenaire.
La LFR s’inscrit dans le sillage de l’accord conclu le 1er septembre entre Dakar et le Fonds monétaire international, pour un financement de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 245 milliards de francs CFA, sur 36 mois. Le texte doit intégrer des mesures fiscales négociées avec le Fonds, qui figurent parmi les conditions préalables au programme. Le gouvernement le sait : un blocage parlementaire pourrait fragiliser un calendrier déjà serré.
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