Parrainages, Législatives, Bilan à la Sicap : Mamadou Kassé sans langue de bois

Invité à l’émission du « Grand oral » sur Rewmi Fm, le Directeur général de la Sicap SA et Président du Conseil départemental de Tambacounda, n’a pas raté l’opposition. Mamadou Kassé, s’est également prononce sur son bilan à la Sicap.

 Pouvez-vous dresser un bilan depuis que vous êtes à la tête de la Sicap SA ?

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Nous sommes dans la continuité. Il y a une histoire de la Sicap car cela fait des années que cette société existe.  Elle fait partie des sociétés parapubliques. Mais il y a aussi l’avenir de la Sicap que nous avons arrimé au projet des 100 000 logements. Nous sommes en train de peaufiner une stratégie pour les 20 000 logements sur les 100 mille.

Peut-on connaître l’état des lieux en ce qui concerne les 20 mille logements?

 Il faut prendre en compte le schéma classique du déroulement des projets. Il y a celui de Sicap Grand Mbao, Mbao 3, le projet de Liberté 3, mais surtout deux projets importants au Lac rose et Diass. La plus grande part de ce projet se fera dans ces deux zones.

Pour le loyer, il y a eu un aveu d’échec de Macky et les locataires sont ballottés.  Pourquoi c’est si compliqué?

Je pense que c’est juste un constat car le Président a légiféré pour une baisse et un suivi pour les consommateurs. Mais on ne lâche pas car il est en train de réguler davantage. Il y a l’offre et la demande. Il sait que pour des logements, il faut basculer ou réduire l’écart.  Entre ce qui n’est rare et cher, il faut une disponibilité. L’État va continuer ses efforts et d’ici 5 ans, il y aura des retombées.

Il y a pas mal de sociétés pour le logement. Y a-t-il une coordination entre ces structures?

Oui c’est vrai qu’il y a de la concurrence.  Et chacun travaille selon ses orientations. Il y a des directions dont celle de l’habitat et de l’urbanisme qui règle tout. Il y a aussi l’Agence qui gère les édifices publics. Mais en ce qui concerne les promoteurs, c’est lié au public. Il y avait les Hlm et la Sicap avec des segments avec une dose d’auto-construction. La demande était forte et l’appétit était là. Alors comme le secteur est ouvert, il fallait agir. Avec Wade, il y avait des promoteurs privés. En 2012, avec Macky Sall au pouvoir, il y a eu une ambition de réforme, avec les nouveaux textes et le Fonds de l’habitat créé etc.

Peut-on penser à une régulation avec la non maîtrise des contours?

Il y a des aspects conjoncturels, mais il faut avoir des solutions structurelles. Je sais qu’il veut trouver des solutions durables avec la construction en masse. Diamniadio est en train d’émerger et ce sera bien pour le Sénégal. Les questions d’habitats sont des cycles comme en France avec les bars et les tours qui explosent.

La question des pôles urbains comme Lac rose existent. Pourquoi pas une accélération de la cadence?

Le processus est en cours, alors il faut aussi savoir que rien ne se fait en un seul jour. Il faut savoir que nous avons une croissance et des effets tentaculaires, mais il faut aussi connaître les rouages et élargir l’assiette d’intervention. On a parlé du triangle Dakar Mbour Thiès. Il faut ouvrir avec d’autres palettes comme Diamniadio. Ce triangle est conçu, Diamniadio en est un épicentre. Il y a quelque chose à faire et il faut comprendre la multi modalité de cet espace. Wade avait l’idée mais sans la concrétiser. Il avait eu cette idée de revoir l’espace, déjà avec le fait de prolonger la Vdn. Il fallait construire une vision autour de cette idée, avec le port de Bargny, de Ndayane, le stade Abdoulaye Wade et Dakar Aréna etc.  Il faut ajouter les grands ensembles d’une vision. Je pense que l’aménagement du Lac rose a démarré et inscrit dans un programme comme Noflay.

Les matériaux de construction sont chers, alors cela peut-il avoir un impact sur la construction de ces pôles?

Une hausse des matières premières, c’est vrai que cela a un impact. La structure d’un prix dépend d’une logique. La valeur foncière grimpe. Alors le taux bancaire est en cause aussi et voir comment faire pour revoir les prix. La tonne de ciment est à 70 mille francs. Il y a eu la Covid aussi. Mais ces éléments seront intégrés dans les prochaines négociations.

À ces prix-là, est-ce qu’on aura des logements sociaux?

Le logement social est un logement accompagné. D’abord cela découle d’une vision et l’État a perdu quelque chose pour y arriver. Le principal souci des gens c’est la bancarisation. Soit les revenus sont irréguliers ou inexistants. Pour le cas d’un chauffeur de taxi, la Banque a un problème pour monter un dossier car les revenus ne sont pas fixes. L’État peut accompagner et voir comment appuyer les ménages. Il s’agit de donner une subvention indirecte pour faire une péréquation et aider à subventionner les sites. Aujourd’hui partir des prix pour critiquer le Président c’est faire un mauvais procès. Je n’ai jamais vu dans l’histoire de ce pays autant de soutien aux gens en ces périodes de hausse.

S’agissant des Locales, votre majorité  a-t-elle  été une réalité ?

Je remercie les populations de Tamba. Nous étions les mêmes personnes à se faire face. J’avais une mission et un challenge à réaliser pour Macky Sall. Il fallait aussi jauger la cote de popularité. Alors il y a les attentes des populations. Il y a autant de projets, dont l’éducation et un grand chantier à mettre en place. Il faut donc ériger un plan de développement. Il faut un développement cohérent et camper des dividendes au programme de développement du pays.

Il y a eu des divisions lors des élections locales et Macky a initié des missions de renonciation.  Avez-vous fumé le calumet de la paix ?

Je ne pense pas qu’il y ait eu des divisions intenses, il y a eu de l’adversité mais pas d’animosité. Souvent les gens des franges qui assurent tout au niveau local sont proches. Ce qui les unit est plus important. Je ne peux pas avoir de problèmes qui ne puissent pas trouver de solution.  La politique reste aussi la politique et il y a une jeunesse qui est derrière nous et tape aux portes et met la pression.  C’est cela notre force de la coalition avec une expertise, la sagesse et la jeunesse. Il s’agit des échéances nationales où l’intérêt personnel ne doit pas primer. Donc il faut un dépassement et amorcer le grand virage pour notre démocratie.

Vous avez perdu la mairie, cela ne fragilise pas vos positions face à l’opposition ?

Non du tout, c’est un élément du Ps qui a créé sa propre liste. Pour les résultats globaux, il faut savoir qu’il faut un vainqueur et un vaincu. Ce qui n’est pas un fait, c’est que l’opposition contrôle certes des villes mais aussi reste minoritaire.  Il y a des espaces qui sont dans l’escarcelle de Benno et il faut s’en féliciter. A Dakar, c’est vrai que nous avons perdu, mais en 2014, nous avions gagné Yoff. Nous restons largement en tête. Il a une majorité au niveau de l’Assemblée nationale.  Pour Ziguinchor, cela n’a jamais été dans la poche.

Le Ps à Tamba fait face à une fronde, pensez-vous à un divorce ?

Non pas du tout. Dans tout compagnonnage, il y a eu un divorce à un moment donné. Je ne peux faire de l’immixtion dans la gestion interne des partis. Il y a des problèmes dans tous les partis.  Le Ps est un acteur majeur dans la coalition Bby.

Il y a cette augmentation du nombre de députés. Est-ce utile ?

La démocratie est le fonctionnement de l’Etat au bénéfice des populations et a un coût. Il faut aussi que cela soit cohérent avec les réformes. L’argument pécuniaire n’est pas toujours le bon car il est populiste. Il faut aussi savoir que le nombre de départements a augmenté.  Pour l’Assemblée, je crois que toute institution n’est que le reflet de ce qu’elle occupe et avec une personne qui l’incarne. Il faut une réflexion commune afin que les choses évoluent. L’Assemblée est un pouvoir utile aussi car tous les actes ne peuvent pas être pris comme ça. Elle contrôle l’action du gouvernement.

Comment la majorité compte aborder les Législatives ?

Il y a différentes étapes avec la collecte des parrains. Dans plusieurs localités, il y a eu des avancées. Les collecteurs délégués ont déposé avec des signataires qui dépassent le quota demandé. On a eu la pression de nos militants et cela est aussi un bon présage.

Il y a eu une polémique avec la CEDEAO qui vous avait enjoint d’éliminer le parrainage ?

Je me demande où était la Cedeao quand le Sénégal construisait sa démocratie ? Le Sénégal doit faire évoluer sa démocratie et elle doit être pionnière et la Cedeao devrait venir ici et prendre des exemples plutôt que de donner des leçons. Nous étions confrontés à de véritables problèmes qui étaient de nature à vouloir plomber notre démocratie. C’est dire qu’il y a un manque de sérieux. Nous avons une pléthore de partis. Il faut un filtre technique. Il faut être capable d’avoir ces signatures, sans quoi, cela est un vrai problème. Le parrainage est important et Macky Sall a dressé un cadre pour le dialogue. Des gens n’ont pas voulu dialoguer et ont opté pour la politique de la chaise vide. Pourquoi négocier tout le temps. Le Sénégal a toujours organisé des votes et des résultats réguliers et nous sommes une démocratie majeure avec le concours des citoyens de la Cena, de la presse et de toutes les composantes de la société. Nous ne sommes plus une démocratie à recommencer. Nous sommes une démocratie peut être à parfaire. Alors trouver un filtre pour que les citoyens s’expriment librement fait partie des éléments qui consolident notre démocratie. La contestation est malhonnête de l’opposition. Au moment de contester, l’opposition collecte des signatures. Une histoire de double jeu.

D’aucuns disent que Benno risque de rafler pas mal de parrains ?  

Les citoyens sont libres de choisir. Sommes-nous dans une dictature ou dans une démocratie ? Il n’y a même pas photo. C’est de la concurrence et il faut s’organiser. La collecte est ouverte et si d’aucuns veulent des débats de salon et venir après se plaindre, il y a problème. Tout mon souhait, c’est que la majorité à laquelle j’appartiens ait le maximum de signatures.

Il y a eu du retard dans la nomination du Pm, malgré le vote de la loi ?

Il y a des prérogatives qui appartiennent au Chef de l’Etat. Nous lui faisons confiance par rapport au choix de la personne et du timing. Je n’ai pas de problème car c’est lui le capitaine. Il nomme qui il veut et nous l’accompagnons. Nous sommes à trois mois des nouvelles échéances et ce qui est sûr c’est que le dernier mot lui revient et il lui appartient d’en décider. Nous sommes au service du chef de l’Etat.

 

MOMAR CISSE 

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