Phénomène météo extraordinaire : le sang des glaciers
Phénomène météo extraordinaire : le sang des glaciers

Phénomène météo extraordinaire : le sang des glaciers

Sur certaines montagnes, l’épais manteau neigeux blanc peut parfois être recouvert de tâches rouges, donnant l’impression d’une véritable scène de crime en altitude. Ce phénomène naturel, à la fois météo et biologique, est en fait un signe très négatif sur l’état de santé des glaciers concernés.

La randonnée en montagne peut réserver des surprises sur certains massifs. Ces dernières années, les photos de neige rose, rouge, ou orangée prises sur les glaciers par les randonneurs, notamment dans les Alpes, se sont multipliées. Celle que l’on appelle « neige rouge », « sang des glaciers » ou encore « neige  » (en anglais), est effectivement une observation de plus en plus courante. Dans le passé, les alpinistes pensaient qu’il s’agissait simplement des dépôts de , un peu à la manière du sable du Sahara régulièrement transporté par les vents jusque sur les sommets montagneux.

Une neige rouge « vivante » et qui se déplace

Mais les scientifiques ont ensuite découvert que cette neige sang était en fait vivante. Il s’agit d’algues microscopiques, Chlamydomonas nivalis pour la plus courante, ou encore Ancylonema nordenskioeldii, qui apprécient les températures glaciales. Ce petit organisme végétal est rempli de caroténoïde, le même pigment rouge qui colore les , et les feuilles d’érable à l’. Ce type d’algue est également connu pour colorer de rouge ou de rose certains lacs et cours d’eau lorsque les conditions  sont adéquates.

Cette algue n’apparaît pas subitement, elle est présente sur certains glaciers tout au long de l’année. Lors de sa période de repos l’, elle est tout simplement invisible. Mais, dès que le printemps arrive, l’algue est capable de se déplacer avec l’eau des glaciers pour rejoindre une altitude qui lui convient : entre 3 000 et 3 700 mètres en général, mais certaines  sont également visibles en dessous de 2 000 mètres. Au contact des puissants rayons du , le pigment rouge s’active pour protéger l’algue de la brûlure : la  fait finalement office de crème solaire. L’algue se nourrit des minéraux présents dans le sol, et lorsque la neige recommence à tomber en grande quantité et que le soleil décline à la fin de l’été, l’algue se met à nouveau en période de repos, perd ses couleurs et se laisse enfouir sous la neige.

Une grande quantité de neige rouge est mauvais signe

Même si l’apparition de cette algue est naturelle, la  des neiges accentuée par le  semble la rendre de plus en plus visible : plus la neige fond et plus la  hivernale diminue, plus l’algue se propage. Cette neige rouge a ensuite pour effet de réduire l’albédo, avec jusqu’à 13 % de réfléchissement en moins. Comme la  est absorbée, et non redirigée vers le ciel, la fonte de la neige et des glaciers s’accélère. Le réchauffement augmente donc la quantité d’algues rouges présentes, et plus les algues se propagent, plus la neige fond.

Le « sang des glaciers » est très courant dans les montagnes de la Sierra Nevada en Californie, au Groenland, en Antarctique, mais aussi dans les Alpes italiennes, comme sur le glacier Presena. Tout comme le jus de tomate est capable de tâcher définitivement les vêtements, le « sang des glaciers » peut laisser des traces indélébiles sur le pantalon des randonneurs. Si chacun sait qu’il ne faut pas manger la neige en montagne, il faut encore moins se risquer à avaler de la neige rouge : les algues sont un puissant laxatif. La neige rouge est par contre consommée sans soucis par certains vers, , et 

 

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