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PROGRAMME ÉCONOMIQUE, QUESTION DE LA MONNAIE…: Pr Mounirou Ndiaye juge le programme économique des candidats à la présidentielle

Dans le « Grand Oral » de Rewmi Tv le Pr Mounirou Ndiaye a passé en revue le programme des candidats à la présidentielle. Selon lui, le programme économique n’a pas été au rendez-vous dans les différents programmes des candidats.

Comment analysez-vous le contenu des messages des candidats au plan économique ?

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 Ce qu’on attendait n’a pas eu lieu car le contexte nécessitait de leur part que le combat économique soit mis en avant dans les programmes. Même dans les émissions, l’aspect politique a été mis en avant et des candidats ne nous ont pas approché car nous aimerions les entendre. Il faut dire que le débat économique n’est pas bien animé.  

 D’aucuns ont parlé de la foire aux promesses et des pluies de milliards injectées dans les régions. Est-ce réalisables ?

 Ce que je constate c’est juste une rebelote ! C’est-à-dire les mêmes scénarios. On peut formuler des critiques sur la mobilisation de ressources. Des milliards annoncés par commune c’est le cas avec Idrissa Seck. J’ai entendu un autre parler de mobilisation de milliards dont Gackou avec 1600 milliards pour les jeunes et des chiffres. Nous sommes dans le même scénario et les programmes sont pauvres en matière de technique de mobilisation et qui ont fait défaut dans PSE.  

 On parle d’endettement et des difficultés.  L’économie est-elle sous vitaminée ou sous perfusions ?

 L’économie du pays est une économie qui est plus que sous perfusion. En 2005 on a eu la stratégie de croissance accélérée. On est passé à une moyenne de croissance de 5,5% en 95 et 2005. 

En 2005 on adopte la SCA et on passe à une moyenne de 3%. On passe de 5% et on va à 3%. C’est un  problème. La phase 1 du PSE, avec le PAP1 (2014 -2018) a mobilisé près de 5600 milliards pour un cumul de croissance de 29% sur 5 ans. Ce qui prouve que la production est faible. En chine c’est à 70%. Ici la capacité de créer des sous est faible. Il faut voir comment les choses marchent et éviter le laxisme. La situation est grave. On est plus que sous perfusion et celle-ci ne nous permet pas de nous réveiller. 

 On a entendu des promesses et que ce pays, c’est une pluie de milliards qui nous attend. Le prochain président aurait-il des des difficultés économiques ?

 Actuellement cette situation économique est catastrophique et autant Macky a fait des infrastructures et des résultats, autant les anticipations n’ont pas été nécessaires. Nous sommes 18 millions de personnes et 900 mille ménages pauvres. C’est injuste et vous l’avez constaté avec les jeunes qui prennent des pirogues. En 2023, 186 mille jeunes sont allés dans les côtes européennes. Dans la filière Nicaragua on parle de 10 mille jeunes aux Usa. Ils sont en campagne électorale mais le lendemain sera pire.  

 Que faut-il faire ?

 Au Sénégal nous avons 3 problèmes. Il y a les lobbies, la corruption et la concussion. Un système d’échange de faveur et on joue à limiter le potentiel d’encaisse publique. Le budget est anéanti car on ne sait pas sur quelles bases faire des faveurs fiscales. Les ressources ne sont pas bien réparties et les subventions n’arrivent pas. Il y a des insuffisances partout et l’État n’a pas de marge de manœuvre. Nous avons des liens de coopération défavorisés et des lobbies internationaux.

Prenons la pomme de terre et l’oignon : le Sénégal importe du blé de la Russie etc. Mais ils sont organisés au plan international. Si jamais le Sénégal demande à l’ISRA de lui trouver une formule à base de Niébé, de riz et de proposer cela aux sénégalais, pour arrêter le blé,  ils feront tout pour que ces choses ne puissent pas se réaliser. Car ils sont bien organisés. Et le système sera biaisé. La Hollande a 41 mille km et comment peut-il approvisionner le Sénégal en oignon. Il y a la profondeur du problème et on ne la règle pas.  

 Que dire sur les propos de Macky qui dit que les changements dans les accords établis seraient préjudiciables dans l’économie nationale ?

 Lui il pense que ce qu’il a négocié, il n’y a pas mieux. Le président, il faut prendre au sérieux ce qu’il dit. Il faut le prendre au sérieux et ne pas commettre l’erreur car il est à un certain niveau d’information.

Dans le secret des présents il faut faire attention. Le mot désastre, moi ça me gêne. On va manœuvrer et voir la possibilité et je le comprends mais je ne pense pas que le fait de renégocier un contrat puisse mener au désastre. Il faut savoir que les contrats ont été signés et l’affaire Thierno Alassane Sall nous montre que tout est possible.

 Que dire du débat sur la monnaie dans la campagne.

 La position sur cette question je l’ai abordée dans mes ouvrages et j’ai dit que le débat sur le Franc CFA est un débat houleux, avec des tiraillements. Mais il faut passer à cette étape car il existe un certain charlatanisme. On nous parle de stabilité, on voyage tranquillement etc. mais c’est faux. L’euro fort fait que le dollar est faible. Je suis en phase avec Diomaye et les ajustements sur le discours de Sonko car la monnaie sous régionale n’a pas été bien débattue. Nous sommes en train de voir cette question et avec notre économie aussi on le dit. Nous prenons la responsabilité de dire que ce que nous disons on l’assume. L’Italie avait une monnaie faible mais pris par des sénégalais aussi. L’Italie n’était pas pauvre.

La France profite du franc CFA. Et est-ce que la France est intéressée à ce qu’on quitte cette zone monétaire. Ils sont obligés aussi. Dans ce pays, Auchan et Total sont là. Ils peuvent avoir l’intention de nous mobiliser et on ne peut pas dire que la France n’a pas d’intérêt. S’il faut être clair et on ne peut pas me dire que l’exercice de l’Uemoa, du Nigéria, du Ghana etc. nous échappe. Allez à Casablanca, l’hôtel le plus cher c’est à 48 000 et pas moins cher à Dakar.

 Pr Khalifa qui a pris le contrepied de la réforme n’est pas à ce niveau ?

 Il y a les autres et nous. Khalifa Sall, je l’ai entendu et dans les programmes politiques, on sait que ce sont les candidats qui de manière claire on dit qu’ils vont enclencher un processus vers une autonomie réalisable. Il faut un timing car le PUR envisage dans le cadre de la Cedeao et aller négocier le processus. Diomaye dit la même chose. Idy et les autres nous les avons entendus.

Eux nous parlent du statu quo et veulent y rester. Mais quand même, pourquoi cela. Ces gens s’opposent aussi. Macky est fan de cette logique avec l’Eco qui était prévue dans l’espace Cedeao, en juin 2020. Cela a été court-circuité pour les intérêts français. Il faut être d’accord car avant tout mais je ne suis pas de ceux qui disent que la France doit dégager car c’est un partenaire privilégié. Mais il faut une alliance gagnant gagnant. L’économie monétaire a créé des problèmes et dès que Kadhafi l’avait dit, il a été liquidé. On parle d’Éco et les conséquences ont suivi. On peut négocier dans ce sens-là et leur montrer que nous avons grandi. Des pays ont leur monnaie. Le Maroc a le Dirham, d’autres pays aussi. Aujourd’hui, on parle de brouette de billet etc mais les sénégalais vivent mieux que les autres. Si vous prenez le Ghana mais tout est local. Nous on prend le plat déjà tu consommes 2 millions de tonnes de riz, l’huile de Russie etc. on ne peut pas rester à le dire. On doit passer à un contenu local et de nos consommation avec cette monnaie.

 Mais est-ce qu’on maîtrise le niveau de la monnaie pour créer une monnaie plus garantie ?

 Les gens créent des cloisons. Ces gens-là ce qu’ils disent sur la monnaie, si la France avait joué sur la coopération et puis être développée. La coopération entre les pays de la Cemac mais c’est quoi notre commerce avec l’Europe est là.  Les gens doivent régler des préalables mais il faut le faire. Avec le CFA il y a un délit d’initié. Des pays qui savent avant nous ce qu’il adviendra de notre monnaie. Il n’y a pas de système bancaire en Afrique et qu’il appartient à qui. Mais elle a disparu. Le réseau est détenu par les anglo-saxons. Il faut un secteur privé qui maîtrise la finance.

L’Opep avec 59% du pétrole mondial manipule les pays comme il veut. Le cacao est produit à 75% en Afrique. Pourquoi on n’a pas de cartel? Il faut une maîtrise sur la production. La question est d’avoir un système bancaire présent et financier un secteur privé vers une masse critique pour la marche vers l’industrialisation et régler cette question. 

 La question de la pêche était au cœur de la campagne. Les accords de pêche aussi ont été une question ?

  Oui car je considère que les candidats sont unis sur la Question et réhabilitent l’emprise du pêcheur dans la mer. L’émigration clandestine c’est aussi les pêcheurs qui sont impliqués. Si le pêcheur de Fass Boye a pu faire 45 jours en haute mer c’est grâce aux pêcheurs un bateau avec 111 personnes mais la moitié est morte. Les pêcheurs s’y engagent car le Sénégal a des côtes poissonneuses  mais il existe une emprise. Des accords de pêche lamentables. Et des tonnes de poissons vendus à 59 mille FCFA.

Des poissons de bonne qualité. Mais c’est inédit et comment les autorités sont laxistes. Vous avez une mer et voir les accords mais faites-le. Il existe aussi des problèmes de subvention aussi. Il faut des ajustements et les  candidats ont raison et il faut réhabiliter cette emprise. Il faut quand même payer ou piller. Piller ou payer. Les taxes doivent être élevée et dédommager les autres.

MOMAR CISSE

 

 

 

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