Trois associations du secteur privé sénégalais, dont l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS), l’Association des commerçants et industriels du Sénégal (ACIS) et le Collectif des entreprises et acteurs du transport et de la logistique du commerce sénégalais (CEATLCS), ont dénoncé, le 7 octobre 2026, à Dakar les « surcoûts » portuaires, la concurrence déloyale et le déficit de dialogue avec l’État.
« L’entreprise sénégalaise est prise en étau par plusieurs fléaux », a déclaré le secrétaire exécutif de l’UNACOIS, Ousmane Sy Ndiaye, lors d’une conférence de presse.
Les trois organisations ont notamment dénoncé l’entrée de produits « subventionnés et sous-facturés », le développement d’un « commerce non contrôlé » et les positions dominantes de certains grands groupes étrangers, qu’elles accusent de fragiliser les PME sénégalaises.
« Ce n’est pas de la concurrence. C’est une destruction organisée de notre tissu de PME », a soutenu M. Ndiaye.
Elles ont également réclamé des mesures de sauvegarde pour les entreprises locales ainsi que la création d’une autorité indépendante de régulation de la concurrence, dotée de pouvoirs de contrôle et de sanction.
Les coûts portuaires dans le viseur
Les trois organisations ont également dénoncé les tarifs de manutention et de stationnement au Port de Dakar ainsi que les délais de traitement des conteneurs. « L’activité portuaire devait être notre principal atout de compétitivité. Il est devenu le principal facteur de surcoût et de non-compétitivité de l’économie sénégalaise », a déclaré Ousmane Sy Ndiaye.
Elles ont notamment demandé « un audit général et indépendant des tarifs des services portuaires », le plafonnement et la publication officielle des tarifs ainsi qu’une réforme de la gouvernance portuaire.
Selon M. Ndiaye, les coûts logistiques et parafiscaux peuvent atteindre 45 % de la valeur des marchandises.
Le secteur privé réclame un dialogue régulier
Selon l’APS, les organisations ont par ailleurs, déploré le manque de concertation avec les pouvoirs publics. « On décide sans nous associer », a regretté le secrétaire exécutif de l’UNACOIS.
Il propose aussi la tenue de rencontres trimestrielles entre l’État et le secteur privé, avec un mécanisme de suivi et d’évaluation des décisions. « Le secteur privé national ne demande pas l’aumône. Il ne demande pas non plus de subventions », a-t-il insisté, affirmant que ces revendications visent à préserver les entreprises et les emplois.
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