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Alioune Tine : « Le Mali et toute la sous-région vont au-devant d’un danger qu’ils n’ont jamais connu »

L’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali, Alioune Tine, a alerté, lundi, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur les violences perpétrés par les groupes extrémistes violents dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. 

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Dans les régions du nord du Mali, la situation est marquée par l’activité des groupes extrémistes violents, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et l’État islamique du Grand Sahara, a indiqué l’expert lors de la présentation de son rapport au Conseil des droits de l’homme.

Ces groupes se sont attaqués aux populations civiles, aux travailleurs humanitaires ainsi qu’aux forces de défense et de sécurité maliennes. Ils ont également extorqué des biens aux populations, par le biais du prélèvement forcé dit de la zakat.

Dans le centre du Mali, les groupes extrémistes violents ont attaqué la population civile dans plusieurs villages, a poursuivi M. Tine. Ils ont également imposé des blocus sur certains villages, ce qui n’a fait qu’aggraver les conditions de vie des populations, a-t-il insisté.

Les groupes extrémistes violents ont continué à étendre leurs activités dans les régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso, a poursuivi l’expert. Cette extension fait craindre un risque d’escalade des attaques contre les civils dans des régions jusqu’ici relativement épargnées et vers les pays limitrophes, a-t-il ajouté.

M. Tine a réitéré, comme il l’avait déjà indiqué dans son précédent rapport, que le Mali et toute la sous-région vont au-devant d’un danger qu’ils n’ont jamais connu. Il a néanmoins salué diverses initiatives qui ont été prises par les autorités maliennes et leurs partenaires pour améliorer la protection des civils, notamment les initiatives de réconciliation, dont certaines auraient abouti à des accords de paix entre des communautés autrefois en conflit.

L’Expert indépendant s’est dit profondément préoccupé par la détérioration continue de la situation des droits de l’homme en général au Mali. À titre d’exemple, il a fait observer qu’en 2020, la Division des droits de l’homme et de la protection de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) avait documenté 1.910 violations des droits de l’homme ayant entraîné la mort de 973 personnes, soit une augmentation de 48,86% par rapport à 2019.

Plus récemment, au moins 19 civils (tous des hommes) auraient été tués et plusieurs autres blessés lorsqu’une frappe aérienne, le 3 janvier 2021, a touché un mariage dans le village de Bounti, au centre du Mali. Au regard de la gravité des allégations, une enquête s’impose, a dit M. Tine.

L’Expert indépendant a indiqué avoir aussi été informé d’une récurrence préoccupante des cas de violence contre les femmes : au moins 1.090 cas de viol collectif ont été rapportés dans les régions de Mopti, de Gao et de Tombouctou depuis le début de l’année 2020, a-t-il précisé. D’autre part, au moins 1.261 écoles restent fermées en raison de l’insécurité, principalement dans le centre et le nord. L’avenir des enfants du Mali et du pays tout entier est en train d’être hypothéqué, s’est inquiété M. Tine.

Enfin, l’Expert indépendant a regretté qu’aucun progrès significatif n’ait été observé dans les poursuites judiciaires des auteurs présumés des graves violations des droits de l’homme commises au cours des deux dernières années dans le cadre des violences intercommunautaires dans la région de Mopti, ni s’agissant de violations attribuées aux forces de défense et de sécurité maliennes, impunies à ce jour.

Le Mali été secoué par une crise sociopolitique qui a culminé en un coup d’Etat, le 18 août 2020, ayant ouvert la voie à une transition politique. Le pays, qui rencontre de réelles difficultés en lien avec sa situation sécuritaire et le contexte de lutte contre le terrorisme, demeure malgré tout déterminé à respecter et à faire respecter les droits de l’homme sur l’ensemble de son territoire, a déclaré la délégation malienne au Conseil des droits de l’homme. Bamako sollicite, pour cela, un accompagnement accru et une écoute plus attentive de la communauté internationale.

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