Révision exceptionnelle des listes électorales
Révision exceptionnelle des listes électorales

Blocage des cortèges d’opposants et guerre des chiffres: Experts et analystes expriment leurs craintes

La collecte de parrains reste mouvementée pour des candidats issus de l’opposition.  Leurs cortèges sont le plus souvent bloqués dans les régions. Un jeu du chat et de la souris. A cela s’ajoute les « millions de parrains » brandis çà et là. Une attitude qui sème le doute dans l’esprit des électeurs.  Des experts électoraux et des analystes ont attiré l’attention. 

 La présidentielle aiguise bien des appétits. Les candidats sillonnent le territoire  afin de créer ce lien entre les citoyens. D’autres tentent vaille que vaille dans la stratégie définie,  de se faire connaître d’être « plus proche des électeurs. » Histoire d’être élu au soir du 24 février 2024. Dès lors, ils sont nombreux dans ce cadre à choisir le parrainage citoyen. Une tâche loin d’être facile.

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A l’image de Khalifa Sall dans le cadre de sa tournée Motali Yéné », sa caravane est bloquée par les pandores dans le Fouta au motif de « trouble à l’ordre public. » Anta  Babacar Ngom candidate à la présidentielle aussi en avait fait les frais dans  le département de Kolda.  Son cortège a été gazé et ses militants arrêtés. Idem pour Mimi Touré ou encore Malick Gackou du Grand parti où le convoi avait été bloqué à l’entrée de Matam. Le Préfet s’étant précipité pour sortir un communiqué « interdisant » les convois. Cet état de fait est loin d’être du goût du Pr Babacar Gueye du Groupe de Recherche et d’Appui conseil pour démocratie Participative et Bonne Gouvernance (Gradec).  Il estime que les cortèges d’opposants bloqués est un vide juridique qui fausse le débat.  Dans le cadre de la mise en œuvre du programme « NIETTI ELECTIONS » financé par l’Agence Internationale des Etats-Unis pour le Développement (USAID) pour un processus électoral, crédible, transparent, apaisé et inclusif, le National Democratic Institute (NDI), en partenariat avec le Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Elections (COSCE), a organisé un panel sur les défis de la jeunesse face à la prochaine élection présidentielle. 

Une occasion saisie par Babacar Fall du Gradec pour aborder la question du parrainage. Il note qu’il existe un vide juridique dans le cadre du parrainage.    « C’est ce qui est à l’origine de ce problème. Si on avait prévu dans les dispositions du code électoral, que les candidats qui sont là pour le parrainage des populations  se déplacent et puissent circuler librement. Il existe donc un vide juridique qui ne le permet pas. Il appartient aux autorités de faire preuve de mansuétude et de souplesse à l’égard  de ces candidats qui ont besoin d’aller vers les populations pour obtenir leur parrainage et de valider leur billet », a révélé l’expert électoral. Pour l’analyste politique Mamadou Sy Albert, l’accès reste difficile pour les candidats de l’opposition. 

A l’en croire, c’est de l’entorse à la liberté de circuler. « C’est inacceptable car c’est une liberté acquise. Les autorités administratives dans les régions et les Fds dans les régions n’ont pas une culture démocratique comme à Dakar. Ici c’est une grande vieille et les gens sont habitués à gérer les meetings. Pas comme dans les régions et donc il existe un problème de choc et peut sentir une menace. Mais cela n’est pas une excuse et donc il faut des mesures pour encadrer les candidats car on ne sait pas ce que demain sera fait. Il ne faut pas privilégier le candidat de Bby », souligne l’analyste. 

« Eviter le piège des chiffres », selon Moundiaye Cissé 

Au courant de la rencontre, Moundiaye Cissé de l’Ong 3D, a attiré l’attention des candidats sur les doublons. D’où le fait d’éviter le piège des chiffres. »  Dans un contexte où le camp du pouvoir  bande les muscles et se targue d’avoir plus de 3 millions de parrains, ce dernier a expliqué que « ce qui risque d’arriver c’est que les candidats  feront face aux doublons internes. » Car dit-il «  les militants font du remplissage et les doublons internes sont les plus dangereux. Car, ils ne sont pas régularisables et ces doublons internes sont considérés  comme des fautes politiques. « Un candidat doit pouvoir mettre un parrain une seule fois car il a la possibilité de vérifier cela. Cela rend la tâche plus difficile pour le candidat », fait-il savoir.  S’agissant des chiffres liés aux parrainages, l’on semble assister à une guerre de part et d’autre.

Pour Moundiaye Cissé, qu’un candidat pouvait se limiter à avoir le nombre de parrains requis et une réserve dont une dizaine de milliers. « Pourquoi chercher dix fois le nombre requis ? Ils courent le risque de tomber dans leur propre piège », a averti M. Cissé. Sur ce point le nombre de parrains influence les électeurs mais note que chaque camp fait dans la manipulation. « Là il y a le hold-up et c’est bien possible et c’est un risque pour Bby qui ne doit pas tomber dans ces travers. Les chiffres ont le pouvoir d’influence. Quand l’opinion y adhère, cela risque d’être validé même pour l’administration car des partis sont très doués et cela peut dénaturer le processus donc sans une transparence », a-t-il soutenu.

MOMAR CISSE

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