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Dakar, étouffé par la malbouffe

Il est 20h00 nous nous rendons à Grand-Yoff dans un fast-food non loin de la brioche dorée.

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La première chose qui attire notre attention c’est la foule qui fait la queue devant la porte. L’odeur du kébab nous titille les narines. Le caissier assis à l’entrée avec sa machine à tickets de caisse tend sa main à chaque fois  pour récupérer l’argent sur une petite ouverture en bas de la vitre qui sert de barrière entre lui et les clients. Apres 10 minutes d’attente, c’est notre tour. Nous avons commandé un tacos viande, et à présent, nous nous dirigeons vers une salle assez bien aménagée où il y’avait une télé et des chaises. Je remets mon ticket au vendeur qui me demande d’attendre mon tour.  A côté de moi un homme dans les quarantaines a commandé un double burger avec comme accompagnement, ketchup et mayonnaise. Durant tout  le temps que je suis restée à attendre ma commande,  je n’entendais que : « mon sandwich ou ma pizza n’est pas encore prêt ? ».   

On aurait dit que tout Dakar ne mangeait que cela.

Cette jeune dame qui a accepté de se confier préfère garder l’anonymat. Sourire aux lèvres, les vingtaines dépassées, elle est vêtu d’un jean noir et d’un haut bleu ciel. Une habituée des lieux.

« Je viens ici tous les jours à la même heure pour mon repas du soir » lance-t-elle. Dans la plupart des familles à Dakar, seul le repas de midi est assuré. Elle est dans cette situation.  « Je n’ai pas vraiment le choix, chez nous chacun gère son dîner » confie-t-elle. Elle poursuit en disant : «  Je sais que cette nourriture peut avoir des conséquences sur ma santé mais bon Dieu est grand ».

Si les uns le font par manque de choix, les autres le font  par plaisir.

Manger un bon burger ou de la viande grillée le soir est pour eux une façon de sentir qu’ils ont bien mangé.

Plus loin, nous apercevons un autre client. Badara Sylla, tee-shirt rouge, pantalon beige, sachet bleu clair à la main.

Selon lui, il n’y a rien de tel qu’un bon burger avec beaucoup de mayonnaise des frites et du piment pour une nuit paisible. «  Si je ne mange pas de burger la nuit, c’est comme si je n’avais pas mangé du tout » dit-il.

Cependant, les diététiciens pensent autrement, cette malbouffe est la porte d’ouverture de beaucoup de maladies surtout l’hypertension artérielle. Des campagnes de sensibilisions sur ce sujet doivent être au programme.

Rappelons que la malbouffe désigne une nourriture considérée comme mauvaise, tant au niveau de la qualité des ingrédients que de sa valeur nutritionnelle. C’est est un phénomène très présent dans la ville de Dakar.

Du fait de sa forte teneur en calories, en  sucre, en gras ou encore en sel, les professionnels de la santé nous alertent.

La malbouffe favorise le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Dakar n’en peut plus ! Des gargotes, des fast-foods, et des restaurants qui poussent comme des champignons. Parfois ni autorisation d’ouverture ni même un certificat de salubrité, des personnes se permettent d’ouvrir sans une once d’hésitation leurs « fast-foods » ou leurs « restaurants ». Et le contrôle de ces lieux est bâclé voire négligé.

Depuis quelques années seulement, la capitale sénégalaise est devenue un lieu où trouver de la nourriture saine est difficile.

Des gargotes et même des restos qui se disent luxueux  concoctent des repas qui peuvent nuire à la santé de la population.

Ce fléau dans nos assiettes n’a pas l’air d’inquiéter la population. Les repas en famille restent le meilleur moyen d’éviter la malbouffe.

Prenons soin de notre santé, elle n’a pas de PRIX !

Fatima B. Ndiaye

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