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Mausolées de Tombouctou: le Mali et l’UNESCO reçoivent une réparation symbolique

Près d’une décennie après la destruction des mausolées de Tombouctou, le Mali et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) ont reçu, mardi, une réparation symbolique.

Inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO, les mausolées de Tombouctou avaient été saccagés en 2012. Lors d’une cérémonie, la Cour pénale internationale (CPI) a remis un euro symbolique au gouvernement malien et à l’UNESCO pour le préjudice subi par le peuple malien et la communauté internationale dans son ensemble, du fait de la destruction des biens culturels dans cette ville.

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La Procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a participé à cette cérémonie marquant cette réparation symbolique. Elle y a souligné l’importance des réparations dans les processus judiciaires et dans la reconstruction sociale.

Ce geste intervient en application de la condamnation par la CPI d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi pour sa responsabilité dans la destruction de plusieurs biens culturels de Tombouctou. Entre juin et juillet 2012, durant l’occupation du nord du Mali par des groupes armés, plusieurs mausolées ainsi que la porte sacrée de la mosquée Sidi Yahia avaient été anéantis, suscitant l’émotion de la communauté internationale.

Selon Mme Bensouda, les générations futures doivent être conscientes que « tous les peuples sont unis par des liens étroits et que leurs cultures forment un patrimoine commun ». « Ces générations doivent savoir que l’impunité n’est pas une option et que lorsque l’interdit est violé, les auteurs doivent être poursuivis et jugés, les victimes doivent être réparées et leur dignité restaurée », a déclaré la Procureure.

« Le patrimoine malien millénaire a été pris pour cible parce qu’il incarne l’âme vive d’une société et d’un peuple. Face au fanatisme, les Maliens ont donné une leçon de tolérance, de dialogue et de paix », a, pour sa part, déclaré Audrey Azoulay, la Directrice générale de l’UNESCO.

« Aujourd’hui, des atteintes continuent d’être portées au patrimoine culturel. Au Sahel mais aussi en Iraq, en Syrie, au Yémen, en Libye. Nous devons donc continuer cette mobilisation mondiale qui peut prendre modèle sur ce qui est fait au Mali », a ajouté Mme Azoulay.

Sur la saisine du gouvernement malien, la CPI avait ouvert une enquête pour crime de guerre. Le 27 septembre 2016, Ahmad Al Faqi Al Mahdi a été reconnu coupable et condamné à neuf ans de prison et au paiement de 2,7 millions d’euros au titre des réparations aux victimes, parmi lesquelles la communauté de Tombouctou, la population malienne et la communauté internationale, mobilisée dans la reconstruction du patrimoine, menée à bien en 2015.

Les réparations individuelles et collectives ont débuté en janvier dernier, en application des décisions de la CPI. Considérant la valeur inestimable et universelle des édifices détruits, la Cour dont le siège est à La Haye, aux Pays-Bas, a ordonné que soit reversé un euro symbolique respectivement à l’État malien et à l’UNESCO.

L’agence onusienne s’est mobilisée avec le soutien de l’Union européenne et de la Suisse pour la reconstruction des mausolées anciens, la réhabilitation des trois mosquées de Djingareyber, Sankore et Sidi Yahia, et la sauvegarde des manuscrits anciens, dont près de 4.200 avaient été brûlés ou volés.

Cette action de l’UNESCO aura également été rendue possible grâce à l’étroit partenariat avec les autorités maliennes, au concours des communautés locales et la corporation des maçons de Tombouctou et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali(MINUSMA).

Le chef de l’État malien, Bah Ndaw, a souligné que la mobilisation mondiale sur ce sujet avait permis de faire avancer le cadre juridique de protection, avec l’inclusion de la protection du patrimoine dans le mandat de la MINUSMA – une première dans l’histoire des missions des Nations Unies de maintien de la paix. Cette action a également été décisive pour la prise en compte de la culture comme un enjeu de sécurité, avec l’adoption historique de la résolution 2347 par le Conseil de sécurité de l’ONU en mars 2017, relative à la protection du patrimoine. 

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