Jaaw Ketchup, serial rieur, l’humoriste qui instruit par le rire

Comme le ketchup qui n’arrête de couler,  Jaaw est un heureux boute-en-train, un sac à paroles, qu’on n’arrête pas quand il prend le pouvoir. Et il l’a ce pouvoir de faire rire, mais comme Molière, d’instruire par le rire. Donc qu’on rit jaune ou aux éclats, Jaww Ketchup ne nous indiffère pas. La preuve de son dual personnage dans cet entretien à bâtons rompus où l’artiste montre qu’il est homme de son temps. Lever de rideau…

 

Comment êtes-vous devenu humoriste, avez-vous suivi une formation ?

(Rire) Non, non !!! Je n’ai aucune formation. J’ai utilisé le compte Facebook de mon frère (son compte était Jaaw Ketchup) pour me moquer d’un lutteur. La vidéo a été virale…

Pourquoi cette voie comique ?

J’ai été pris dans la spirale des vidéos parodies. J’aime ça et avec les sollicitations et demandes de publicités, j’ai pris l’option de me structurer, d’être dans le formel.

Quel est votre parcours artistique ?

(Rire) Vous savez que je n’ai que 22 ans. J’étais au lycée quand je débutais les vidéos et donc mon expérience, je l’ai acquise dans la pratique de mon entourage d’artistes, comédiens et autres.

L’humour est-il inné ou acquis ? Est-ce possible d’apprendre à faire rire ?

Il faut avoir des prédispositions pour faire rire les gens. Même avec les techniques classiques du théâtre, ce n’est pas évident d’y arriver. Je dois une fière chandelle à mon grand-père, Cheikh Tidiane Diop [ndlr: Fondateur de la troupe Daray Kocc] pour ce don et cette envie de distraire.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans votre carrière ?

J’ai été le premier à faire des attaques où je disais ce que des millions de Sénégalais pensaient. J’ai eu beaucoup d’inconditionnels mais aussi de détracteurs qui ont cherché à bloquer mes comptes. Aujourd’hui, je suis bien entouré et réussis à mieux faire passer mes messages, même les plus difficiles. Aussi, malgré les nombreuses sollicitations, il m’est arrivé de décliner des contrats pour garantir ma notoriété envers ma communauté (plus de 2,5 millions tous réseaux) Influence rime avec confiance !

 Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

Ma communauté qui sourit! Les retours de mails et des messages d’encouragements de la part de mes fans ! Porter les messages à bon entendeur et voir les résultats à leur mine radieuse. Mais les hypocrites qui, derrière leurs sourires mielleux, cachent des critiques subjectives, me donnent le haut-le-cœur.

Que conseilleriez-vous à un jeune qui aspire faire de la comédie ?

De faire montre de patience, se structurer et chercher au-delà de ses limites.

On vous reproche des vidéos violentes, Etes-vous d’avis ?

Mes vidéos sont le reflet d’une réalité, de nos quotidiens ou du sentiment de ma communauté. Je ne participerai jamais à la dépravation des mœurs, mon rôle étant d’éduquer, d’inculquer des valeurs, en extrayant les vérités, qu’elles fassent bien ou mal. J’ai essuyé des représailles, mais la vérité a toujours triomphé.

Il se dit qu’entre Jaaw Ketchup et sa « muse », Atala Dabo, rien ne va plus. Qu’en est-il ?

(Rire) !!! C’est un sujet qui intéresse à ce que je vois.  A vrai dire, j’ai pris la responsabilité de me marier très tôt. J’estime que c’est essentiel, surtout quand on trouve son âme sœur. Le reste relève du cadre privé.

 Quels sont vos rapports avec Y’en a marre ?

Nous sommes différents ! Ils prônent la philosophie du Nouveau Type Sénégalais (Ndlr : NTS), à travers des activités de protestation (marches, boycott,…) Moi, je cherche à éveiller les consciences, à travers l’humour.

Quels sont vos projets ?

Réaliser une comédie musicale et c’est en cours, mais chut motus et bouche cousue (rires).

Vous vous auto-proclamez «Porte-parole du Peuple», pourquoi ?

L’engouement des Sénégalais depuis le début de mes vidéos en est la plus éloquente illustration. Le nombre de Sénégalais qui me suivent pour comprendre l’actualité et autres sujets délicats, est parlant. Ils comptent sur moi pour véhiculer leurs messages et être écoutés : une tâche lourde que j’assume avec honneur.

Les élections locales sont prévues en janvier 2022. Quels messages lancez-vous aux jeunes ?

Les jeunes doivent croire en eux et refuser la dépendance. Nous devons justifier notre immobilisme. Nous sommes une force souvent négligée par les politiciens. Il est temps d’agir et de se faire entendre. L’avenir nous appartient, auréolé des valeurs transmises par nos parents. Au début du mois de Ramadan,  j’ai créé «Médina Social» pour justement permettre à des groupes de jeunes de la commune de s’entraider via tout type de projet viable. Nos actions ramadanesques ont eu un retour positif et nous sommes dans ce sillage de soutenir quiconque qui croit en nous.

Que pensez-vous de « Kounkandé » qui a juré de «fendre » la mer le jour de la « Tamkharit » ?

(Chants) « kou kou kou kou Kounkandé » ! « Peulh bou kham ndoox manko soga guiss » ! (Ndlr : C’est la première fois que je vois un peulh qui parle de la mer en fin connaisseur) (Rires) !!! Le préfet lui a donné l’autorisation, on verra !

 

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