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"L’Iraq peut saisir l’occasion de rompre avec vingt ans d’instabilité et de fragilité"
"L’Iraq peut saisir l’occasion de rompre avec vingt ans d’instabilité et de fragilité"

Jeanine Hennis-Plasshchaert: « L’Iraq peut saisir l’occasion de rompre avec vingt ans d’instabilité et de fragilité »

Devant le Conseil de sécurité, jeudi, Jeanine Hennis-Plasshchaert, Représentante spéciale du Secrétaire général en Iraq, a appelé le nouveau gouvernement de ce pays à ne pas manquer une nouvelle occasion de rompre avec vingt ans de divisions, et à lancer des réformes profondes indispensables à la prospérité et à la stabilité nationale.

Dans un hommage émouvant, Jeanine Hennis-Plasshchaert a rappelé que près de 20 ans plus tôt, le Conseil de sécurité, peu après avoir adopté la résolution 1483 traçant la voie de l’après Saddam Hussein, avait créé la mission d’assistance de l’ONU pour Iraq en août 2003. Quelques jours plus tard, le Représentant spécial de l’ONU Sergio Vieira de Mello et 21 collègues perdaient la vie dans l’explosion d’une bombe au quartier-général des Nations Unies à Bagdad qui a fait aussi 150 blessés.

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« Bien qu’ils aient été victimes de la violence qu’ils s’étaient engagés à arrêter, notre travail s’est poursuivi », a-t-elle dit, confirmant que 2023, année de commémoration de l’attentat, offre une nouvelle occasion de replacer la situation actuelle de l’Iraq dans le contexte de son histoire, alors que « des décennies de troubles continuent d’avoir un impact sur le présent ».

« Il faudra du temps pour faire face à la fois à l’héritage du passé et aux nombreux défis du présent, quels que soient les dirigeants aux commandes », a-t-elle rappelé, soulignant qu’aucun gouvernement ne peut faire cavalier seul, et que cette tâche « reste la responsabilité commune des partis politiques et d’autres acteurs qui doivent donner avant tout la priorité aux intérêts du pays ».

Un gouvernement déterminé face aux défis du pays

Jeanine Hennis-Plasshchaert a noté l’importance de gérer les attentes de l’opinion : « Les promesses excessives suivies de résultats insuffisants peuvent attiser les rancœurs et avoir des conséquences désastreuses », a-t-elle prévenu. Mais elle reconnaît les avancées positives récentes, telle la nomination il y a trois mois d’un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Mohammed Shia al-Sudani, qui met fin à plus d’une année de tension, de discorde politique et de jeux de pouvoir, et montre, selon elle, sa détermination à s’attaquer aux défis urgents, tels que la corruption endémique, la déficience des services publics et les niveaux élevés de chômage.

« Trop d’occasions de mener des réformes significatives et indispensables ont été gâchées », a regretté l’envoyée de l’ONU, en encourageant les autorités à poursuivre leur lutte contre la corruption généralisée, qui, « érigée en véritable système, reste l’une des principales causes profondes du dysfonctionnement iraquien ».

Elle a ajouté que des changements significatifs pour le bien-être des citoyens ne pouvaient se produire que par le biais de changements structurels exigeant une réforme socio-économique systémique, des institutions plus fortes et une meilleure gouvernance à tous les niveaux.

Les droits de l’homme, indissociables de la paix et du développement

Jeanine Hennis-Plasshchaert a aussi, au nombre des défis que rencontre l’Iraq, décrit comme une priorité la protection et la promotion des droits de l’homme, et les poursuites contre les auteurs de violations.

Rappelant que Sergio Vieira de Mello, avant son départ fatal pour Bagdad, avait assuré que le respect des droits de l’homme est le seul fondement solide d’une paix durable et du développement, la Représentante spéciale a souligné « que réduire au silence, entraver, rejeter ou saper la critique constructive ne contribue qu’à ternir l’image de l’État et éroder la confiance du public. Alors qu’encourager la liberté de parole permet aux institutions de tout pays de s’épanouir et de s’adapter ».

L’envoyée de l’ONU a aussi mentionné les relations difficiles entre Bagdad et Erbil, capitale du gouvernement régional du Kurdistan, en particulier le contentieux fiscal entre les deux entités qui bloque l’adoption du budget national. Elle a déploré aussi les luttes politiques internes au Kurdistan qui nuisent aux institutions, et retardent à ses yeux le règlement de désaccords budgétaires, administratifs, sécuritaires et électoraux en suspens.

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