Liban : L'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth reprend aprés 13 mois de suspension
Liban : L'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth reprend aprés 13 mois de suspension

Liban : L’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth reprend aprés 13 mois de suspension

Après treize mois de suspension, l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth en 2020 a repris, a-t-on appris lundi. Huit personnes, dont deux hauts responsables de sécurité, le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, et le chef de la Sûreté d’État, Tony Saliba, ont été inculpées.

Le juge libanais chargé de l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth en 2020 a repris lundi 23 janvier son travail après une suspension de 13 mois due à des pressions politiques. Il a décidé d’inculper deux hauts responsables de sécurité. « Le juge Tarek Bitar a décidé de reprendre l’enquête » sur cette énorme explosion, qui a fait le 4 août 2020 plus de 200 morts et 6 500 blessés et ravagé des quartiers entiers de la capitale libanaise, a indiqué à l’AFP un responsable judiciaire.

Le magistrat a décidé d’inculper huit personnes, dont deux hauts responsables de sécurité, le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, et le chef de la Sûreté d’État, Tony Saliba, a ajouté ce responsable ayant requis l’anonymat sans préciser dans l’immédiat de quoi elles ont été inculpées. Il a en revanche ordonné de libérer cinq personnes, dont l’ancien directeur des Douanes Chafic Merhi, toutes arrêtées depuis le drame.

L’explosion a été déclenchée dans un entrepôt abritant des centaines de tonnes de nitrate d’ammonium stockées sans précaution. Elle a été imputée par une grande partie de la population à la corruption et à la négligence de la classe dirigeante. Avant la suspension de l’enquête en décembre 2021, le juge Bitar avait voulu interroger Abbas Ibrahim et Tony Saliba, alors que plusieurs responsables politiques et de la sécurité étaient soupçonnés d’être au courant de la présence du nitrate d’ammonium et ses dangers. L’enquête du juge Bitar avait été bloquée par une série de poursuites lancées contre lui par des responsables politiques et par une campagne dirigée par le puissant Hezbollah pro-iranien, force politique dominante au Liban.

Les familles des victimes mènent depuis plus de deux ans un combat incessant pour réclamer justice, et une figure emblématique de leur collectif a été brièvement arrêtée il y a dix jours pour avoir menacé de « dynamiter le palais de justice » par désespoir. Pointées du doigt pour négligence criminelle, les autorités sont accusées par les familles des victimes et des ONG de torpiller l’enquête pour éviter des inculpations.

Avant la suspension de l’enquête, le juge Bitar avait tenté d’engager des poursuites contre un ex-Premier ministre, quatre anciens ministres et plusieurs responsables sécuritaires. Mais son travail a été bloqué par une série de poursuites lancées contre lui et par une campagne dirigée par le Hezbollah, qui l’a accusé de partialité.

La semaine dernière, deux magistrats français avaient rencontré à Beyrouth le juge Bitar, sans obtenir les informations qu’ils souhaitaient. Une enquête avait été ouverte en France, deux Français figurant parmi les morts et 93 Français ayant été blessés.

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