Pouvoir comme Opposition jouent à se faire peur

En convoquant notre mémoire politique, pour ne pas dire historique, dès l’aube de notre indépendance, la chute de l’ancien président du Conseil, Mamadou Dia et de ses partisans, leur emprisonnement pendant 12 ans dans les zones lugubres de Kédougou, a été le coup d’envoi d’une odyssée néocoloniale macabre.

Suivirent par la suite du référendum de 63, les reformes politiques, éducatives, économiques de 68 et 69  et la réforme constitutionnelle de 1976 instituant les quatre courants de pensées.

L’éviction des grands responsables, membres fondateurs du parti alors unique au pouvoir, UPS/PS, fut aussi une des phases macabres de notre méthode de gouvernement, de gestion du pays.

Ces membres fondateurs de l’UPS/PS, pour l’essentiel  assez populaires dans leur localité et improprement appelé baron du PS, qu’on le veuille ou non, créer une rupture épistémologique sociopolitique.

La première alternance politique consacre une libération idéologique si tentée que l’euphorie collective qui s’est dégagée marquait une rupture fondamentale ou alors devait marquer cette rupture-là.

Les germes d’une révolution mentale voire politique étaient réunis. Cependant, le ‘’griotisme’’, le partisanisme religieux, la médiocrité politique, culturelle et intellectuelle pouvaient alors être mis au vestiaire.

Mais ouf ! Il était temps alors de favoriser une nouvelle philosophie politique basée sur la méritocratie. Mais que voit-on ? C’est l’inverse qui se produisit.

La première alternance politique qu’on voyait comme une délivrance se noie dans les ténèbres de l’ignorance, de la crasse idéologie politique, des profondeurs du griotisme insipide, du favoritisme religieux voire confrérique pour on ne sait quelle raison.

La régression politique et socioéconomique est encore au rendez-vous malgré des réalisations matérielles indéniables.

Mais le tort avait déjà été fait. Une débâcle mentale s’en était suivie. Puis vint la deuxième alternance politique.

Le fils succédant au père pour beaucoup d’analystes. L’euphorie collective emmène au pouvoir un homme, le premier né après les indépendances, tout un symbole.

C’est parce que le fils succède au père, toute la stratégie mise en place pour se maintenir et créer une ligne de front infranchissable.

 Être visible consiste alors à mettre au poste névralgique des fidèles au sens hitlériens du terme, des hommes qui raisonnent du bonnet.

La politique reste encore au poste de commandement comme lors de la première alternance politique. Les tentatives de dialogues nationaux restent sans grands effets, sans effets majeurs.

Le  pouvoir comme l’opposition joue à se faire peur. On se tire entre les jambes.

La tonitruance semble l’emporter sur l’essentiel, c’est-à-dire la solidarité nationale.

Chacun cherche à se positionner.

Le sceau cumulatif du savoir et de l’information qui doit aider à mieux orienter, éduquer notre peuple est alors rangé au vestiaire.

Pour quelle raison ?

Quelle sens donnons à la conscience citoyenne, au patriotisme, avoir le feu sacrée pour son peuple ?

Ces questions restent entières. Sommes-nous réellement en marche ou à reculons ? Telle est la grande question.

Pape Hadji Amadou Fall

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One comment

  1. “Ces questions restent entières. Sommes-nous réellement en marche ou à reculons ? Telle est la grande question.””
    REPONSE: Nous marchons, à reculons, sur la tête !

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