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Savoir lire à la fin de l'école primaire: 30 % des enfants qui reçoivent un enseignement dans leur langue en ont plus de chances
Savoir lire à la fin de l'école primaire: 30 % des enfants qui reçoivent un enseignement dans leur langue en ont plus de chances

Savoir lire à la fin de l’école primaire: 30 % des enfants qui reçoivent un enseignement dans leur langue en ont plus de chances

L’UNESCO appelle les pays à mener une politique d’éducation multilingue et  préconise que les enfants reçoivent un enseignement dans leur langue maternelle dès les premières années de scolarité, pouvant être combiné avec la langue officielle d’enseignement. Ainsi, l’organisation relève que 30 % des enfants qui reçoivent un enseignement dans leur langue  ont plus de chances de savoir lire à la fin de l’école primaire.

 L’approche de l’UNESCO connue sous le nom d’éducation multilingue, permettrait à la fois de préserver la diversité linguistique tout en aidant les enfants à apprendre. « Pour aider à combattre la crise mondiale actuelle de l’apprentissage, tout en préservant la diversité linguistique qui est un élément culturel essentiel, l’UNESCO, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, encourage les gouvernements à mettre en œuvre une éducation multilingue basée sur la langue maternelle dès les premières années de scolarité », a déclaré Audrey Azoulay, la Directrice générale de l’UNESCO à l’occasion de la Journée. « Nous savons que cela fonctionne. Il existe des preuves empiriques qui confirment que cela aide les enfants à apprendre », a affirmé la cheffe de l’UNESCO.

La Base de données mondiale sur les inégalités dans l’éducation de l’UNESCO montre que, globalement, les enfants qui reçoivent un enseignement dans une langue qu’ils parlent à la maison ont 30 % plus de chances de savoir lire à la fin de l’école primaire que ceux qui ne parlent pas la langue d’enseignement. Les données montrent également que l’enseignement dans la première langue ou dans la langue maternelle améliore les compétences sociales des enfants, dans la langue maternelle, dans la deuxième langue mais aussi dans les autres matières, telles les mathématiques. « Si vous n’enseignez pas dans la langue maternelle de l’enfant, l’enfant doit d’abord apprendre la langue d’instruction avant de pouvoir développer ses compétences d’apprentissage plus large », a expliqué Patrick Montjounides, leader technique du rapport Plein feu sur les apprentissages en Afrique de l’UNESCO, lors d’un entretien à ONU Info à l’occasion de la Journée.

De plus, selon l’expert en éducation multilingue, l’apprentissage dans une langue autre que la langue maternelle recourt à  des mécanismes différents, même parfois dans la manière d’exprimer les chiffres. « Vous avez l’exemple au Niger où la manière de dire « 80 » va être différente en français que dans les langues locales.

En français, on dira 4 fois 20, alors que dans la langue locale ce sera 8 fois 10 », explique M. Montjounides. « Donc vous avez un nombre de clés de codage que l’enfant doit changer dès les premières années parce qu’il n’apprend plus dans la langue maternelle qu’il a parlée jusqu’à son entrée au primaire, mais il apprend une langue qui est au final une nouvelle langue pour lui », a-t-il précisé. L’UNESCO appelle particulièrement la communauté internationale à soutenir les États africains dans leurs actions pour développer l’apprentissage multilingue. « En Afrique, seul 1 enfant sur 5 reçoit un enseignement dans sa langue maternelle », alors que « le continent possède la plus grande diversité linguistique au monde », souligne l’UNESCO s’appuyant sur son nouveau rapport intitulé « Né pour apprendre ». L’organisation affirme que cette situation est défavorable aux résultats d’apprentissage dans cette région, « où seul un élève sur cinq maîtrise les bases de la lecture, de l’écriture et des mathématiques, même après avoir terminé l’école primaire ».

 Des défis surmontables

L’éducation multilingue pose toutefois des défis allant de la formation des enseignants à la création des matériaux en langues locales ou bilingues, notamment dans les pays qui disposent de centaines de langues locales à l’instar du Cameroun ou de la République démocratique du Congo. « L’un des problèmes principaux c’est de voir comment est-ce que l’on peut former les enseignants  qui ne parlent pas forcément toutes les langues locales même de leur région – à dispenser un enseignement dans toutes ces langues et petit à petit, les faire converger vers l’apprentissage d’une langue d’instruction principale », a signalé M. Montjounides. Il souligne néanmoins qu’il y a des façons d’être efficace pour accroitre l’enseignement bilingue. « Si on ciblait 3% des langues qui ont plus de 250.000 locuteurs sur le continent africain, ça nous permettrait d’atteindre aux alentours de 85.000 enfants, donc c’est la moitié des enfants qui sont en âge d’aller au primaire », a ajouté l’expert de l’UNESCO.

NGOYA NDIAYE


 

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