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Sénégal: Birane Yaya Wane alerte sur les difficultés du secteur privé et les risques financiers en 2026

Le président du Conseil national des dirigeants d’entreprises du Sénégal (CNDES), Birane Yaya Wane, a alerté ce jeudi sur la dégradation de la situation économique du pays, estimant que les tensions de trésorerie de l’État affectent durement le secteur privé. Il a également évoqué un risque de crise de liquidité et de défaut de paiement pour le Sénégal dès le second semestre 2026.

Face à la presse, Birane Yaya Wane a dressé un constat préoccupant de la situation économique nationale. Selon lui, l’ensemble des acteurs économiques sénégalais, qu’ils soient opérationnels, fonctionnels ou lobbyistes, traversent une période difficile. « Tous les acteurs économiques ont comme dénominateur commun d’être dans des difficultés », a-t-il déclaré, regrettant que plusieurs entreprises aient déjà fait faillite. Il a également évoqué le cas de certains opérateurs économiques confrontés à des difficultés judiciaires, citant notamment Khadim Bâ.

Pour le président du CNDES, ces difficultés trouvent leur origine dans les tensions de trésorerie que connaît actuellement l’État du Sénégal. « L’État étant le premier client dans tous les secteurs d’activité, il est tout à fait justifié que les acteurs économiques rencontrent des difficultés lorsqu’il fait face à des tensions de trésorerie », a-t-il expliqué. Selon lui, cette situation justifie la tenue de cette conférence de presse destinée à informer l’opinion nationale, internationale ainsi que la diaspora sénégalaise des difficultés vécues quotidiennement par les entreprises.

Abordant la situation des finances publiques, Birane Yaya Wane a estimé que le Sénégal fait face à un risque réel de crise de liquidité et de défaut de paiement en 2026. À l’en croire, le pays devra mobiliser 6 075 milliards de francs CFA de financements au cours de cette année, alors que le service de la dette atteindrait 5 500 milliards de francs CFA. Il a également indiqué que les besoins de financement dépasseraient 300 milliards de francs CFA par mois, avec un pic de 1 500 milliards de francs CFA attendu entre juin et août 2026. Il a par ailleurs évoqué un besoin spécifique de 747 milliards de francs CFA au cours du second semestre de la même année.

Le troisième administrateur de Greenwich Meridian International Trading (GMIT) a également rappelé que la dette publique du Sénégal a atteint 132 % du PIB à la fin de l’année 2024. Selon lui, les eurobonds sénégalais se négocient actuellement avec des décotes pouvant atteindre 60 %, tandis que les capacités de financement sur le marché régional montrent des signes de saturation. Une situation qui, selon ses analyses, rend « très probable un défaut technique sans action rapide ».

Birane Yaya Wane a également attiré l’attention sur l’impact de la hausse des cours du pétrole sur les finances publiques. Il a rappelé que la loi de finances avait été élaborée sur la base d’un prix du baril fixé à 64 dollars et de subventions estimées à 250 milliards de francs CFA. Toutefois, selon les projections qu’il a présentées, ces subventions pourraient atteindre 714 milliards de francs CFA en 2026 et même grimper jusqu’à 1 400 milliards de francs CFA dans certains scénarios. En tant qu’importateur net de produits pétroliers, le Sénégal subirait ainsi directement les conséquences des tensions géopolitiques internationales.

Le président du CNDES a reconnu que certains instruments financiers ont permis au Sénégal de franchir d’importantes échéances récentes. Il a notamment cité les opérations de type TRS qui a permis de mobiliser entre 700 millions et 1 milliard de dollars, permettant au pays de faire face à ses engagements financiers de mars 2026. Toutefois, il considère ces mécanismes comme des solutions temporaires face à une dégradation persistante de la perception des marchés.

Pour Birane Yaya Wane, le débat économique ne porte plus sur l’opportunité d’une restructuration de la dette, mais sur la manière de la conduire. « Le consensus macroéconomique n’est pas de savoir s’il faut restructurer, mais de choisir entre un défaut désordonné, lourd de coûts sociaux, et une restructuration négociée et crédible », a-t-il affirmé.

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