Situation des Mairies de Guédiawaye et Pikine: Le déclic qui doit pousser l’opposition à l’unité

Le vote des conseillers de la Maire de Guédiawaye dont la majorité serait défavorable au Maire Ahmeth Aïdara, le procès intenté par la coalition Wallu à Pikine avec les revendications de Cheikh Dieng qui dit avoir gagné les locales, montre encore une fois, ô combien il est important pour l’opposition d’aller vers l’unité.

On parle dans les deux localités, de ‘’trahison’’ de conseillers qui auraient préféré voter pour le pouvoir que pour leur camp, mettant ainsi leurs alliés dans une posture inconfortable. A Guédiawaye, si les conseillers du Parti démocratique sénégalais (Pds) et de Gueum sa bopp par exemple avaient voté pour l’opposition, on n’en sera pas là. Le Maire élu de Guédiawaye aurait eu une majorité confortable et à Pikine, la ‘’victoire’’ de Cheikh Dieng ne souffrirait d’aucun ambiguïté. Mais, malheureusement, les injonctions et même les menaces du Pds n’ont certainement pas suffi à dissuader leurs conseillers de Guédiawaye de rester dans l’opposition en étant solidaires à Ahmeth.

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Et à Pikine le dernier recours est la Justice alors que le Maire de Benno Bokk Yakaar Timbo a déjà été installé.
C’est dire que ce qui a joué contre l’opposition, c’est son manque d’unité. Les coalitions qui sont nées à la veille des élections locales ont démontré que les leaders de cette opposition ont du mal à parler le même langage.
Une situation qui, logiquement, arrange le pouvoir. Elle a aussi pour effet de mettre en scelle la coalition Yewwi Askan wi et ses leaders notamment le plus tonitruant d’entre eux, Ousmane Sonko.

Ce dernier s’est imposé de facto chef de l’opposition avec la conséquence nette d’augmenter son aura et sa crédibilité politique. Une situation qui a fait d’ailleurs que Adji Sarr a été encore ‘’appelée’’ à la rescousse…
Même au niveau du Pds, on ne parle pas forcément le même langage. La preuve, Me Wade, le secrétaire général a été obligé de recadrer certains cadres qui soutiennent l’idée de rassemblement de la famille libérale. L’ancien Président souhaite garder son étiquette d’opposant.
Mais, pour ce faire, il faudrait bien que ce parti apprenne à flirter avec les leaders de l’opposition ce qui dont il est de plus en plus incapable.
Car, lors de la constitution de la grande coalition de l’opposition, non seulement le Pds s’est retiré pour créer Wallu, mais cette dernière reconfiguration politique s’est vite dissipée avec le départ de Pape Diop de Bokk Giss giss.
Or, pour que l’opposition gagne davantage des combats en relevant des défis, il faudrait bien qu’elle soit unie et qu’il y ait moins de coalitions en son sein.

Nous comprenons en effet qu’il sera difficile d’avoir une coalition unique de l’opposition du fait du choc des ambitions des leaders, mais, n’empêche, deux ou trois auraient largement suffis. Car, les législatives, des élections tout aussi importantes sont dans quelques cinq mois. Et le problème, c’est que c’est un scrutin mixte avec un scrutin majoritaire à un tour arrivé à un autre proportionnel. Or, le scrutin majoritaire à un tour par lequel 105 députés sont élus sur 165, favorise généralement le pouvoir surtout si l’opposition est divisée.
En clair, cette dernière a peu de chance de créer les conditions d’une cohabitation à l’Assemblée nationale en juillet si jamais les choses restaient à l’état avec une opposition divisée et dispersée.

D’où l’urgence pour les leaders de l’opposition la plus significative, de parler le même langage avant ces échéances afin de créer les conditions d’une synergie d’ensemble.

Assane Samb

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