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25e Assises économiques du MEDS : Mbagnick Diop plaide pour une transformation des ressources énergétiques en levier d’industrialisation

 

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS), Mbagnick Diop, a appelé à faire des ressources pétrolières et gazières du Sénégal un levier d’industrialisation, de transformation structurelle et de souveraineté économique, plutôt qu’une simple source de rente.

« Notre ambition ne doit pas être simplement de devenir un pays producteur d’hydrocarbures. Notre ambition doit être de devenir une économie productive, industrialisée, compétitive et souveraine », a-t-il déclaré à l’ouverture de la 25e édition des Assises économiques annuelles du MEDS.

Placée sous le thème « Transition énergétique mondiale et recomposition géoéconomique : quelle stratégie de souveraineté, de valorisation des ressources et de transformation structurelle pour le Sénégal ? », la rencontre réunit des représentants des pouvoirs publics, du secteur privé, des partenaires au développement, ainsi que des experts et universitaires.

Selon Mbagnick Diop, le nouveau statut du Sénégal, devenu récemment producteur de pétrole et de gaz, intervient dans un contexte international marqué par l’accélération de la transition énergétique, les tensions géopolitiques et la montée des exigences environnementales.

Il estime que cette situation impose au pays de trouver un équilibre entre l’exploitation de ses ressources naturelles et son engagement dans la transition énergétique mondiale.

« Le Sénégal se trouve à un moment charnière de son histoire économique », a-t-il relevé, soulignant la nécessité de « transformer cette opportunité en levier de développement structurel ».

Le président du MEDS a identifié trois principaux défis autour desquels les travaux des Assises doivent s’articuler : la valorisation des ressources nationales, la soutenabilité des équilibres économiques et budgétaires et le positionnement international du Sénégal dans la nouvelle géoéconomie mondiale.

Sur le premier point, il a insisté sur l’importance du contenu local, qui, selon lui, doit être considéré comme « bien davantage qu’une obligation réglementaire ».

Il a également plaidé pour le développement de chaînes de valeur nationales et africaines permettant aux entreprises sénégalaises de participer davantage à la production, à la transformation et à la commercialisation des ressources.

« Nous devons passer progressivement d’une économie d’importation à une économie de production. D’une économie de consommation à une économie de transformation », a-t-il déclaré.

Pour une nouvelle diplomatie économique

Mbagnick Diop a par ailleurs appelé à renforcer la diplomatie économique du Sénégal afin de mieux positionner le pays dans les nouvelles chaînes de valeur mondiales.

« Dans la nouvelle géoéconomie mondiale, les États ne se contentent plus d’entretenir des relations diplomatiques classiques. Ils défendent leurs entreprises, attirent les investissements, sécurisent leurs approvisionnements, ouvrent des marchés et négocient des transferts technologiques », a-t-il expliqué.

Dans cette perspective, il a invité les entreprises sénégalaises à dépasser le seul marché national pour investir davantage les marchés ouest-africain et continental, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Il a également appelé à privilégier des partenariats axés sur la production, la transformation locale, la formation, la recherche, l’innovation et le transfert de technologies, au-delà des seuls partenariats de financement.

Le défi de la transition énergétique

Le président du MEDS a également souligné que la transition énergétique mondiale constitue à la fois un défi et une opportunité pour le Sénégal.

Il a évoqué les enjeux liés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la compétitivité croissante des énergies renouvelables et à la sécurisation des approvisionnements en minerais critiques nécessaires aux nouvelles technologies énergétiques.

Selon lui, l’économie verte peut ouvrir de nouvelles perspectives en matière de croissance, d’innovation et de création d’emplois, notamment pour la jeunesse.

« Investir dans les emplois verts pour les jeunes revient à investir dans l’avenir du pays », a-t-il soutenu.

Il a ainsi cité plusieurs secteurs susceptibles de devenir des moteurs de développement, parmi lesquels les énergies renouvelables, l’agriculture durable, la gestion des déchets, l’économie circulaire, les bâtiments durables et les solutions fondées sur la nature.

Le JETP comme « levier essentiel »

Mbagnick Diop a également évoqué le Partenariat pour une transition énergétique juste (JETP), auquel le Sénégal s’est engagé en 2023 aux côtés de la France, de l’Allemagne, de l’Union européenne, du Royaume-Uni et du Canada.

Il considère ce mécanisme comme un levier potentiel pour accompagner le pays vers un système énergétique plus sobre en carbone, résilient et durable, tout en favorisant l’accès universel à l’énergie.

Le président du MEDS a rappelé que des financements nouveaux et additionnels de 2,5 milliards d’euros doivent être mobilisés sur une période de trois à cinq ans dans le cadre de ce partenariat, notamment pour soutenir les projets d’énergies renouvelables.

« L’État et l’entreprise sont les deux piliers d’une même ambition »

Pour réussir cette transformation, Mbagnick Diop a insisté sur la nécessité d’un dialogue public-privé « permanent, structuré et orienté vers les résultats ».

« L’État et l’entreprise ne sont pas deux forces concurrentes. Ils sont les deux piliers d’une même ambition nationale », a-t-il affirmé.

Il a appelé l’État à créer le cadre, planifier, réguler et protéger l’intérêt général, tandis que l’entreprise doit, selon lui, investir, produire, innover, exporter, créer de la richesse et des emplois.

Cette coopération doit contribuer à concrétiser les ambitions de la Vision Sénégal 2050, a-t-il estimé, rappelant que les stratégies publiques n’ont de véritable impact que lorsqu’elles se traduisent en investissements et en transformations concrètes.

« Les visions n’ont de valeur que lorsqu’elles deviennent des actions. Les stratégies n’ont d’impact que lorsqu’elles deviennent des investissements. Les ressources naturelles n’ont de véritable valeur que lorsqu’elles deviennent du développement humain », a-t-il martelé.

Au terme des Assises, le MEDS entend notamment contribuer à l’identification des leviers de valorisation des ressources pétrolières et gazières, à la définition de mécanismes de sécurisation budgétaire et de financement innovant, au positionnement du Sénégal dans les chaînes de valeur énergétiques mondiales et au renforcement du dialogue public-privé.

Pour Mbagnick Diop, l’enjeu ultime reste la création d’opportunités pour les jeunes. « Nous devons donc avoir une obsession : la transformation », a-t-il conclu, appelant à transformer les ressources, l’économie, les entreprises, le système énergétique, l’appareil productif et les compétences pour offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse sénégalaise.

 

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