Inculpée puis placée sous contrôle judiciaire le 19 mai dernier pour un détournement présumé de 52 millions de francs CFA dans le cadre de la gestion des fonds Covid-19, l’ancienne ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants, Ndèye Saly Diop Dieng, a été officiellement blanchie. La commission d’instruction de la Haute Cour de justice a prononcé un non-lieu, notifié ce mardi 3 mars à ses conseils : Mes Souleymane Soumaré, Sally Mamadou Thiam, Oumar Youm et Aly Fall.
Dans un entretien accordé à L’Observateur, l’ancienne ministre réclame la suppression ou la réforme de la Haute Cour de justice. « Je me suis toujours posé une seule question : comment un ministre qui n’a aucune responsabilité financière directe dans l’engagement des dépenses peut-il se retrouver inculpé pour des faits de détournement de deniers publics ? Par ailleurs, la Cour des comptes – dont la mission est précisément le contrôle et l’audit des comptes – n’a jamais sollicité l’ouverture d’une information judiciaire à mon encontre. Je n’avais d’ailleurs jamais été entendue auparavant, aucune enquête ne m’avait concernée avant ma présentation devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Le jour même de l’audience d’inculpation, j’ai été placée sous contrôle judiciaire sans qu’aucune question ne me soit posée. »
« En matière de détournement de deniers publics, le juge est lié par le réquisitoire. Il m’a donc été donné le choix entre un mandat de dépôt et un cautionnement, en application du réquisitoire du Procureur. Je rappelle que, dans le cadre de la Haute Cour de Justice, l’accusation est portée par les députés. Ceux-ci appartiennent aujourd’hui à la majorité parlementaire. Cette situation interroge nécessairement sur l’équilibre et la perception d’impartialité du dispositif. Je pense qu’il est temps d’engager une réflexion sérieuse sur l’avenir de cette juridiction, voire sa suppression ou, à tout le moins, sa réforme profonde. Ce qui devait constituer un privilège de juridiction apparaît, dans les faits, moins protecteur que les juridictions de droit commun. Enfin, je tiens à adresser toute ma solidarité à ma sœur Sophie Gladima ainsi qu’au ministre Ismaïla Madior Fall. Et aussi à mon parent, Moustapha Diop, sans oublier le ministre Mansour Faye. Mes pensées les accompagnent et je leur exprime tout mon soutien dans les épreuves qu’ils traversent. »
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