En marge de la conférence de presse consacrée à l’affaire AEE Power EPC – ASER, le député Thierno Alassane Sall a critiqué l’attitude des autorités sénégalaises, qu’il assimile à une « complicité consciente et délibérée ». Il réclame que toute la lumière soit faite sur ce dossier, « sans exception et sans complaisance », et appelle à la convocation des dirigeants d’AEE Power EPC par les juridictions nationales.
L’ancien Premier ministre (Ousmane Sonko), a rappelé le député, avait publiquement clamé qu’il n’y avait « aucun scandale ASER », avant d’évoquer, dans un communiqué du Conseil des ministres du 11 mars 2026, de simples « retards douaniers ». « La solennité d’un communiqué du Conseil des ministres a été convoquée pour faire croire qu’un projet qui aurait dû être en phase terminale ne connaissait que des obstacles faciles à lever, alors qu’il n’avait quasiment pas démarré », a dénoncé Thierno Alassane Sall.
Il a également souligné que l’actuel Premier ministre, alors secrétaire général du gouvernement, avait reçu la banque concernée le 26 décembre 2024.
Des questions sans réponses
Face à ce qu’il estime être une inertie coupable, le leader de la République des Valeurs a posé plusieurs questions restées, selon lui, sans réponse :
Pourquoi aucune sommation n’a-t-elle été adressée à AEE Power EPC à ce jour ?
Pourquoi, en dépit de l’absence constatée de chantiers, aucune mise en demeure n’a-t-elle été signifiée, deux ans après ?
Pourquoi les garanties fournies par AEE Power EPC n’ont-elles pas été activées ?
« Deux ans après, le responsable d’AEE Power EPC s’est volatilisé avec nos 37 milliards. Cela n’aurait pas été possible sans le soutien, par action ou par inaction, d’autorités du Sénégal. L’enquête devra établir QUI a protégé José Angel Gonzalez Tausz, et pour quel intérêt », a-t-il martelé.
Selon Thierno Alassane Sall, des montants considérables de devises ont fait l’objet de flux financiers opaques. « S’agirait-il d’acheter le silence de ceux qui ont couvert les agissements d’AEE Power EPC ? De ceux qui l’ont accompagnée pour se débarrasser d’un partenaire sénégalais, sans se soucier de savoir qui était en vérité AEE Power EPC ? », s’est-il interrogé.
La rumeur, a-t-il ajouté, cite des noms et avance des montants : 5 milliards de francs CFA de rétrocommissions, un chiffre curieusement très proche des montants en devises virés vers des destinations inconnues.
Le député a formulé plusieurs exigences pour que toute la lumière soit faite : la convocation des dirigeants d’AEE Power EPC par les juridictions sénégalaises ; une coopération totale et sans réserve des autorités sénégalaises avec la justice espagnole ; la publication immédiate de l’état réel d’exécution physique du projet : combien de villages électrifiés, combien de poteaux installés, combien de transformateurs livrés ?, l’établissement de toutes les responsabilités, côté sénégalais comme côté espagnol, sans exception pour qui que ce soit.
« Cette affaire est celle de l’argent des Sénégalais. C’est l’affaire de nos villages plongés dans le noir alors que 56 millions d’euros (près de 37 milliards de francs CFA) ont été décaissés en leur nom. C’est l’affaire de la vérité. Nous continuerons à la défendre, document après document, jusqu’au bout », a conclu Thierno Alassane Sall.
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