Dans un entretien accordé à L’Observateur, Me Moussa Diop est revenu sur sa convocation à la Sûreté urbaine de Dakar, d’où il est ressorti libre tard dans la soirée pour vice de procédure. L’avocat dénonce avec vigueur le non-respect des textes régissant sa profession, affirmant que « un procureur de la République ne peut pas convoquer un avocat » et que seul le Parquet général dispose de cette prérogative.
L’avocat soutient que sa convocation était « irrégulière depuis le départ ». Il invoque l’article 46 de la convention judiciaire entre la France et le Sénégal, ainsi que la loi du 4 janvier 1984, pour rappeler que son statut d’avocat lui confère un privilège de juridiction. Selon lui, les enquêteurs ont ignoré le formalisme obligatoire :
« Sur la convocation, c’est marqué Maître. Ensuite, c’est un policier qui me convoque. C’est illégal, c’est le Parquet général qui doit le faire. »
Il qualifie d’ailleurs ses heures passées au commissariat de « détention arbitraire », déplorant une « garde à vue qui ne dit pas son nom » sans notification de ses droits.
Le membre de la coalition « Diomaye-Président » lie directement ses ennuis judiciaires à ses récentes déclarations concernant le Premier ministre. Il affirme que ce dernier a saisi la justice pour une affaire personnelle après que Me Diop a évoqué ses fréquentations supposées : « ce qui est désolant, c’est tout simplement Ousmane Sonko qui a saisi le Parquet général sur une affaire personnelle ».
L’ex-collaborateur de Macky Sall campe sur ses positions : « je ne regrette rien. Ce que j’ai dit, j’en ai les preuves. On va entrer au fond du débat ». Il précise par ailleurs n’avoir jamais qualifié Ousmane Sonko d’homosexuel, mais avoir seulement pointé des « accointances » dans ce milieu pour expliquer l’absence de criminalisation de l’homosexualité.
Pourquoi aller répondre ?
Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à se présenter malgré l’irrégularité flagrante de la procédure, l’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias explique avoir voulu mettre les autorités « devant le fait accompli ». Il affirme qu’en refusant de répondre, il risquait de laisser les forces de l’ordre venir le chercher à son domicile.
« Moi, je suis légaliste. Je ne suis pas de ceux qui, quand ils sont convoqués, vont se cacher là-bas en Casamance », a-t-il lancé, ajoutant qu’il tenait à leur dire « les yeux dans les yeux » que leur démarche était illégale.
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