Alors que le Sénégal fait face à une crise de la dette d’une ampleur exceptionnelle, 191 personnalités dénoncent les conditions de l’accord annoncé avec le FMI et refusent que son coût soit supporté en priorité par les populations. Elles demandent la publication des engagements négociés, l’établissement des responsabilités liées à la dette et l’ouverture, avant tout engagement définitif, d’un véritable débat parlementaire et citoyen sur le traitement de la dette et l’avenir économique du pays.
« La dette cachée ne doit pas devenir la dette du peuple. » Telle est la conviction des 191 personnalités signataires de la tribune contre le Plan de traitement de la dette sénégalaise (PTDS), qu’elles considèrent comme un plan de restructuration.
Parmi les signataires figurent le député Guy Marius Sagna, l’économiste et ancien directeur du 3FPT Amadou Ba Babo, l’ancien secrétaire général d’Amnesty International et ancien sous-directeur de l’Unesco à Dakar, Pierre Sané, ainsi que plusieurs professeurs d’université, notamment El Hadji Samba Ndiaye, Boubacar Kanté et Daouda Ngom, entre autres personnalités du Sénégal et de la diaspora.
Selon les signataires de cette tribune, le Sénégal traverse une crise de la dette d’une gravité exceptionnelle. Ils soutiennent que nier cette crise serait irresponsable. Mais, soulignent-ils, reconnaître cette réalité ne signifie pas accepter comme inévitable la réponse négociée avec le Fonds monétaire international (FMI).
Ainsi, affirment-ils, la crise budgétaire ne saurait effacer ce mandat, mais doit, au contraire, conduire à davantage de transparence et de débat.
« Le Président doit expliquer en quoi l’accord avec le FMI demeure compatible avec les engagements pris devant les Sénégalais, tandis que l’Assemblée nationale doit pouvoir en débattre et se prononcer, compte tenu de ses conséquences sur plusieurs années. Au-delà du Parlement, un débat national et citoyen est nécessaire sur la dette, son traitement et les limites que le Sénégal entend fixer aux conditionnalités extérieures », lit-on dans la tribune parvenue à « L’AS ».
Par ailleurs, les signataires de la tribune reviennent sur les travaux de la Cour des comptes qui établissent, selon eux, que des emprunts et dépenses importants avaient échappé, pendant plusieurs années, au circuit budgétaire normal, rendant les déficits et l’endettement réels supérieurs aux chiffres officiellement présentés.
Ils estiment que cette situation ne permet pas de considérer la dette comme une facture que l’ensemble de la population devrait simplement régler, dès lors qu’une partie de celle-ci aurait été contractée sans information des citoyens ni contrôle parlementaire.
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