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De JOTNA à APTE : pourquoi les compagnons de PASTEF finissent-ils toujours en « traîtres » ? Par Lababa Faye*

Ndawi Askan Wi. Sonko Président. JOTNA. Yewwi Askan Wi. Diomaye Président. Et aujourd’hui APTE.

En quelques années, PASTEF a traversé plus de coalitions que bien des partis n’en connaissent en une génération. À chaque fois, le même élan au départ : des mains qui se serrent, des objectifs partagés, des militants venus d’horizons différents qui acceptent de marcher ensemble. Et à chaque fois, ou presque, la même fin : la rupture, puis l’accusation.

Avec JOTNA, PASTEF annonce son retrait en 2020, tout en proposant aux alliés… de fusionner avec lui.

Avec Yewwi Askan Wi, les désaccords se règlent sur la place publique. Le mot tombe : « trahison ». On parle d’engagements violés, de partenaires infidèles.

Après la victoire de 2024, c’est au tour de Diomaye Président. La coalition qui a porté un homme au Palais est soudain jugée arrivée au bout de sa mission. PASTEF passe à APTE. Ceux qui souhaitent maintenir et restructurer Diomaye Président deviennent, à leur tour, des voix discordantes.

Puis vient l’heure de la grande recomposition : fusions annoncées, formations et mouvements invités à se fondre dans le parti.

Alors posons la question sans détour : comment se fait-il que ceux qui étaient hier des frères de combat deviennent, les uns après les autres, des « traîtres », des « déviants », des revenants de « l’ancien système » ?

Soyons honnêtes. Chaque partenaire porte sa part de responsabilité. Toutes les ruptures n’ont pas la même histoire, et personne ne prétend que les alliés de PASTEF sont tous irréprochables.

Mais quand un même acteur se brouille successivement avec des compagnons aussi différents, il ne suffit plus de regarder les autres. Il faut aussi se regarder soi-même.

Une coalition est une œuvre collective. On ne peut pas en revendiquer seul les victoires et en attribuer seul les échecs aux autres. On ne peut pas célébrer ensemble la conquête, puis désigner les partenaires comme coupables dès que vient le temps du partage, du débat ou du désaccord.

On nous répondra qu’une coalition électorale a, par nature, une durée de vie limitée. C’est vrai. Mais une alliance qui s’achève n’oblige personne à salir ceux qui l’ont servie. On peut se séparer dans le respect, remercier, reconnaître la part de chacun. Rien n’impose de transformer un partenaire d’hier en ennemi d’aujourd’hui.

On nous dira aussi que certains alliés ont réellement changé de camp. Peut-être. Mais tous ? À chaque fois ? Quand l’accusation de trahison devient la seule manière de clore une alliance, elle cesse d’être un constat pour devenir une méthode.

On nous expliquera enfin que la fusion est un choix de cohérence, pas d’exclusion. Soit. Mais proposer à ses partenaires de disparaître dans son propre parti, ce n’est plus construire une alliance entre égaux. C’est leur demander de renoncer à ce qu’ils sont. Et ceux qui refusent ne sont pas des traîtres : ce sont simplement des gens qui tiennent à leur identité, à leur parole et à leur liberté.

Si tous vos compagnons finissent un jour par vous trahir, peut-être le problème n’est-il pas seulement chez vos compagnons.

La vraie question n’est donc pas uniquement : « Qui a trahi qui ? »

C’est aussi, et surtout : **« Pourquoi le même scénario se répète-t-il, encore et encore, avec des partenaires différents ? »

Tant que cette question restera sans réponse, la prochaine coalition connaîtra sans doute le même sort que les précédentes. Et le Sénégal, qui a tant besoin d’unité pour réussir sa transformation, en paiera le prix.

*Lababa Faye,
Responsable KIIRAAY – Les Patriotes Républicains.

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