affaire Adji Sarr-Sonko
affaire Adji Sarr-Sonko

Affaire Sonko-Adji Sarr ou la remise en cause du secret de l’instruction

Les propos de Me Bamba Cissé, les ‘’révélations’’ sur le refus de l’Adn et bien d’autres ‘’scoops’’ de ce genre, pourraient être interprété comme remettant en cause le secret de l’instruction. Il nous semble, sauf erreur de notre part, que le secret de l’instruction fait partie des principes sacro-saints qui guident notre Justice. En conséquence, rien ne devrait filtrer de l’audition d’Ousmane Sonko contre Adji Sarr .

Personne en dehors des personnes présentes et liées par le serment et le secret professionnel ne devrait en parler. Mais, là, c’est dommage que constater que l’on nous dit que non seulement Sonko a contesté le viol, mais il a aussi écarté toute idée d’avoir eu des relations sexuelles avec l’accusatrice. N’est-ce pas là trahir le secret de l’instruction ? D’ailleurs, dans sa déclaration la veille de l’audition, Sonko lui-même avait promis de revenir pour expliquer aux Sénégalais, ce qui s’était dit. Et il n’est pas écarté qu’il le fasse dans les prochaines heures. Qu’à cela ne tienne, il n’est d’ailleurs pas le seul.

Adji Sarr a aussi fait de multiples sorties dans la presse pour des explications et autres accusations avec détails à l’appui faisant complètement fi de ce secret d’instruction. Comme définition, on peut retenir que ‘’Le secret se définit comme la protection qui couvre une chose et qui peut consister soit, pour celui qui connaît la chose, dans l’interdiction de la révéler à d’autres (c’est le cas du secret de l’instruction), soit, pour celui qui ne le connaît pas, dans l’interdiction d’entrer dans le secret (par exemple, le secret des correspondances)’’.

L’objectif du secret d’instruction est de protéger l’indépendance du magistrat instructeur et la vie privée de la personne mise en examen. C’est pourquoi, à la lumière de cette affaire Sweet Beauty, le Sénégal a intérêt à repréciser les contours du principe sur le secret d’instruction pour que nul n’en ignore. Il sera ainsi précisé les personnes qui y sont tenues et celles qui n’y sont pas tenues. En effet, il ressort clairement que le statut de la personne qui est visée ne doit nullement pousser les uns et les autres à faire des sorties destinées à un public souvent non averti. Ces déclarations ne feront qu’accentuer les supputations sur l’affaire et surtout faire ressortir le fait que le mis en cause serait innocent, ce qui rendrait intolérable toute autre décision contraire. C’est pourquoi, pour la stabilité du pays et la bonne marche des institutions, il serait utile que les acteurs concernés et leurs conseils observent plus de réserve et daignent transférer les auditions sur la place publique.

Assane Samb

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