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Démocratie et État de droit au Sénégal: Huit universitaires dressent un bilan négatif au régime
Démocratie et État de droit au Sénégal: Huit universitaires dressent un bilan négatif au régime

Démocratie et État de droit au Sénégal: Huit universitaires dressent un bilan négatif au régime

Dans une tribune rendue publique ce mardi, huit universitaires ont dressé un tableau sombre du régime de Macky Sall en matière de démocratie et d’État de droit. Ils ont passé en revue l’ensemble des actes commis par le régime qu’ils considèrent comme un « désenchantement de la démocratie ». De l’emprisonnement de Karim Wade jusqu’à la dissolution du Pastef, les huit universitaires n’ont rien laissé. 

Dès l’entame de leur tribune, les universitaires soutiennent que nous vivons mondialement une crise     du fait démocratique en prenant référence sur les multiples coups d’État dans la sous-région. Parlant du cas particulier du Sénégal, les huit universitaires considèrent que le régime de Macky Sall « a mis à terre les fondements de la démocratie ». « Le temps de la démocratie politique, judiciaire, institutionnel et populaire au Sénégal, est celui du désenchantement.

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Les deux mandats du président Macky Sall ont précipité la déliquescence de l’Etat et les principes qui fondent la démocratie sénégalaise. Par utilitarisme politique, le régime actuel a désolidarisé le binôme État-nation, transformant la crise politique en une crise sociale profonde », ont-ils déclaré. Continuant leur diagnostic, Felwine Sarr et ses collègues indiquent que le droit a souvent été l’instrument utilisé pour « conspirer » contre le peuple depuis la crise de régime de 1962. Pour eux, le temps de la démocratie sénégalaise est marqué par des coups force institutionnels et d’interprétation non fondée du droit.

Dans ce sillage, ils estiment que « les signes du désenchantement de la démocratie » trouvent leur source dans la magistrature qui, selon eux, est « aux ordres ». Mais également, la répression violente des manifestations, la « docilité de l’administration », le blocus des sièges de certains partis politiques de l’opposition et les multiples arrestations notées dans l’espace politique sont, entre autres, les éléments qui prouvent la « fin » de l’Etat de droit et de la démocratie. Poursuivant leur argumentaire, les universitaires font le résumé du bilan du régime de Macky Sall « le bilan démocratique du régime du Pr Macky Sall pendant ses deux mandats se résume à l’étouffement des voix politiques et citoyennes discordantes par la répression, l’emprisonnement, la disgrâce, la radiation et la sélection des candidats à l’élection présidentielle », soutiennent-ils.

Pour appuyer leurs propos, ils prennent exemple sur les cas de Khalifa Sall, de Karim Wade et récemment d’Ousmane Sonko. Dans cette perspective, les universitaires indiquent que le régime de Macky Sall entretient une confusion volontaire entre le droit constitutionnel à la résistance à l’oppression et l’appel à l’insurrection. Selon eux, cet amalgame permet au régime en place de « judiciariser » l’espace politique à des fins d’exclusion.

La dissolution du parti Pastef

La dissolution du Pastef est l’autre élément qui prouve selon les universitaires, le « recul démocratique » au Sénégal. Évoquant la question, ils considèrent que c’est une dérive « la dissolution du Pastef, entité constitutionnellement protégée, est révélatrice des dérives autoritaristes d’un régime qui vise, avec le concours d’une certaine magistrature complice, à reconstruire un espace politique monolithique », lit-on dans leur tribune. Dans ce même ordre d’idées, Professeur Abd-El Kader Boye et ses collègues estiment que les conditions de la dissolution du Pastef d’Ousmane Sonko s’inscrivent dans la « violation » des libertés d’expression et d’association, de réunion pacifique et de la participation à la conquête démocratique du pouvoir politique.

La dissolution du Pastef annoncée sans notification aux leaders du parti constitue, pour eux, une violation du principe dit du contradictoire. Les universitaires terminent leur tribune par se demander ce qui reste encore de la démocratie sénégalaise « Que reste-t-il encore de la  démocratie qui n’ait été déjà profané au Sénégal ? Gageons que le dêmos, ultime faiseur d’un système républicain, saura entretenir la lueur du réenchantement démocratique », ont-ils conclu.

EL HADJI MODY DIOP

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